‹ Manuel de médecine opératoire (volume 5)Chapitre 44 sur 145 · DES ABCÈS · texte numérisé non relu

DES ABCÈS

6" Quand l'abcès est saillant cl superficiel, ou préfère l’iucision de dedans en dehors; quand l’épaisseur des parties s’y oppose, l’incision de dehors en dedans avec le bistouri droit.

7" Quand un abcès est situé sous un muscle, écarter les fibres sans les couper, comme ou l’a proposé, ne donnerait pas au pus une issue suffisante; il vaut mieux diviser une partie du muscle obliquement ou en travers.

8“ L incision faite, on vide l’abcès par uue légère pression, sans porter le doigt à l’intérieur, à moins qu’on ne soupçonne des sinus qu il faudrait ouvrir : et l’on place généralement entre les lèvres de la plaie un peu de charpie mollette, qu’on supprime dès le second pansement.

2° Ouverture des abcès très profonds.

Lorsque la fluctuation demeure obscure, ou qu’on a à ménager des organes importants, on a recours aux procédés suivants.

Premier procédé. - On se sert d’un bistouri convexe, et l’on divise rouelle, par couche toutes les parties qui recouvrent l’abcès, en s’assurant avec le doigt a chaque incision de la position des organes à éviter, et en essayant de mieux saisir la fluctuation.

Deuxième procédé. On pratique uue première incision à la peau • puis, avec une sonde cannelée ou le manche d’un scalpel, ou mieux encore avec le doigt, on écarte les tissus, on déchire les brides du tissu cellulaire qui fout obstacle à cet écartement, et l’on arrive ainsi au foyer purulent, sans employer l’instrument tranchant.

I roisième procédé. — Après avoir incisé couche par couche une épaisseur notable des tissus, si l’on n’ose aller plus loin, soit par crainte de léser certains organes, soit pour attendre que l’abcès soit mieux formé et s’ouvre de lui-même, on s’arrête avant de pénétrer jusqu au foyer, et l’on remplit la plaie avec de la charpie. Après linéiques jours, 1 abcès se fait jour par la plaie, même quand elle n’aura.t pas répondu directement à son centre; ce qui s’explique, d’une part, parce qu on a diminué en ce point la résistance des parois de abcès, d autre part, par la propagation jusqu’au foyer purulent de I inflammation développée dans la plaie.

Graves (de Dublin) a appliqué ce procédé aux abcès du foie- l’ai vuDupuytren y recourir avec succès pour un abcès profond do là

De quelques abcès en partioulic

1 " Abcès du visage. — On les laisse nerenr ...a . , .

des cicatrices, ou on les ouvre avec une lancette s’ils soîi'l h-on'f percer. Ceux qui occupent l’épaisseur de la joue doivent être "gS dans l’intérieur de la bouche. ' 0 VC 1 Ulc ouvcrtli

2° Abcès de la région parotidienne. — J’attends pour les ouvrir que la plus grande partie de la tumeur se résolve dans l’abcès, et je fais une large ouverture. Sans ces deux précautions, les lames aponévrotiques qui abondent dans cette région entretiennent une induration longue, et quelquefois de nombreux clapiers.

3° Abcès de Vaisselle. — Il faut se rappeler la position de l'artère, située à peu près à l’union du tiers antérieur avec le tiers moyen de l’aisselle. Pour éviter tout danger, M. Velpeau conseille d’élever le bras autant que possible, et de plonger dans l’abcès, de haut en bas, un bistouri droit tenu comme une plume à écrire, de manière à achever l’incision de dedans en dehors. Pour plus de promptitude, je traverse l’abcès de part eu part à sa base, et j’achève l’incision en retirant à moi le bistouri.

4° Abcès de l’aine, bubons. — Ces abcès s’ouvrent avec le bistouri ou la potasse. Seulement j’ai établi en principe de donnera l’incision une direction perpendiculaire au pli de l’aine. Quand on la fait parallèle à ce pli, les lèvres de l’incision demeurent rapprochées, chevauchent l’une sur l’autre, ou se recroquevillent en dedans; et la cicatrice est à la fois plus difforme et plus difficile à obtenir.

Art. II. — Kystes à produits liquides.

1 0 Kystes de la peau ( tumeurs sébacées ).

Anatomie. — Formés par le développement des utriculcs sébacés de la peau, et de grosseur très variable; quand ces kystes sont très petits, on les nomme tannes, et leur orifice se trahit par un point noir à l’extérieur. Mais souvent cet orifice n’existe plus; la tumeur prend un volume très considérable; elle contient tantôt un liquide visqueux, transparent ou blanchâtre; ou une substance pulpeuse ressemblant à du miel, de la bouillie, du suif épaissi, du son mouillé, etc. Les parois semblent formées de lames cartilagineuses, et adhèrent peu au tissu cellulaire sous-jacent.

Procédés opératoires. — On a proposé les injections, le séton, la cautérisation avec la potasse quand la tumeur est volumineuse, av ec l’acide nitrique au bout d’une paille ou d’une plume quand elle est petite (Tenon), l 'incision, V extirpation,]' excision. Ces deux dernières seules méritent une description è part.

Extirpation. Procédé ordinaire. — On incise en long avec un bistouri convexe la peau qui recouvre la tumeur, sans entamer le kyste, si c'est possible. Alors on le sépare du tissu cellulaire ambiant, en le

Page 1