‹ Manuel de médecine opératoire (volume 5)Chapitre 5 sur 145 · DISSECTIONS · texte numérisé non relu

DISSECTIONS

l<> retire en pressant, de telle sorte que l’incision Huit à l’endroit même de la piqûre.

Deuxième procédé. — On fait faire un pli à la peau, et l’on traverse ce pli à la base, sans faire cependant sortir la pointe de l’autre côté; après quoi, le pli étant abandonné à lui-même, on se comporte comme dans le premier procédé.

Quelques chirurgiens avaient d’abord traversé le pli de part en part, ce qui laissait une double piqûre, sans rien ajouter à la facilité de l'opération : aussi la double piqûre est universellement rejetée.

Troisième procédé. — Ou attire fortement les téguments d’un côté, de telle sorte que la piqûre ne réponde plus à l’une des extrémités de l'incision ; mais que , quand l’incision est faite et l’instrument retiré, les téguments, revenant sur eux-mêmes, éloignent la plaie sous-cutanée de la piqûre extérieure. On est ainsi bien plus assure encore contre la pénétration de l’air; précaution quelquefois surabondante, quelquefois aussi indispensable.

Quatrième procédé. — On commence par faire une piqûre à la peau avec une lancette, et par cette piqûre on fait pénétrer un ténotome mousse. Ce procédé est beaucoup plus prudent que les autres, quand on opère sur une région où l’on pourrait piquer d ’s nerfs ou des vaisseaux .

Art, II, — Dissections.

Les dissections sont, à proprement parler, les incisions du tissu cellulaire. Toutefois ce n’est pas toujours du bistouri ou des ciseaux qu’on sc sert ; et les doigts, le manche d’un bistouri, l’extrémité d'une sonde cannelée, servent souvent à déchirer, à écarter le (issu cellulaire, soit pour aller plus vite, soit parce qu’on craint de léser des organes importants.

Quand on emploie le bistouri, il faut toujours tendre les tissus autant rpie possible, comme pour les incisions.

Premier procédé. Dissection libre. — Lorsqu’on a à disséquer un lambeau de peau qui n’a point contracté d’adhérences avec les tissu ' sous-jacents, on saisit le bord ou l’extrémité de ce lambeau entre le pouce et l’indicateur de la main gauche; on tend à l’écarter des tissus sous-jacents, et alors, tenant le bistouri droit ou convexe en première position, on le promène d’un côté ou d’uue extrémité du lambeau a * autre, parcourant 1 intervalle d’un seul coup, et, autant que possible, faisant agir le bistouri contre soi.

Si I on a a disséquer un lambeau moins large à son extrémité qu’il sa base, comme après les incisions en V, eu T, en -|-, en croissant chaque coup de bistouri doit aller d’un bord à l’autre et augmenter

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ainsi d’étendue à mesure qu’on approche de la base. Dans ces cas. on peut môme, après avoir promené le bistouri de haut en bas en première position, le ramener de bas en haut en deuxième; et ainsi de suite. Ce mode d’agir est plus prompt, plus brillant, mais exige plus d’habitude que le premier.

Si au contraire on ne dissèque que le bord d'une incision droite ou elliptique, les coups de bistouri sont plus étendus en commençant qu’en finissant, en sorte que le lambeau est détaché plus loin à son centre qu’à scs extrémités.

Enfin, dans le cas où le tissu cellulaire sous-cutané est lâche et extensible, on peut abréger la dissection en tirant le lambeau d’un côté, écartant les tissus de l’autre, et en détruisant avec l’indicateur les brides qui les unissent.

Deuxième procédé. Dissection de lambeaux adhérents. — On fait agir le bistouri de même, mais plus lentement, à plus petits coups, en ayant soin de ne pas trop pénétrer dans les tissus qu’on veut découvrir, et aussi de laisser à la peau une épaisseur convenable.

Troisième procédé. Dissection en dédolanl. — L’incision de la peau achevée, avec une bonne pince à disséquer on soulève des feuillets minces des tissus sous-jacents, tandis qu’avec le bistouri droit ou convexe tenu en cinquième position, on coupe horizontalement chaque feuillet au-dessous du bec de la pince. Ce procédé n’est guère usité que quand on craint d’offenser un organe important, dans l'opération de la hernie étrauglée, par exemple.

On peut aussi, dans le même but, se servir de la pointe d’un bistouri droit.

On peut encore soulever chaque feuillet sur une sonde cannelée, et inciser ainsi sur la sonde.

Art. III. — Ponctions.

La ponction est quelquefois le premier temps de l’incision, avec laquelle elle est confondue. Hors de là, et à part quelques opérations qui s’y rattachent, comme la saignée, la vaccine, etc., la ponction n’a que l’un ou l’aulre de ces deux buts : explorer la nature d’une tumeur, ou donner issue à des gaz ou à des liquides.

Nous exposerons ici la ponction avec le bistouri, la lancette, le trocart et l’aiguille exploratrice.

I" Ponction du bistouri. — Le bistouri, tenu en première, seconde, ou cinquième position, s’il n’est pas besoin de beaucoup d’effort; en troisième ou en quatrième, si l’épaisseur à traverser est forte, est enfoncé d’un seul coup, brusquement, perpendiculairement, jusqu’à la profondeur voulue, et qu'on limite d'ordinaire en avançant l’indicateur jusqu’à distance égale de la pointe du bistouri.

PONCTIONS.

On le retira ensuite perpendiculairement, h moins qu’on ne veuille agrandir l’ouverture.

Quelquefois on enfonce le bistouri plus ou moins obliquement; c est surtout quand on veut détruire le parallélisme*cntrc l’ouverture intérieure et celle de la peau.

2° Ponction avec la lancelle. — Ou lient la lancette comme pour la saignée, savoir, la châsse formant un angle droit avec la lame; la lame saisie entre le pouce et l’indicateur, avancés d’ordinaire jusqu'il l’union du talon avec la portion tranchante, quelquefois plus près delà pointe; les autres doigts très légèrement fléchis, en sorte qu’on prenne un point d’appui soit sur leurs extrémités réunies, soit sur le dos des phalangettes. On enfonce la lancette perpendiculairement et on la retire de môme, à moins qu’on ne veuille terminer par une incision ; alors on la fait marcher comme le bistouri en deuxième position.

3" Ponction du trocart. — Il est important, avant de se servir du trocart, de s’assurer qu’il est bien libre dans sa canule. On le saisit de telle sorte que son manche soit assujetti dans la paume de la main avec les trois derniers doigts, le pouce à l’union de la canule et du manche, 1 index rapproché de la pointe à la distance où celle-ci doit pénétrer; et on le plonge perpendiculairement et avec la force nécessaire. Lorsqu’on a la sensation qu’on a pénétré, on retient le pa- 1 on de la canule avec les doigts de la main gauche, taudis que de la main droite on saisit le manche du trocart, que l’on retire directement et sans rotation. A mesure que le liquide s’écoule, on presse sur la canule, afin que l'affaissement des parois de la cavité où clic est logée ne la lui fasse pas abandonner. On en dirige selon le besoin l’extrémité dans les divers points de sa cavité, en môme temps qu on exerce des pressions à l’extérieur, pour en chasser les dernières gouttes de liquide; il faut avoir grand soin toutefois que le bout de la canule ne presse pas contre les tissus de manière à en être bouché

I our extraire ensuite la canule, le pouce et l’indicateur gauches en saisissent la partie située immédiatement au-dessus de la peau un applique I indicateur et le médius droit sous son pavillon, le pouce sur son orifice, et l’on exerce sur elle une traction brusque et parnlele a son axe, tandis que les doigts de la main gauche pressent sur I s gumcnls pour empêcher que les tissus soient tiraillés.

r Ponction avec l’aiguille exploratrice. — On se sert habituellement en franco d une aiguille à acupuncture; en Angleterre on emploie une ongue aiguille creusée sur toute sa longueur d’ùnc gmtiiere profonde qui serti ramener un peu des matières conlcmis dans la tumeur. L’aiguille, tenue entre l’index et le pouce,

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