CHAPITRE II
CAUTÉRISATIONS.
On entend on général par cautérisation l’application du feu ou des caustiques sur une partie où l’on veut détruire l’organisation et la vie; quelquefois cependant elle se propose un autre but thérapeutique. La cautérisation se pratique avec les caustiques chimiques, avec le fer rouge, avec la chaleur électrique.
Art. Ier. — Applications des caustiques.
On emploie les caustiques sous forme liquide, molle, solide ou pulvérulente. Leur application est soumise à des règles générales, toutes fondées sur ce fait important, que les caustiques, même solides, n’agissent qu’en se liquéfiant.
1° Déterger avec soin la surface suppurante, et en enlever toutes les humidités.
2" Préserver les parties voisines, et surtout les parties déclives, en les recouvrant d’emplâtres ou de charpie en quantité suffisante.
3° Éponger exactement le sang ou la sérosité qui suinte durant l’application du caustique.
4“ Après la cautérisation, enlever avec soin, soit à l'aide de boulettes de charpie, soit par des lotions répétées, ce qui pourrait rester de caustique non employé.
I. Caustiques liquides. — On peut les distinguer en deux catégories : 1" ceux d’une action faible : le collyre de Lanfranc, dont le sulfure jaune d’arsenic et d’oxyde vert de cuivre forme la base; l’eau phagédénique ; les solutions de nitrate d’argent, de chlorure de zinc; l’ammoniaque; 2" les caustiques énergiques, tels que les acides hydrochlorique, sulfurique, nitrique; les dissolutions concentrées de potasse, de soude, le nitrate acide de mercure, le dcuto-chlorurc liquide d’antimoine ; l’eau régale contenant en dissolution du chlorure d’or pur dans la proportion de 30 centigrammes de chlorure pour 30 grammes d’acide. v
Procédé opératoire. — Il est le même pour tous. La partie bien détergée, on plonge dans le liquideun pinceau de charpie ou de linge fin assujetti sur une tige de bois assez longue, ou porte au bout de pinces il disséquer; et l’on porte ce pinceau dans tous les coins de la surface à cautériser, en l’appuyant et l’exprimant aussi fort qu’on le juge convenable; puis on enlève le superflu aicc des boulettes de
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charpie sèche ; ou bien si le caustique a été porté au fond d’une cavité, on le délaie et on l'entraîne par des injections abondantes.
On a conseillé d’entourer la partie d’un emplâtre de diachylon ou de cérat, percé à son centre dans l’étendue convenable; précaution surabondante, mais qui quelquefois n’est pas à négliger.
Appréciation. — Les caustiques légers, à l’état liquide, ne s’emploient guère que contre 1rs ulcères superficiels des gencives, de la bouche et des parties génitales. Les acides concentrés agissent à l’instant : aussi leur action s’arrête à une petite profondeur, et il est aisé de la graduer. L’escarre qu’ils produisent est sèche, jaunâtre avec l'acide nitrique, noirâtre avec l’acide sulfurique. Les solutions de soude et de potasse agissent quelque temps encore après leur application ; il est donc nécessaire d’en enlever avec soin le superflu; encore ne saurait-on graduer leur action avec certitude. Le deutoehlorure d antimoine liquide forme rapidement une escarre sèche, dont on peut mieux limiter l’étendue. On l’emploie généralement et avec succès dans les plaies envenimées, et contre les verrues dont on a excisé la base. Mais pour les tumeurs de nature suspecte, le nitrate acide de mercure est préférable. Il donne lieu à une escarre sèche et solide, d abord blanche, puis jaune, puis noirâtre, qu’on peut graduer assez bien, et qui s’étend aussi profondément qu’il est nécessaire; mais surtout il dispose 1rs parties sous-jacentes à une prompte cicatrisation.
L /au regale au chlorure d'or parait cependant l’emporter sur le nitrate de mercure. Elle cautérise profondément; elle donne lieu a une escarre qui se détache au bout de trois ou quatre jours; et après sa chute on répète la cautérisation selon le besoin. On assure que son application est peu douloureuse, et surtout que son action est purement locale, ce qui lui assurerait sur tous les autres une supériorité incontestable. En effet, tous ces caustiques énergiques causent de vives douleurs; et il faut éviter, surtout chez les sujets nerveux, de les employer sur de larges surfaces. Ainsi on a vu le nitrate t e mercure déterminer quelquefois des coliques violentes, la diarrhée et meme des selles sanguinolentes Dupuvtrcn).
IL Caustiques mous. — Les principaux sont : la pommade ammoniacale; le caustique de Carnet, formé de deuto-aeélate de cuivre de limaille de fer el d’extrait de ciguë ; le safran combiné à l’acide sulfurique, rac.dc nitrique monohydraté (Rivallié), la pâte arsenicale, la pâte de chlorure de zinc et la pâte de Vienne. On n'a guère conserve I usage que des quatre suivants.
Pommade ammoniacale. - Cette pommade est formée de beurre de cacao et d huile d’amandes douces, de chaque 8 grammes, avec 10 a 12 grammes d ammoniaque à 28". Ou en étend sur un linge une couche plus ou moins épaisse, plus ou moins étendue, selon l’ef-
fet que l’on veut obtenir. On applique cet emplâtre sur la peau, à la manière ordinaire. Après quelques minutes, la peau rougit; puis apparaissent des phlyctènes; et dix ou quinze minutes après l’application, une escarre plus ou moins profonde est formée.
Gondrct la substituait à l’emploi du feu dans tous les cas de révulsion ; ainsi, il remplaçait par ce moyen le rnoxa, la cautérisation sincipitale, etc.
Pommade arsenicale. — On en a de plusieurs sortes, selon qu’on emploie la poudre de Rousselot, contenant un cinquième d’arsenic ; la poudre d’A. Dubois, où l’arsenic n’entre que pour un vingt-cinquième, et la poudre du frère Corne, où il est dans la proportion d’un huitième. Celle-ci est généralement préférée.
On la délaie avec de l’eau ou de la salive, de manière à obtenir une pâle molle, médiocrement liée, et susceptible de s’étendre facilement. On absterge la surface malade, ou même on la rafraîchit avec le bistouri, et à l’aide d’un pinceau de poil de blaireau, ou la recouvre d’une couche de pâte de 2 ou 3 millimètres d’épaisseur, en empiétant très peu au delà des bords de l’ulcération. On étend ensuite sur le caustique de la toile d’araignée, de la charpie râpée, ou bien ou le recouvre d’une plaque d’agaric mouillée et exprimée entre les doigts : cela suffit d'ordinaire sans autre appareil ; cependant, si l’on craint quelacouchc de pâte ne tombe ou ne se dérange, on peut recouvrir le tout d’un morceau de linge imbibé de collodion.
L'escarre se fait en quelques jours, se détache du dixième au vingtième, quelquefois plus tard, avec la pâte qui lui est restée adhérente, laissant à nu une surface rouge, solide, grenue, et prompte à se cicatriser. Quelquefois, surtout quand ou l’applique sur le nez, l’escarre et la pâte eu se desséchant forment une croùtequi ne tombe que du vingt-cinquième au quarantième jour, et sous laquelle l’ulcère s’est complètement guéri. Assez souvent une application suffit ; s’il restait encore des tissus de mauvais aspect, on procéderait immédiatement à une seconde. On panse la plaie qui en résulte avec la charpie sèche. La cicatrice obtenue par suite de ce moyen est épaisse, blanche, solide, et moins difforme que celle qui succède à l’emploi du bistouri.
Ce caustique cause en général des douleurs vives et brûlantes; employé sur de larges surfaces, il a donné lieu à des accidents d'empoisonnement dépendant de sa composition. La poudre de frère Cônie contient 30 parties d’arsenic blanc, 130 de cinabre, 73 d’éponge pulvérisée.
Pâte de chlorure de sine Canquoin). — Ce caustique est composé de chlorure de zinc et de farine, en diverses proportions : la pâte n" I est composée, de deux parties de farine, une de chlorure île zinc; dans le n" 2 il entre trois parties de farine, et quatre dans le
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n" 3. On mélange le chlorure de zinc avec la farine en ajoutant le moins d’eau possible, et on laisse la pâte à l’air pour en attirer l'humidité, et pour qu’elle acquière ainsi l’élasticité et la perfection convenables. Burcaud-Riofrey mêlait la farine et le chlorure en proportions égales : il avait proposé aussi de substituer à la farine le sulfate de chaux. M. Velpeau a fait remarquer que le chlorure doit se transformer, au contact de l’eau, eu hydrochlorate, et que l’hydrochloratc de zinc, qui revient beaucoup moins cher, a tout autant d’efficacité que le chlorure employé de cette façon. M. Velpeau a donné aussi d’autres proportions pour la pûtc ; ainsi à cinquante parties de farine il ajoute cent parties de chlorure ou cent cinquante d’hydrochlorate. Ce mélange ne se dessèche point, ne tombe point en déliquium, et ne perd avec le temps aucune de ses propriétés caustiques.
M. Canquoin avait annoncé que la pâte de chlorure était élastique, et en conséquence ne pouvait s’appliquer que sur des surfaces planes. Pour la rendre maniable, il ajoutait à deux parties de chlorure de zinc une partie de chlorure d’antimoine (beurre d’antimoine’ ; mais, suivant M. Velpeau, la première pâte s’applique où l’on veut et comme on veut, et l’addition du beurre d’antimoine est inutile.
Pour appliquer cette pâte, il faut d’abord mettre le derme à nu. On coupe ensuite une rondelle de pâte de l’étendue que l’on veut donner â l’escarre, et d’une épaisseur variable selon l’épaisseur des tissus et la force de la pâte elle-même. Si l’on a affaire à une tumeur fort saillante, ou graduera l’épaisseur de la pâte en l’augmentant beaucoup au centre, ou en la diminuant à la circonférence; le caustique agit nettement dans les limites de son application, sans se répandre plus loin, et à une profondeur qui est en raison directe de son épaisseur; en sorte qu’on peut, en une seule fois, détruire la tumeur la plus profonde comme le cancer le plus superficiel.
Pâle de Vienne. — On pulvérise dans un mortier de fer cinq parties de potasse caustique, en ajoutant peu h peu six parties de chaux \ivo en poudre; on renferme ce mélange dans un flacon bouché à l’émeri. Pour s’en servir, on en verse quantité suffisante dans une. soucoupe, et l’on ajoute assez d’alcool ou d’eau de Cologne pour faire une pâle qu’on pétrit avec une spatule d’argent. On applique sur la peau une couche de cette pâte, de i millimètres environ d’épaisseur, en ayant soin d’en circonscrire nettement les bords avec la spatule mouillée d alcool, et de lui donner les dimensions voulues, car l’escarre présentera exactement la même forme. Au bout de cinq ou six minutes, la peau est cautérisée jusqu’au tissu cellulaire, ce qu on reconnaît a I apparition d’une petite ligne grise sur les bords de la pâte caustique; «lès lors on peut enlever celle-ci et laver l’escarre avec un peu d’eau vinaigrée. Si l’on voulait une escarre plus
profonde, on laisserait la pâte dix, quinze et même vingt minutes sur la peau. La douleur, a-t-ou dit, est extrêmement modérée, et le plus souvent inférieure à celle d’un vésicatoire. Je dois déclarer que j’ai vu la pèle de Vienne déterminer des douleurs atroces et persistantes autant qu’avec les plus terribles caustiques connus.
Outre une plus grande promptitude d’action, la poudre de Vienne a sur la potasse le grand avantage de donner des résultats sûrs et précis. La chaux empêche la potasse de se répandre au loin, et la rend plus active en lui enlevant l’acide carbonique qu’elle contiendrait encore; elle n’agit que comme excipient.
III. Caustiques solides. — Les plus usités sont : la potasse caustique, le caustique de Filhos, le nitrate d’argent et les trochisques.
Volasse caustique. Premier procédé. — On applique sur la peau un emplâtre de diachylon, percé au centre d’une ouverture de la forme qu’on veut donner à l’escarre, mais d’une étendue moindre de moitié. Au centre de cette ouverture, on place un ou plusieurs fragments de potasse, qu’on recouvre d’un emplâtre de diachylon plus grand que le premier, et enfin d’une compresse et d’une bande.
Après six ou sept heures, l’action du caustique est épuisée ; on enlève l’appareil, et l'on trouve une escarre plus large du double que l’ouverture de l’emplâtre, d’un jaune brunâtre. On la fend avec le bistouri, ou l’on attend qu’elle se détache, selon le besoin.
C’est ainsi qu’on établit un cautère ou qu’on ouvre certains abcès. 11 faut prendre garde de ne pas trop employer de potasse; une couche d’un millimètre suffit, en général, pour traverser complètement la peau. Ordinairement, la moiteur de la peau suffit pour liquéfier la potasse. Si la peau était très aride, comme chez les vieillards, on l’humectcrait avec un peu de salive ou une goutte d’eau.
Deuxième procédé. — Pour porter la potasse à de grandes profondeurs, Dupuytren avait fait fondre des trochisques de potasse pure, terminés en cône, de G à 8 centimètres de hauteur, de 3 centimètres de diamètre à la base. On les fixe sur un long portecrayon; on les applique par la base, si la surface à cautériser est large et unie; par le sommet, si elle est creusée de cavités. Il faut avoir soin de garnir les environs, et surtout la partie la plus déclive; car la potasse se liquéfie très aisément, et aurait tout le danger des caustiques liquides.
Mayor usait tout simplement de potasse coulée eu cylindre; en se fondant dans les tissus, elle acquiert d'elle-mème la form • conique, très favorable pour l’enfoncer profondément.
La potasse, appliquée à des tumeurs volumineuses, a l'avantage de réduire les tissus qu’elle touche en une espèce de putrilage, assez semblable à la pourriture d’hôpital ; et cette croûte noire, molle,
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humide, qui n’est autre qu’un véritable savon animal, s’enlève très facilement en l’essuyant avec une éponge, de la charpie ou un linge. On peut donc répéter son application tous les jours, d’autant plus que ce caustique n’exaspère pas l’irritation et ne provoque pas la dégénérescence (Major;. L’escarre des téguments est un peu moins molle; elle se détache en lambeaux à chaque pansement, du sixième au dixième jour.
Caustique de Fillios. — On fait fondre la potasse et la chaux, et l’on verse le mélange liquide dans des tubes de plomb de 6 à 18 millimètres de diamètre. Ces tubes ainsi remplis se conservent dans des tubes de verre garnis au fond d’une couche de 1 à 2 millimètres de chaux vive en poudre, dans laquelle on plonge l’extrémité du tube où le caustique est à découvert, pour le maintenir toujours à sec. Pour s’en servir, on en découvre la longueur que l’on désire, soit à l’extrémité, soit sur le côté, en entaillaut le plomb avec un couteau.
Nitrate d'argent. — Le nitrate d'argent, fondu en petits cylindres fixés dans un porte-crayon d’argent appelé porte-pierre, s’applique par la base du cylindre ou môme par les côtés; d’autres fois, on le taille en cône plus ou moins allongé. Si l'on agit sur une surface.vive, il faut la déterger d’abord; si la, peau est recouverte d’épiderme, il faut humecter le caustique avec un peu d’eau ou de salive. L’escarre est sèche, peu profonde, blanche et argentée d’abord, bientôt noire, et tombe au bout de quelques jours. Il faut essuyer le caustique avant de le renfermer dans son étui.
On porte aussi le nitrate, d’argent à de grandes profondeurs; mais c est le plus souvent à l’aide de porte-caustique spéciaux qui seront décrits plus tard.
Trocliisques. — On appelle ainsi des pètes composées en général avec les oxydes de plomb, de mercure, d’arsenic, etc., dont on formait des cônes et des cylindres, et qu’on faisait ainsi sécher. On enfonçait ces cônes ou ces cylindres dans divers points d’une tumeur qu on cautérisait ainsi profondément par masses, et en graduant l’action du caustique. Peut-être ce moyen est-il trop dédaigné aujourd’hui.
IV. Caustiques pn.viiiua.r.NTs. — O11 employait autrefois, sous celle forme, les cendres alcalines de certains végétaux, les poudres d iris, de sabine, etc., l’oxyde rouge de mercure, l’alun calciné. Ce dernier peut encore trouver une utile application sur les larges plaies a bourgeons luxuriants; il est d’expérience qu'il les réprime mieux que le nitrate d’argent. On déterge la plaie, puis on étend sur toute la surface une couche de. 2a 3 millimètres d’épaisseur; deux jours après, la poudre caustique forme une sorte de croûte sous laqucllo
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on trouve la plaie vive et rouge, et les bourgeons réprimés. On réitère cette application aussi souvent qu'il est nécessaire; il n’y a aucun inconvénient à redouter.
Art, II. — Application du feu, ou pyrotechnie chirurgicale.
Il y a deux moyens d’appliquer le feu : 1° les cautères métalliques, appelés aussi cautères actuels; 2" diverses autres substances, comme l’eau et l’huile bouillantes, le moxa, la poudre à canon, le phosphore en ignition, etc. Nous ne traiterons ici que des premiers, les autres appartenant à la petite chirurgie.
1° Des cautères métalliques ou cautères actuels.
Les cautères sont composés d’un manche, d’une tige, et d’un renflement ou extrémité cautérisante.
Le manche, de buis ou d’ébène, peut être fixé à la tige, ou s’en séparer à volonté, et servir alternativement pour tous les cautères ; alors il se compose de deux parties, l’une de bois, limée à huit pans, de 8 centimètres de longueur , surmontée de, la seconde, espèce de demi-colonne d’acier, longue de G centimètres, et percée d’un canal carré destiné à recevoir la queue de la tige, que l’on y fixe à l’aide d’une vis de pression. La tige et le renflement sont d’acier ; la tige, arrondie en baguette, excepté à la queue, longue de 20 à 24 centimètres, tantôt continue en droite ligne avec le rendement, tantôt coudée à peu de distance, à angle de 90 à 120°.
Le cautère prend son nom de la forme du renflement : il est dit en roseau, quand il offre un cylindre, de 4 millimètres de long, de 13 de diamètre, arrondi à son extrémité et continu en droite ligne a\cc la tige; olivaire, quand il est façonné en olive; conique, quand il représente un cône obtus de 27 millimètres de hauteur sur 18 de diamètre à la base; cultellairc ouhastile, quand il figure une petite hache à tranchant mousse, épaisse au dos de 9 millimètres; nummulaire, c’cst un disque de. 27 millimètres de. diamètre sur 9 d’épaisseur; octogone, plaque quadrilatère à angles abattus; annulaire, quand la tige directe aboutit à un renflement sphérique surmonté d’une portion annulaire assez semblable à une couronne de trépan, et de G millimètres de profondeur (Percy). Mayor (de Lausanne) a réuni à la même tige deux tranchants mousses, ce (pii fait un cautère bicuUclIairc, etc. Tous ces cautères pourraient très bien se réduire à trois : Polit aire, le, eullclhlire, et l’octogone ou le iimnmulairc.
2 Procédés opératoires.
On les fa il chauffer dans un réchaud portatif à un feu de charbon très ardent; un aide les entretient au degré de chaleur comcnable.
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La chaleur, mesurée d’après la couleur que prend l’acier, varie en montant du gris au rouge obscur, au rouge-cerise, et enfin au blanc qui en indique le maximum. Plus le métal est chaud, mieux il détruit les parties et moins il cause d’irritation; en sorte que le cautère à blanc l'emporte de tous points sur les autres.
L’instrument suffisamment chauffé, on l’assujettit sur le manche; on saisit ce manche à pleine main, en l’enveloppant au besoin d’une compresse ; on l’applique sans délai suivant les procédés que nous allons décrire; puis on l’éteint dans l’eau froide qui en retrempe en quelque façon l’acier.
On emploie le cautère actuel de trois manières.
IJ Cautérisation objective. — On fait chauffer à blanc le cautère nummulaire, et on l’expose d’abord à 16 centimètres de distance des parties qn’on veut stimuler, eu le rapprochant à mesure qu’il se refroidit. Une seule application suffit pour l’ordinaire.
Celte cautérisation fait rougir et gonfler les tissus, y développe une douleur assez vivo, en un mot produit une inflammation artificielle utile dans les ulcères atoniques et certaines tumeurs scrofuleuses.
.Mais on en obtient des résultats bien plus remarquables sur les plaies en xoie de cicatrisation, en tenant le cautèro à distance, pour dessécher lentement la surface suppurante sans l’irriter, et eu continuant pendant une heure et plus. J’ai réussi souvent ainsi à obtenir dans une seule séance, pour de petites plaies, une cicatrice complète ; et pour les plaies les plus larges, on les voit quelquefois se rétrécir presque à lue d’œil.
On a proposé, dans le même but, de promener à distance de la partie des charbons ardents tenus avec des pinces à anneaux, ou de concentrer, a l’aide d’une ou de plusieurs lentilles, les rayons solaires. Ces moyens sont à peu près oubliés.
2" Cautérisation Iranscurranlc. — Elle consiste à promener sur . I’™" 1,1 rautèr<’ cultellaire chauffé à blanc, et à tracer ainsi avec Mtessr et légèreté des raies qui n’intéressent que la surface du derme. Le nombre de ces raies varie suivant l’effet qu’on veut produire : leur direction, tout aussi variable, suit en général la longueur des membres. Il convient, pour ne pas hésiter, de tracer d’abord des lignes avec de, I encre, et d'effleurer à peine la peau avec le premier cautère, afin qu’il suffise à parcourir toutes les lignes tracées. On en emploie un second, ou l’on fait réchauffer le premier s’il est nécessaire, et on le repasse, sans appuyer, sur les mêmes lignes.
L escarre de ces raies est de couleur d’or, et ne semble d’abord .1 "" l(f?er ; m,l,s s’élargit peu à peu, et entame le derme a une assez grande profondeur. Après sa chute, la cicatrisation est prompte, et resserre notablement la peau de In partie U ne faut jamais aller jusqu’à diviser les téguments; celle mau-
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vaise manœuvre, au lieu de rétablir leur élasticité, ne ferait que l'affaiblir davantage; de là souvent des excroissances fongueuses c( des ulcères difficiles à cicatriser.
On panse les premiers jours avec de la flanelle sèche, des linges chauds ou trempés dans le vin, pour entretenir la stimulation; quand l’inflammation est déclarée, on a recours aux antiphlogisliques.
3° Cautérisation proprement dite ou inhérente. — Elle consiste à appliquer le cautère chauffé à blanc, tantôt sur des vaisseaux ouverts, plus souvent sur des tissus dégénérés ou sur des plaies de mauvais caractère. La forme du cautère et les précautions à prendre pour garantir les tissus voisins varient selon les cas et les régions. Quant à la force avec laquelle il faut appuyer, le chirurgien doit se rappeler que les effets du cautère s’étendent toujours au delà du point où il s’est arrêté, et que s’il a fait un trajet de 6 millimètres, l’escarre en aura 4 de [vins.
Pour garantir les parties voisines, on a proposé de les recouvrir de linges mouillés; mais l’eau qui s’en écoule refroidit le cautère; il est préférable d’appliquer un emplâtre ou un morceau de carton percé au centre d’une ouverture suffisante; on peut même très bien s’en passer. Si l’on cautérise à quelque profondeur, on a conseillé des canules de bois ou de métal. Pcrcv, qui leur reproche de s’échauffer trop vite, en a fait une d’acier pour son cautère en roseau, à laquelle il a donné 2 millimètres d’épaisseur. La chose importante est de cautériser vite, pour que l’action du feu n’ait pas le temps de se communiquer trop loin. Si les parties sont profondes, on élargit la plaie qui y conduit, et l’on attend que le sang ait cessé de couler; on peut aussi se servir avec avantage des conduits de carton imaginés par Camper. Nous y reviendrons eu traitant de la carie.
La douleur occasionnée par la cautérisation n’est pas aussi cruelle qu’on le croirait, surtout si le cautère a été extrêmement chauffe. 11 n’y a guère que celle de la peau qui soit très vive : aussi est-il de précepte d’inciser et de disséquer la peau quand cela est possible, avant d’appliquer le feu; les tissus adipeux, glanduleux, musculaires, sont beaucoup moins sensibles; bien moins encore les tumeurs anomales, polypeuses et sarcomateuses (Percy.i; enfin les os sentent à peine, et l’on a vu la cautérisation n’y causer qu’un prurit agréable A. Paré). Du reste, les vieillards la supportent mieux que les jeunes gens; et les enfants, même très jeunes, mieux que tous les autres.
Art, III. — De la chaleur électrique.
John Marshall a essayé ci' nouvel agent en 1850, d’abord pour cautériser une fistule étroite et profonde, puis pour diviser les tissus et remplacer ainsi le bistouri. Il a opéré des fistules a I anus, «les
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hémorrhoïdes, et a indiqué nombre d’autres affections où ce nouveau mode de section serait indique.
On se sert d’un (il de platine élevé à la chaleur rouge par un courant galvanique. Ce fil, enfoncé dans une fistule, cautérise tous les tissus qu’il touche ; l’épaisseur des escarres est plus grande en général aux points d’entrée et de sortie qu’au milieu du trajet, et varie d’ailleurs selon la grosseur du fil employé et la durée ainsi que l’intensité du courant galvanique. L’opération s’achève en quelques secondes: f escarre est blanche et s’élimine régulièrement.
Si l'on étreint avec le til de platine des parties molles à dhiscr, on a vu, dans des expériences sur les animaux vivants, une masse de muscles assez épaisse dix isée en peu de secondes, et sans aucune hémorrhagie, même lorsque des vaisseaux volumineux avaient été divisés. Il est à craindre que la nature même du nouvel agent ne s oppose à la généralisation de son emploi; toutefois, si l’expérience confirmait ce qu’on en annonce, ou voit de quelle utilité il pourrait ctre, surtout chez les personnes à tendance hémorrhagique très marquée.
<>n a aussi appliqué le galvanisme avec de simples aiguilles, et sans les élever à une si haute température, au traitement des tumeurs érectiles, des varices et des anévrismes. Nous aurons à revenir sur ces applications.