SECTION DES NEUFS
seille de racler l’os avec le bistouri; M. Velpeau préfère recourir alors aux ciseaux droits. Mais ou agit toujours à l’aveugle, et l’ou ue peut tout au plus que couper le nerf sans l’exciser.
Deuxième procédé. — Le malade assis, le chirurgien, placé eu face, fait au fond du sillon naso-jugal une incision de 3. à 4 centimètres, à partir de l’aile du nez; divise la peau, rencontre la veine faciale qu’il repousse en dehors, écarte avec une sonde cannelée la graisse, l’élévateur propre de la lèvre qu’il rejette en dedans, le muscle canin qu'il ramène en dehors, arrive au trou sous-orbitaire, coupe le nerf avec un bistouri, et excise autant qu’il peut de son bout inférieur.
M. Bérard aîné préfère une incision en T dont la branche transversale longe le bord orbitaire; il est bon aussi, suivant sa remarque, de diviser une portion de l’attache du muscle élévateur de la lèvre, qui cache le nerf à sa sortie du trou sous-orbitaire.
Le succès de l’opération peut dépendre beaucoup d’une circonstance sur laquelle j’ai appelé l’attention des pathologistes. Si les douleurs occupent uniquement les rameaux cutanés du nerf, sa résection au trou sous-orbitaire pourra suffire; si la douleur se répand dans toutes les dents supérieures, comme les filets dentaires postérieurs se détachent profondément du tronc dans la fosse sphénomaxillaire, il est probable que l’affection remonte jusque-là, et toute opération est inutile; enfin, si les filets dentaires antérieurs participent seuls à la névralgie, on peut encore, porter la section du nerr au delà de leur origine, et j’ai pour cela propose découper le nerf dans son canal même.
Procédé de l’auteur. — D’abord, avec un ténolome solide, je pénètre le long du plancher de l’orbite, dans la direction du nerf qui aboutit au trou sous-orbitaire ; et arrivé à 2 centimètres de profondeur, je coupe eu travers le plancher de l’orbite qui est mince et oppose peu de résistance ; et ainsi sc trouvent coupés le canal et le nerf lui-même. Alors une simple incision transversale à 1 centimètre au-dessous du rebord orbitaire suffit pour mettre le nerf à nu; on le saisit avec des pinces et on l’arrache hors de son canal; ce qui sc fait sans douleur, attendu la section préalable.
J’avais d’abord voulu profiter de l’incision extérieure pour décoller le périoste du plancher orbitaire et mettre le nerf à nu avant de le couper; mais sa section isolée et sous-cutanée me paraît de bcaucoun préférable. 1
Procédé de M. Bonnet. — Il fait la ponction sous-eulanéc à ■> centimètres en dehors du trou sous-orbitaire, et à 2 centimètres audessous du rebord de l’orbite. Avec la main gauche il faut tirer en bas et m avant la lèvre supérieure, afin de tendre le nerf et de 1 éloigner de la fosse canine; de la main droite on introduit le téno-
tome, le tranchant regardant en haut; on le dirige en avant et un peu en lias, en ayant soin que sou extrémité rade le fond de la fosse canine, et ne s’arrête que lorsqu’elle a dépassé le trou sous-orbitaire et qu’elle appuie contre l’éminence nasale; alors enfla retournant le tranchant un peu en avant, on opère la section en le retirant comme il a été dit.
3" Nerf facial.
Les névralgies de ce nerf sont excessivement rares, et ont même été niées par M. Bérard aîné; en conséquence les occasions de le réséquer doivent être fort rares aussi. Ou peut l’attaqueràsa sortie de la parotide: mais déjà il est subdivisé eu un grand nombre de rameaux dont la position n’a rien de fixe, et l’opérateur n’aurait pour guide que la direction de la douleur. Si l’on voulait couper sa branche temporo-faciale à l’endroit où elle croise le col du condyle de la mâchoire, au-devant du lobule de l'oreille, on ferait nue incision verticale ou un peu oblique d’avant eu arrière, qui partirait de 1 arcade zygomatique, et se terminerait sur le bord postérieur de la mâchoire au-dessus de son angle. On diviserait successivement la couche cellulo-graisscusc, une lame aponévrotique, quelques minces prolongements île la glande parotide, et enfin le nerf, qui n est séparé de l’os que par un peu de tissu cellulaire. Ou ne risquerait ainsi que de blesser l’artère faciale, aisée à lier ou à comprimer; mais on courrait grand risque de ne pas rencontrer la branche nerveuse cherchée.
Béclard, au rapport de Blandin, et après lui M. Velpeau, ont conseillé d’attaquer le nerf à sa sortie du crâne. On inciserait verticalement la peau dans l’étendue de i centimètres entre l'apophyse mastoïde et le lobule de l’oreille; on raserait la face antérieure de cette apophyse et le bord correspondant du sterno-mastoidien, jusqu’à une profondeur de 12 à 22 millimètres. On attirerait fortement en avant la peau et la parotide, et au fond de la plaie, a peu près a distance égale de l’articulation temporo-maxillaire et du sommet de l’apophyse mastoïde, on trouverait le nerf, qui semble se diriger vers le bord de l’os maxillaire inférieur, en croisant obliquement la direction de la plaie. 11 ne faut pas perdre de vue qu’à 5 ou G millimètres au plus au delà du trou stylo-mastoïdien, qui donne passage à ce nerf, et dans la direction de la plaie, le bistouri rencontrerait la
veine jugulaire interne. , ... ....
Une opération de ce genre a été pratiquée en Amérique, avant 1830, sur un malade de M. Warren; la section du nerf ne fit que paralyser les muscles de la face, sans agir aucuncmen sur a douleur.