‹ Manuel de médecine opératoire (volume 5)Chapitre 57 sur 145 · DES VARICES · texte numérisé non relu

DES VARICES

l’orifice un bistouri pointu, et divisa le rebord en croissant de cet orifice dans l’étendue d'un demi-pouce, ce qui l’élargit considérablement; la varice s'affaissa immédiatement, et la plaie fut réunie par deux points de suture. Vingt jours après, le sujet se leva sans réapparition des varices, et il reprit dès lors ses occupations.

Le bistouri pointu risque de piquer quelque veine voisine, comme cela est arrivé, en effet, dans le cas précédent; il serait donc prudent de le remplacer par un bistouri mousse. Du reste, le malade ayant été perdu de vue après quarante jours seulement, on peut se demander si la guérison a été durable et permanente.

J’ai eu occasion de répéter cette opération : les varices n’ont point été guéries , mais il y a eu une notable amélioration.

2° Des procédés pour obtenir l’oblitération des veines.

On a tenté jusqu’à présent la compression, la ligature, la suture, la section, la résection, l’extirpation, la cautérisation et l’électropuncture.

1. Compression. — • Procédé de Delpech. — On met la veine à découvert par une incision dans l’étendue d’un pouce environ. Ce vaisseau étant disséqué et soulevé, on glisse au-dessous un morceau d’amadou d’un demi-pouce de largeur sur deux de longueur, et on l’assujettit à l’aide de deux bandelettes agglutinatives. La plaie est recouverte ensuite d’un plumasseau enduit de cérat. Sur sept cas d'emploi de ce procédé, on dit qu’il y a eu six cas de guérison complète.

Procédé de M. Daval. — On soulève la veine dans un pli de la peau, et 1 on perce ce pli à sa base avec une aiguille, en sorte que la veine repose sur l’aiguille. On fait ensuite avec un (il ciré des 8 de chiffre sur les deux extrémités de l’aiguille, comme dans la suture entortillée.

M. Davat a tenté ce procédé sur des chiens. Au cinquième jour a veine notait pas encore oblitérée. M. Velpeau l'a appliqué sur I homme, en substituant aux 8 de chiffre des tours circulaires du lil autour des extrémités de l’aiguille. Il .lit avoir presque constamment réussi sur vingt-cinq individus atteints de varices des membres- la veine était oblitérée du cinquième au sixième jour.

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Procédé de Sanson. — Imité du procédé de Breschet nour le ncocèlc. 1

Sanson se servait d’une pince constituée par deux plaques métalliques ovalaires, garnies de peau, de 3i millimètres de longueur sur I l de hauteur; de chaque plaque partent à angle droit deux bran chos de 8 a 0 millimètres de largeur, qui, après',,,, trajet hoïiz’n ta I

IMS MÉdECiKe opératoire.

de 8 à 9 millimètres, se courbent de nouveau à angle droit pour se porter directement en haut, et ont à peu près 34 millimètres de hauteur. Au milieu de l'une de ces branches verticales se trouve soudée une tige métallique qui se porte transversalement dans une ouverture pratiquée sur le milieu de l’autre branche, et à travers laquelle elle glisse facilement; deux vis de rappel, placées l’une à 13 millimètres au-dessus, l’autre à égale distance au-dessous de la tige transversale, et qui tournent eu sens opposé, servent à rapprocher les deux plaques ovalaires destinées à saisir la veine.

On soulève le tronc veineux qu’on veut oblitérer, et on le serre entre les deux mors de la pince. On change les mors de place toutes les vingt-quatre heures, ou même plus souvent, pour éviter la mortification de la peau. La pince est restée une fois jusqu’à cinquante heures en place, sans déterminer d'cscarrc; l’oblitération de la veine se fait sans qu’il soit besoin de pousser la compression jusqu’à la gangrène. Du reste, la formation d’une escarre ne nuit nullement à la guérison.

M. Boinet a publié trois cas de succès par ce procédé.

II. Ligature. — Procédé adopté par Béclard. — La peau incisée dans une étendue suffisante, on passe sous la veine un stylet armé d’une ligature; on fait le nœud ordinaire et l’on coupe le vaisseau immédiatement au-dessus.

M. Wisc a constaté que le caillot était formé quarante-deux heures après l’application de la ligature. 11 propose donc de ne la serrer qu’avec un nœud coulant, afin de pouvoir la retirer après vingtquatre heures ou trente-six heures, quand le caillot sera formé. Il est probable qu'on éviterait ainsi l’inflammation et la suppuration de la veine.

III. La suture. — Cette méthode, due à M. Davat, est fondée sur ce fait de physiologie pathologique, que l’adhérence primitive de la membrane interne des veines est très difficile à obtenir, si l'on ne produit une légère solution de continuité dans celle membrane avant d’en mettre en contact les parois opposées.

Il a donc imaginé de faire avec une simple aiguille à coudre, droite ou courbe, un point sur la veine, c'est-à-dire de la trn\erscr d avant en arrière , puis d’arrière en avant, et d’assujettir l’aiguille dans cette position à l’aide d’un fil entortillé. Ainsi, sur un chien de taille moyenne, ayant soulevé la jugulaire gauche entre le pouce et l’indicateur gauches , il passa au-dessous de cette veine , a travers la peau, une aiguille qui vint ressortir du cillé opposé. Après s être assuré que la veine reposait bien sur cette première aiguille, il en prit une seconde avec laquelle il perça perpendiculairement la peau, la paroi antérieure cl la paroi postérieure de la veine; puis il inclina l’aiguille de façon à la faire sortir un peu plus haut, en traversant

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