‹ Manuel de médecine opératoire (volume 5)Chapitre 58 sur 145 · DES VARICES · texte numérisé non relu

DES VARICES

de nouveau les deux parois de la veine et les téguments. Les aiguilles se croisaient ainsi l’une l’autre; on les assujettit à l’aide d’un fil. Cinq jours après le fil fut coupé, les aiguilles retirées; les plaies furent cicatrisées en trois heures : la veine était solidement oblitérée. L oblitération est déjà commencée après trente-huit heures ; mais alors elle n’est pas assez forte, et elle cède trop aisément à l’effort du sang.

Ce procédé n’a pas encore été essayé chez l’homme.

Procédé de Friche. — Il consiste à traverser la veine de part en part et d avant en arrière, puis à revenir d’arrière en avant, et à laisser le fil a demeure dans la veine comme un séton pendant deux jours ; cela suffit pour déterminer la formation d’un caillot et l’oblitération de la veine.

fricke a écrit à M. \elpeau qu’il avait appliqué ce moyen dans trente cas avec succès. M. Velpeau l’a essayé deux fois, mais en traversant la veine plusieurs fois : les deux sujets furent atteints d’une mllammation phlegmoneuse très grave. Si l’on voulait tenter ce procédé, il faudrait donc s’en tenir à l’anse unique de Fricke.

IV. La section* . Procédé ordinaire. — Av ec un bistouri convexe

on coupe en travers la peau et la veine; ou bien on soulève la veine dans un repli de la peau, et un bistouri droit bien tranchant, passé a travers la base de ce pli, en fait la section d’un seul coup; le résulta est le meme. Tous les troncs variqueux étant ainsi coupés, on remplit la plaie de charpie; la suppuration qui suit amène l’ohlitération drs vaisseaux.

Procédé de Drodie. — On se sert d’un bistouri légèrement con- <a\e à lame étroite, à pointe acérée. On l’enfonce sous les tégu-

Irnn h\a(p !ltd a',,,rd’ n"lr(î la peau ct la veinc: P«'S< tournant le ranchant en arrière, on le retire en pressant, de manière à diviser la veine en travers, sans augmenter la petite plaie de. la peau Un espérait ainsi éviter l’accès de l’air, cause présumée de la P h'Inte; mais Bédard a vu survenir la phlébite et l’érysipèle plilegmoneux après ce procédé, qui, de plus, expose h ne couper mi’in-

™rJ!,, ^.ernCnt ,n.vcme> d manquer l’oblitération. Le premier procédé lui paraissait donc préférable.

/'rwxv/c de llicherand. — On incise parallèlement au membre, à raxers les tortuosités et les pelotons variqueux, à l'aide d’un bis-

(lii'mciiihVé'^ f,"i' PdDfre1j,ISfrc8"r ''aponévrose ; on choisit le point T e “ y.n 16 plus de varice« réunies; les incisions ont de

„ e’ssior’, 221,f:tlTètre8’ °n fnit sonir le« billots par la

mc c hl lT " Plfl'e dfi charpi®> «Oit à nu, soit sur un

"nfec criblé de trous. Au bout de trois ou quatre jours, l’appareil

ICO MÉDECINE OPÉRATOIRE.

levé, les orifices veineux sont oblitérés; on pause la plaie à l’ordinaire.

V. La résection. — On fait faire un pli à la peau et on l’incise; la veine étant mise à nu, on passe au-dessous une sonde cannelée, sur laquelle on coupe la veine tout près de l’extrémité inférieure de la plaie. Avec des pinces à disséquer on reprend le bout supérieur qu’on attire légèrement, et on l’excise avec des ciseaux ; de telle sorte que les deux bouts de la veine, en se rétractant, se cachent sous les lèvres de la plaie, et ne sont point en contact avec l’air extérieur.

Les anciens faisaient cette résection entre deux ligatures.

VI. L’extirpation. — On ne l’emploie aujourd’hui que pour les gros pelotons variqueux des jambes, ou pour des varices que leur position rend gênantes ou difformes. Si la peau est saine, on l’incise sur un pli, et l’on dissèque tout le paquet variqueux qu’on veut emporter. Si elle est adhérente, ou fait une incision elliptique, et l'on enlève avec les varices le lambeau de peau altéré.

VIL La cautérisation. — Les anciens employaient le feu; M. Bonnet (de Lyon) applique la potasse caustique sur divers points de la veine variqueuse, afin d'en obtenir l’oblitération en plusieurs endroits. On préfère généralement la pâte de Vienne.

VIII. L’électro-puncture. — Essayée par MM. Bcrtani et Milani, à l’aide d’aiguilles de platine plongées dans les tumeurs variqueuses, et d’autres placées à l’extérieur de la veine; on met les premières en relation avec le pôle zinc, les autres avec le pôle cuivre, et l’on fait agir la pile pendant 10, 20, 30 minutes. Des caillots se forment dans les varices; mais jusqu’à présent on n’a pas encore publié de cas suffisamment probants de guérisons complètes et un peu durables.

Appréciation. — De tous ces procédés, quatre seulement, l’incision, la section par le procédé de Richcrand, I extirpation et 1 électropuuclurc, se pratiquent essentiellement sur la région et sur les veines malades; les autres s’appliquent plus spécialement sur une partie saine du vaisseau, entre les varices et le cœur.

Leur efficacité doit être examinée sous deux points de vue : l’oblitération du vaisseau, qui entraîne toujours l’oblitération temporaire des varices mêmes, et la cure définitive. Pour oblitérer le vaisseau, les procédés qui s’appliquent entre les varices et le cœur méritent la préférence, mais le choix entre eux est difficile; et peut-être la ligature temporaire, suivant les idées de M. Wise, serait-elle encore la moins sujette aux dangers qui sont communs à tous. Mais pour

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