TRANSFUSION DU SANG
la cure radicale, aucune ne saurait la garantir : aux varices oblitérées en succèdent d’autres; ou bien le membre s’œdématie, etc. II est bien connu, maintenant, que par la ligature, la suture, la section, etc., on n’obtient qu’une oblitération temporaire, le sang reprenant son cours dans le vaisseau même qui avait été oblitéré. Ce phénomène a moins souvent lieu pour les varices attaquées avec le caustique: aussi lui donne-t-on la préférence.
Il faut ajouter qu’aucun de ces procédés n’est exempt de danger. La cautérisation paraît encore la moins périlleuse, et cependant A. Bérard l'a vue une fois déterminer une phlébite mortelle.
Pour les tumeurs variqueuses, on peut choisir, selon les cas, entre le procédé de Richerand et l’extirpation.
Art. II. — Transfusion du sang.
Accueillie avec enthousiasme au xvuc siècle, depuis tombée dans l’oubli, elle a été réhabilitée de nos jours dans certains cas de graves hémorrhagies. On transfusait autrefois le sang des animaux à 1 homme : bien que Blundcll ait fait voir qu’on peut infuser du sang d une espèce animale à une autre sans inconvénient, la transfusion ne se fait aujourd’hui qu’avec du sang humain.
Pi occdé de Blundell. — On met à nu l’une des veines sous-cutanées du pli du coude; puis, après avoir passé préalablement au-dessous un stylet boutonné ou une aiguille mousse pour soulever le vaisseau, et en rapprochant scs parois empêcher toute issue du sang, on y fait une ouverture capable de recevoir la canule d’une seringue à injection.
D’un autre côté, on saigne à l’ordinaire le sujet qui doit fournir le sang; le sang est reçu dans un verre conique; et, tandis qu’il coule, io chirurgien en charge sa seringue. Une précaution essentielle est d expulser l’air de la seringue, ce qui se fait en tenant la canule en •lut et poussant le piston jusqu’à ce que le sang sorte pur ; on enrouée alors la canule dans l’ouverture de la veine, et l’on pousse le piston avec lenteur et précaution.
La seringue de Blundell ne contenait que deux onces de sanga"MI ,lmis la Première transfusion qu’il lit avec Waller, ilréappliquà une deuxième fois sa seringue. Dans un autre cas, Doubleday lit sept injections successives, en tout 1-i onces. Goudin s’est servi d’une seringue de 8 onces; et M. Nélaton d'une seringue à hydrocèle de la même capacité.
On a conseillé de recevoir le sang dans un vase placé dans un bassin d eau tiède; il suffit que le vase soit cbaulTé à une température de 2o a 30", et il est bon d’en faire autant pour la seringue, on a aussi imaginé des appareils [.lus compliqués et moins faciles à manier que In seringue simple.
Quelques opérateurs se sont dispensés de soulever la veine sur un stylet; niais on expose ainsi le malade à perdre un peu de sang, et c’est toujours un danger à éviter. M. Nélaton a remplacé le stylet qui soulève la veine par une anse de Cl , ce qui est peut-être plus commode; mais il a introduit surtout une modiOcation très heureuse touchant l’incision de la veine. Le vaisseau soulevé par l’anse de CI, il saisit sa paroi antérieure avec une pince à disséquer, et le divise obliquement dans la moitié de son diamètre, de manièreà avoir un lambeau en V ; ce lambeau, relevé avec la pince, Ggure un petit entonnoir où la canule s’engage avec plus de sécurité.
Il y a deux dangers dans cette opération : le premier est l'entrée de l’air, que l’on évite à l’aide de la précaution indiquée; le second est la coagulation du sang, soit par l’excès de la chaleur, soit par le refroidissement. La quantité du sang à injecter peut être portée jusqu’à 400 grammes et plus; il paraît cependant qu’on a réussi avec une injection de 120 grammes. C’est l’efTet produit par la première injection qui doit servir de guideau chirurgien.