OPERATIONS SUR UES ARTICULATIONS
ainsi pratiquées, et jamais je n’en ai vu résulter le moindre accii dent. Une fois même une certaine quantité d’air a pénétré dans la i synoviale; je ne m'en suis pas autrement occupé, et le lendemain il était résorbé. Seulement la ponction n'est presque jamais que palliative , et le liquide reparaît promptement si l’on n’a pas recours en même temps à d’autres moyens.
Incisions sous-cütanées. — Procédé de M. Goyrand. — C’est sur le genou qu’il opérait. Il souleva la partie supérieure externe de la tumeur en uu large pli transversal qu’il donna à tenir à un aide, et i pressant de la main gauche sur la rotule et la partie inférieure de la tumeur pour distendre la partie supérieure, il plongea à travers le feuillet supérieur un ténotomc étroit sous les téguments; de là il incisa à plein tranchant l’aponévrose, les portions externe et moyenne du triceps, et le cul-de-sac supérieur externe de la synoviale. Etant ainsi entré dans l’articulation, il üt exécuter à l’instrument uu mouvement de demi-rotation sur son axe qui dirigea le tranchant en î avant, et débrida de la cavité articulaire vers la peau toutes les parties profondes, de manière à donner à l’incision une étendue de 15 à 18 millimètres; après quoi le ténotomc fut retiré; et sans chercher à vider la synoviale, il recouvrit la petite piqûre extérieure d'un I emplâtre de diachylon.
Le liquide s'infiltra dans le tissu cellulaire de la cuisse au-dessous du triceps; la compression en hâta la résolution, et le dix-neuvième jour le sujet sortait guéri.
Procédé de l'auteur. — Je fais une ponction avec un bistouri étroit; je laisse écouler la synovie, et je pratique sur la synoviale à droite, à gauche, en haut et en bas, des incisions sous-cutanées, sans agrandir la piqûre extérieure.
.1 ai obtenu ainsi quelques cures radicales; mais le plus souvent I hydarlhrose a récidivé. Je n’oserais cependant laisser la synovie s’épancher dans le tissu cellulaire, comme a fait M. Goyrand; si un abcès survenait ainsi, il s’ensuivrait les plus fâcheuses conséquences. D ailleurs, M. Goyrand ayant perdu de vue son malade au dixneuvième jour, on ne sait pas si la guérison s’est maintenue; et dans ce cas même, un succès unique ne prouverait pas que le procédé aura une efficacité constante. Ce que je puis du moins affirmer du mien, c’est que jamais je n’en ai vu résulter le moindre accident.
Injections iodées. — L’idée d'injections irritantes dans les articulations n’est pas nouvelle. Gay, en 1789, y fit avec succès des injections d’eau de Goulard, animée de tafia camphré; en 1830, M. Jobert a essayé des injections d’eau d’orge alcoolisée; enfin, en 1842, I MM. Bonnet et \ elpeau ont tenté les injections iodées, qui semblent appelées à rester dans la pratique.
MEDECINE OPERATOIRE.
La ponction se fait à l’ordinaire ; le liquide qu’injecte M. Bonnet se compose de : eau. 16 grammes; iode, 2 grammes; iodure de potassium, 4 grammes. M. Velpeau mêle simplement l’eau et la teinture d’iode, soit à parties égales, soit à la dose d’un tiers de teinture pour deux tiers d’eau.
On a obtenu ainsi quelques succès mêlés de revers; mais peutêtre les revers tenaient-ils à ce qu’on a essayé les injections dans des cas où l’hydarthrose n’était qu’un symptôme d’une affection plus grave. J’ai eu occasion d’y recourir plusieurs fois, et avec des résultats variés : une fois, le succès fut si complet, que les mouvements du genou furent conservés dans leur intégrité ; d’autres fois l’hydarthrose disparut, mais en laissant quelque roideur; dans d’autres cas elle a persisté ; et enfin chez un dernier sujet chez lequel trois injections n’avaient rien produit, la quatrième détermina une suppuration dans l’artère, et il en est resté jusqu’à présent des fistules opiniâtres.
2° Corps étrangers articulaires.
Ils peuvent se développer dans toutes les articulations; mais c’est principalement dans celle du genou qu’on les rencontre.
On a essayé deux méthodes : l’une purement palliative, qui a pour objet de fixer le corps étranger dans un point de l’articulation où il ne puisse nuire; l’autre qui consiste à l’extraire de la cavité articulaire.
Première méthode. — Fixation du corps étranger dans l’articulation même. — Il faut avant tout que le corps étranger se laisse ra- j mener au-dessus ou sur les côtés de la rotule; alors on a cherché à l'y fixer soit avec un emplâtre agglutinatif soutenu par un bandage (Middleton), soit à l’aide d’une genouillère bien matelassée et construite exprès (Gooch). On cite quelques cas de succès, soit que le corps étranger ait contracté en ce point des adhérences, soit qu'il ait été retenu par une sorte de juxtaposition.
Mais la réussite étant bien rare, M. Jobert a essayé un procédé qui devait l’assurer à peu près dans tous les cas: ce procédé consis- j tait à ficher dans le corps étranger, à travers la peau, des épingles destinées à la fois à le retenir en place, et à développer alentour une inflammation adhésive. Un premier essai n'a pas tenu ce qu on en attendait ; après plus de quinze jours, les épingles n avaient déterminé aucune inflammation, aucune adhésion; et il fallut y renoncer.
Deuxième méthode. — Extraction du corps étranger. — Il y ® deux procédés, selon qu’on veut absolument débarrasser I économie du corps étranger, ou qu’on sc borne à l’expulser de 1 articulation.