‹ Manuel de médecine opératoire (volume 5)Chapitre 69 sur 145 · OPÉRATIONS SCR LES ARTICULATIONS · texte numérisé non relu

OPÉRATIONS SCR LES ARTICULATIONS

Procédé ancien. — Le malade étant couché sur le bord du lit correspondant au genou affecté, la jambe étendue et placée sur un oreiller, le chirurgien cherche le corps étranger, et l’amène d’abord à la partie supérieure de l’articulation au-dessous de la rotule, puis à son côté interne, le plus près possible de l’attache de la capsule au condyle fémoral. Si cette manœuvre ne peut se faire, on recommande au malade de faire exécuter a la jambe les mouvements dans lesquels il a remarqué que le corps étranger se porte vers ce point; s’il est plus facile de l’attirer au côté externe, c’est de ce côté qu'on fera l’incision; si enfin ou ne peut l’amener en dedans ni en dehors, il faudra remettre l’opération à une occasion plus favorable.

Le corps étranger étant donc convenablement placé, l’opérateur le fixe lui-mème entre le pouce et l’indicateur gauches; puis, faisant tirer la peau en devant et eu dehors par un aide, il pratique dans la direction du membre une incision de 3 à 4 centimètres, qui divise à la fois les téguments et la capsule articulaire : si l’incision de cette dernière est trop étroite, on l’agrandit assez pour que le corps étranger la traverse sans en contondre les bords. Souvent le corps étranger s'échappe de lui-mème sous la pression des doigts ; sinon on l’extrait avec une curette ou une spatule, en évitant de froisser les parties qui composent l’articulation; si enfin il adhère à la capsule par un prolongement fibreux ou autre, on attire cette espèce de pédicule en dehors, et on le coupe avec des ciseaux. Quelquefois il se trouve deux corps étrangers, ou même davantage; on procède à leur extraction l’un après l’autre. Cependant, s’ils ne pouvaient être amenés vers l’incision qu’avec de grands mouvements, ou à l’aide d’instruments portés dans l’articulation, il vaudrait mieux les abandonner, pour les extraire plus tard par une seconde opération.

L’extraction achevée, on laisse revenir la peau sur elle-même l’incision de la capsule se trouve ainsi fermée et à l’abri du contact de l’air. On réunit la plaie extérieure par des bandelettes agglutinatives, et l'on’ applique de laj charpie imbibée d’eau blanche, puis des compresses et un bandage circulaire. On maintient la jambe étendue. Si l’on craignait quelque mouvement de la part du malade, on placerait une attelle derrière le jarret pour s'opposer à la flexion.

Bromfeild faisait tirer les téguments en bas; IL Bell, en haut; Desault, en devant, du côté de la rotule. Le choix entre ces divers procédés est assez indifférent; la précaution même de tirer la peau n'est point aussi importante qu'on le croirait, puisque la plaie extérieure doit être réunie par première intention. Il est toutefois plus prudent de la mettre en usage.

Mais je comprends moins l’utilité de l’extension du membre après l’opération. Cette position est plus pénible et expose davantage h la raideur que la flexion modérée; et la plaie étant bien fermée, une

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