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MEDECINE OPERATOIRE.
flexion légère avec immobilité du membre me parait de tout point préférable.
Procédé de il/. Goyrand. — Le malade étant couché, le chirurgien, placé à sa gauche, refoula le corps étranger dans la partie ex terne du cul-de-sac supérieur de la rotule, où il le fixa à 4 centimètres au-dessus de cet os, en continuant de le presser de bas en haut avec le pouce et l’index gauches. Il fit ensuite soulever par un aide la peau de la cuisse, au-dessus du corps étranger, en un large pli transversal, de manière à amener au voisinage de ce corps une portion de peau fort éloignée. Alors, s’armant d'un bistouri aigu, dont la lame portait 7 centimètres de longueur, avec 4 millimètres seulement de largeur à sa base, il le plongea de haut en bas à la base de ce pli ; et dirigeant la pointe vers le corps étranger, il incisa sous la peau, parallèlement à l’axe du membre, tous les tissus qui recouvraient ce corps; il fallut revenir à trois reprises sur ces tissus pour les diviser; après quoi l’opérateur sentit la concrétion fuir sous ses doigts : elle était sortie de l’articulation. Alors le bistouri fut retiré, l’aide laissa aller le pli de la peau, quelques gouttes de sang mêlées de bulles d’air sortirent par la piqûre, qui remonta à 8 centimètres au-dessus du point où la synoviale avait été divisée. Quelques bulles d’air restèrent même dans le tissu cellulaire sous-cutané, au-dessous de la piqûre.
Le corps étranger était logé entre les portions moyenne et externe du triceps, à G ou 7 centimètres au-dessus de l'incision de la synoviale. Une compression fut établie au-dessous, tant afin d empêcher sa rétrocession que pour tenir en contact 1 incision sous-cutanée, cette compression put être enlevée le sixième jour.
Mais quelques jours plus tard, deux autres corps étrangers s’étant montrés dans l’article. M. Goyrand répéta pour l’un d’eux la même opération, sei/e jours après la première, seulement en faisant son incision un peu en dedans de l’autre, et en incisant assez largement le triceps et l’aponévrose pour que le corps étranger pût arriver jusque sous la peau ; et s’il ne réussit pas tout à fait comme il l avait souhaité, du moins il le fit arriver jusque sous l’aponévrose.
Onze jours plus tard, présumant que toute communication devait être fermée entre ce dernier corps étranger et la synoviale, le chirurgien en fit l’extraction par une incision ordinaire; mais il ne voulut pas tenter la même opération pour celui «pii était resté sous le muscle vaste externe; et il pense qu’il vaut mieux se borner à les déloger de l’article et ii les laisser dans le tissu cellulaire, ou ils s enkystent sans donner lieu à aucun inconvénient.
3* Dca ankylosés ; création d'une articulation artificielle.
Un général, l ankylosc se traite par l’exercice et les topiques, ou
OPERATIONS Sl'R LES ARTICULATIONS.
parles appareils, et ne réclame point d’opération proprement dite; cependant Rhéa Barton (de Philadelphie) a ouvert une voie toute nouvelle à l'art en pratiquant, au lieu de l’articulation ankylosée, une articulation artificielle. Voici comment il fit cette opération, pour une ankylosé du fémur avec la hanche, le 12 novembre 1826.
La cuisse était fléchie à angle droit sur le bassin; le genou tourné en dedans et porté vers la cuisse saine, en sorte que la partie externe du pied était dirigée en avant.
1! fit d’abord une incision de 15 à 18 centimètres de longueur, commençant à 12 millimètres au-dessus du grand trochanter, et n'intéressaut que la peau; puis une seconde transversale de 12 à 13 centimètres d’étendue, traversant la première sur la partie la plus saillante du grand trochanter, et la convertissant en incision cruciale. Les quatre angles furent disséqués et écartés, l’aponévrose divisée, et les muscles qui recouvrent l’os au voisinage du grand trochanter détachés avec soin, en évitant de couper sans nécessité les fibres musculaires. Après avoir isolé l’os devant et derrière les deux trochanters, et obtenu ainsi un passage qui permit l’introduction des deux doigts indicateurs devant et derrière le col du fémur, jusqu’à ce qu’ils vinssent à se rencontrer en le circonscrivant, on se servit d'une scie forte et étroite pour faire, dans toute l’épaisseur de l’os une section transversale qui, commençant en dehors et dans le milieu du grand trochanter, se terminait en dedans vers la partie inférieure du col du fémur, un peu au-dessus de son implantation sur le corps de l’os. L’opération ne dura pas plus de sept minutes ; il n’y eut aucun vaisseau à lier. 1
La cuisse fut écartée, le genou tourné en dehors, le membre tout entier mis dans l’extension à l’aide de l’appareil de Desault, la plaie rennée a l’aide d’emplâtres agglutinatifs et de quelques compresses.
! Ü niP1??br,C malafle’ comparé au membre sain, parut plus court de I 1 2 millimétrés.
Iles le vingtième jour, le malade se trouvant assez bien, on commença à faire mouvoir le membre avec précaution; au soixantième jour la plaie était cicatrisée; le malade se leva en se soutenant sur ^ béf*n,llcs- Q"<irante jours après, il pouvait aller se promener • les mouvements de la nouvelle articulation étaient libres ; le nicd nouvait. i tre porté h 60 centimètres en avant, à 65 en arrière, à 50 en ne h ors, età 13 par la rotation en dedans Le raccourcissement était ■cger, et n occasionnait même pas de claudication.
,em! en.îrnCUyAC a tCnUi 1,1 mémc «Potion h l aide d’une incision eini-elhptique à concavité antérieure, pratiquée en arrière et au
l« se'rtion'du ro tr?chantfr; 11 "c Put> mal«ré tous scs efforts, opérer a section du col même, et, comme Barton, il scia l’os entre les deux
trochant^s Lf, malade guérit; mais il fut démontré qu’il n’y avait paa d articulation artificielle, et que tous le, mouvements sV paï
saient dans la région lombaire. Il en résulte qu’il ne faudrait rien tenter de semblable pour une simple ankylosé du fémur; mais que l’opération peut avoir une utilité réelle quand l’ankylose s’est faite dans une position qui ôte à la cuisse ses fonctions pour la station et la marche.
Les choses étant ainsi, peut-être, au lieu d’agir avec la scie à travers de longues incisions, conviendrait-il mieux d’introduire par une plaie étroite uu ciseau d’acier sur lequel ou frapperait avec un marteau de plomb, pour briser le col de l’os sans l'exposer autant au contact de l’air; et c’est ainsi que je me comporterais dans un cas analogue.
Dans les ankylosés complètes du genou, M. Louvrier avait imaginé une machine assez puissante pour briser l’union osseuse en redressant brusquement le membre. Le dégât se trouvait alors tout à fait hors du contact de l’air; et cependant, après quelques succès réels, il est survenu des revers si funestes, que cette machine est actuellement tombée dans un complet oubli.
Rhéa Bartou, et après lui Gordon-Buck et Platt-Burr, ont essayé de corriger l’angle formé par ces ankylosés, en retranchant un fragment cunéiforme, pris tout à la fois sur le fémur, la rotule et le tibia; mais cette opération se rattache directement aux résections qui feront l’objet d'un chapitre particulier.
-1° Luxations.
La réduction ordinaire des luxations n’est point rangée habituellement parmi les opérations chirurgicales proprement dites ; nous ne voulons pas contrevenir à cet usage. •
Il reste pour l’opérateur les cas de luxations anciennes où l’on a coupé les ligaments et les muscles, soit par des incisions ordinaires, soit par des incisions sous-cutanées; et les cas plus graves où une extrémité articulaire ayant déchiré les téguments, et s’étant fait jour au dehors de manière à rendre la réduction impossible, on conseille de réséquer la portion d’os saillante. Mais les sections musculaires n'ont pas donné jusqu’à présent des résultats bieu positifs; et les résections osseuses sont subordonnées dans leur exécution aux circonstances de l’accident même. Je renverrai donc tout ce qui a rapport à] ce sujet à mon Traité des fractures et des luxations.
5° Caries articulaires.
C’est pour cette affection qu’ont été imaginées les résections dont nous traiterous plus bas.