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OPERATIONS SUR LA CONTINUITÉ DES OS

Art. II. — Opérations qui se pratiquent sur la continuité des os.

Pour agir sur le tissu osseux, il est besoin d’autres instruments que pour diviser les parties molles. On peut ramener ces instruments à quatre classes, suivant leur manière d’agir.

Une règle commune à tous, c'est que les os sur lesquels on opère dohent être solidement fixés en position, et le plus souvent sur un plan solide ; s’il s'agit d’un os long, il faut l'assurer par ses deux extrémités.

I. La scie. — Ou en distingue plusieurs espèces : 1° selon leur épaisseur, depuis la fine scie d’horloger, qui sert pour les dents ou les phalanges, jusqu’à la grande scie à amputation ; 2° selon leur forme, on distingue les scies droites, les scies en crête de coq ou à dentelure convexe, la scie versatile de Scultet , la scie circulaire ou trépan ; et enfin la scie articulée, les ostéotomes de M. Heine, de M. Lesguillon, de. M. Charrière, etc.

La scie droite est tenue différemment, selon la forme de sou manche, toutefois toujours à pleine main, de manière à ne pas vaciller. Oii commence par lui tracer sa voie sur l’os en faisant agir la dentelure obliquement, et en la dirigeant avec l’ongle du pouce de la main gauche; la voie étant bien assurée, on relève la scie de manière qu elle agisse perpendiculairement, ou dans le sens indiqué par la maladie. On la fait agir à grands coups dans presque toute l’éteudue de la lame, en évitant toutefois de heurter l’os avec les bouts de 1 arbre fixé à cette lame. On appuie sur le tranchant en poussant la scie en avant; on l’abandonne à sou propre poids eu la retirant Dans ces mouvements alternatifs, on fait agir le bras môme, de façon que le coude avance et recule avec la scie. A mesure que la division de 1 os avance, on agit plus légèrement et à plus petits coups. Il importe beaucoup alors, quand on divise un os long, que les aides charges de maintenir ses deux extrémités aient soin de les tenir bieu parallèles; pour peu qu’elles s’inclinent d’un côté ou de l’autre ou bien on rétrécit la voie de la scie et on l'empêche de marcher ou bien on la Tait bâiller outre mesure, et l’on s’expose à faire éclater la portion d os qui reste à scier.

Plusieurs chirurgiens recommandent une autre manière d’agir qui

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21 * médecine opératoire.

La scie à crcte de coq marche de la même manière ; elle est moins aisée a conduire, et n'csl en usage que pour les portions d’os à scier où la scie droite est inapplicable.

La scie versatile de Scullet, à peu près oubliée eu France, pourrait toutefois offrir quelque utilité dans certains cas de résection.

Le trépan sera examiné spécialement plus loin.

La scie articulée ou à chaîne offre cet avantage, que sa dentelure peut prendre toutes les courbures désirées, et qu’on peut la passer sous l’os pour le scier de dedans eu dehors. L’opérateur la tient par un bout, un aide habile par l’autre, et ils lui communiquent des mouvements de va-et-vient, en ayant soin d’y mettre beaucoup d’accord.

IL Tenailles incisives. — Nommées aussi pinces à résection, elles varient beaucoup de grandeur et de forme. Les unes agissent comme les ciseaux, les autres comme des tenailles de maréchal ; et celles-ci ont les deux tranchants droits ou les deux tranchants concaves, etc. Elles agissent toujours par une double pression.

III. Le perforatif. — Pyramide aiguèà trois ou quatre angles, qu’on fait agir comme le trépan, et qui, en creusant des trous dans divers points de l’os, le rend plus facile à attaquer par d’autres instruments.

On peut ranger parmi les nerforatifs l’ aiguille trépan de Wcinhold, dont il sera parlé plus tard.

IV. Les instruments a tranchant unique : la rugine, dont on ne se sert guère que pour racler le périoste, ou tout au plus quelques parties d’os extrêmement ramollies; le couteau lenticulaire, dont on: empoigne le manche h pleine main, pour égaliser les bords d une section par la scie ; et enfin le ciseau et la gouge, qu on fait agir seuls ■ ou à l’aide d’un maillet de plomb. Je me sers avec avantage d une gouge à tranchant arrondi aux angles, que l’on manœuvre sans avoir besoin du marteau. Au reste, pour le marteau on préfère le plomb au fer, parce qu’il est moins élastique, et communique moins de secousses il l’os qu’on veut diviser.

Pour que le ciseau pénètre mieux, il importe de lui donner, relativement à la surface osseuse, une inclinaison de J5°.

La scie est le seul instrument dont on puisse se servir pour couper dans sa totalité un cylindre d’os compacte; le ciseau ne serait i pas assez puissant ; les pinces a résection feraient éclater I os ne esquilles. Ces. pinces, comme les ciseaux pour les parties molles, en conviennent que pour des portions d’os minces et spongieux; pour le tissu spongieux en général, la gouge est l’instrument qui coupe le

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