‹ Manuel de médecine opératoire (volume 5)Chapitre 76 sur 145 · IV. — De la carie · texte numérisé non relu

IV. — De la carie

Nous entendons sous ce nom la gangrène avec ramollissement du tissu osseux (1). On oppose à la carie les caustiques, le feu et la résection.

1" Les caustiques. — On commence par mettre à nu toute retendue de la carie, en anticipant même un peu sur les limites de l'os sain, et en enlevant toutes les végétations qui la recouvrent. Si ce premier temps de l’opération a causé beaucoup de douleur ou une hémorrhagie, on se contente de panser la carie axer la charpie sèche. De lendemain, on observe la quantité de pus écoulé; il ne doit y en avoir tout au plus que pour imbiber la charpie; si tout l’appareil en est inondé, il est certain que cette abondance de matière xient de quelque foyer caché, soit dans les os, soit dans les parties molles, et qu’il est important de reconnaître.

Du reste, si la carie est très superficielle, les cathérétiques légers suffisent, comme les teintures de myrrhe, d’aloès, la poudre d euphorbe, etc. Si elle est plus profonde, et surtout compliquée d un ramollissement très avancé, ce qu'on appelle vermoulure, il faut des caustiques énergiques. Mouro préconisait la pierre a cautère. J.-f. Petit préférait le nitrate acide de mercure. Il enlevait donc avec la rugine toute la partie d'os ve'rmouluc pour arriver près des limites du mal; puis il appliquait sur l’os un plumasseau imbibé de la liqueur caustique, garnissait de charpie le reste de la plaie, et maintenait le tout par un appareil convenable. Une seule application ne suffit pas : il faut la répéter jusqu’il ce qu'il ne coule plus de sanie des >

f | ) Voyez mon E.tsni sur l’ inflammation, l'ulcération cl In gangrené tlet oi [Archives generales tic méd., l8"2, t. XXX).

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porosités de 1 os carié, c'est-à-dire que le plumasseau et la surface de 1 os demeurent à peu près secs; ce qui indique qu’on a pénétré jusqu à la partie saine de l'os. Souvent, par ee moyen, Petit a obtenu une exfoliation complète en quinze ou vingt jours.

Mouro voulait qu'on cautérisât dès la première fois les parties molles de 1 ulcère, afin de les rendre insensibles pour les applications suivantes. J. -L. Petit recommande de les enlever dans toute 1 étendue occupée par la carie. Les modernes se contentent de disséquer les lambeaux assez loin pour les garantir de l’action des caustiques.

2 Le cautère actuel. — On met à nu la carie, et l'on enlève d’aboid avec la rugine, ou la gouge et le maillet, tout ce qu'il est possible d enlever, pour que l’action du feu agisse plus promptement sui la partie saine de l’os; on s’arrête quand on reconnaît la couleur et la consistance normale du tissu osseux, ou quand quelques gouttes de sang s échappent de ses vaisseaux qu’on divise. La plaie doit être pansée cette lois avec la charpie sèche; le lendemain , toute hémorrhagie ayant cesse, on procède à la cautérisation.

Il faut, avant tout, garantir les chairs voisines de l’action du feu. Petit les recouvrait de compresses mouillées, ou conduisait le cautère . travers un entonnoir de fer-blanc; mais le moyen le plus simple et le plus sur est celui que Pcrcy tenait de Camper. C’est du carton épais de 2 millimétrés, bien battu, poli des deux faces, qu’on nomme ca, ion hue, dont on découpe des bandes plus ou moins larges, selon la profondeur a laquelle se trouve l’os carié. Moyennant des plis faits a propre, on leur donne la forme d’un carré, d’une losange, etc., selon 7’df- 3 ,p aif ;.l|U?nd les marges de cette plaie sont élevées, le fixer avec ,c' ',ar S011 W* ressort, sinon, il faut le éHeur , ■ PmCpS à Pnnsement qu'on applique sur son bord ex- , 1 afl? 1 autrc hord appuie de plus près sur l’os; il serait

à i smface ° Cr 'C h,’r(l r,rofünd (Ic sorte qu’il s’accommodât Ulr m ïfSî; a"f 1 T1 “ |mrt(,rait a fai1* ‘ et Pourrait laisser n.der ,lÛ Üî£ “ "rfo!' "''tC W 'C Mire M ***** «■ On applique le feu à diverses reprises. La première fois on eau

il se pc.TTu’i|Ps’7 tran(,uill.iser lc malade; il faut même éviter, s m se peut, qu s aperçoive de la chaleur. Dans les annlications .m van tes on appuie davantage, surtout dans les endroits oA la carie

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cautère dès que le malade se plaint d’une sensation de brûlure plus vive qu’il n’en a encore éprouvé.

Après cinq ou six jours de la dernière application, les bords de l’escarre osseuse s’éloignent des chairs : du dixième au quinzième jour , si l’on appuie le doigt fortement sur le milieu de cette escarre , le malade y ressent une sensation douloureuse; c’est une marque certaine que l’os se sépare , et que déjà des chairs grenues s’élèvent par-dessous.

On juge, au contraire, quand ces signes manquent, que la cautérisation n’a point été suffisante. On attend cependant jusqu’au vingt-cinquième jour pour donner le temps d’agir à la nature; et passé ce terme, ou réapplique le feu suivant les principes indiqués. Si cependant les chairs qui bordent la carie venaient à pulluler outre mesure, on les réprimerait en passant à sec, ou en appliquant de temps à autre l’alun calciné, la pierre infernale, ou la solution de nitrate acide de mercure affaiblie avec l’eau de plantain (J.-L. Petit ).

3" La résection. — Elle se fait avec le trépan , les diverses espèces de scies, lesrugines, la gouge et le maillet; il n’y a ici d’autre règle que d’enlever complètement tout ce ([ui est altéré. Les grandes résections seront traitées plus loin.

Appréciation. — Les caustiques et le cautère actuel ont pour effet de transformer la carie eu une escarre sèche dont il faut attendre l’cxfoliation ; la résection met à nu immédiatement la portion saine de l'os, de laquelle s’élèvent des bourgeons charnus de bonne qualité. Cette dernière est donc plus prompte ; elle est d’ailleurs la seule à employer pour les os voisins des viscères que l’action du feu surtout pourrait offenser, et au voisinage des articulations. On a vu qu’il est souvent indispensable d’y recourir avant de mettre la cautérisation en usage. Pour celle-ci, les caustiques ne convicnuent que quand la carie est légère et superficielle, et le feu a toujours plus d’efficacité;

y, — De la nécrose. Extraction' du séquestre.

Anatomie. — Lorsque tout ou partie de l’épaisseur d'une diaphyse osseuse a été nécrosée, il se forme alentour un tube osseux nouveau (pii enferme le premier de toutes parts, si ce n’est dans les points où l'os primitif était exposé au contact de l’air; de plus, à travers cette enveloppe se creusent bientôt des trous par ou la suppuration s’échappe, cl (pie l'on nomme cloaques (Weidmann). La pièce dos ainsi enclose a reçu le nom de séquestre. L'os nouveau passe d ailleurs par les degrés d'ossification ordinaires , depuis l’état flbro-cartilagineui jusqu'à l’éburnation ; d'où celle conséquence importante, qu’il ne faut pas tenter trop tôt l'extraction du séquestre, de peur

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