‹ Manuel de médecine opératoire (volume 5)Chapitre 77 sur 145 · DE LA NÉCROSE · texte numérisé non relu

DE LA NÉCROSE

que l’os nouveau , encore trop mou , ne sc déforme par l’action musculaire ; ni trop tard , de peur qu’arrivé à l'état d’éburnation , il n’offre à l’opérateur une excessive résistance ( Bousselin ).

Procédé opératoire. — Ou fait choix à l’avance du lieu où les parties molles sont le moins épaisses et où il existe de plus grandes ouvertures de communication entre le séquestre et l’extérieur; s’il y a plusieurs de ces cloaques ranges sur une ligne verticale, il suffira d’enlever une ou plusieurs des espèces de ponts osseux qui les séparent ; sinon on choisit celle des ouvertures qui est la plus grande, qui se rapproche le plus de l’une des extrémités du séquestre, et de l’inférieure de préférence.

Le malade doit être couché, le membre reposant dans toute son étendue sur une planche garnie d’un drap en plusieurs doubles , et offrant d’ailleurs à découvert la partie sur laquelle on doit opérer. Après s’ètre assuré de nouveau de la disposition et de la mobilité du séquestre, ou pratique sur les eûtes de l’ouverture préférée deux incisions semi-elliptiques , d’une étendue convenable , et qui , so rejoignant a chaque extrémité , circonscrivent un lambeau de peau qu'on enlève. S’il s’écoulo trop de sang à la suite de cette dissection, on panse la plaie à sec, et l’on remet le reste au lendemain ou à un outre jour.

On s’occupe ensuite d'agrandir le cloaque, de manière il se rapprocher de l’une des extrémités du séquestre; si l’os est encore tendre, on peut se servir d’un fort bistouri; sinon ou a recours an trépan ou à la gouge. On fait donc avec le trépan autant d’ouvertures qu’on le juge convenable, et l’on détruit avec la scie en crête de coq les intervalles osseux qui les séparent. Ce moyen est plus doux que la gouge, et doit être préféré pour peu que l’os ait acquis une certaine dureté. L’extrémité du séquestre étant donc mise à nu , on la saisit avec de fortes pinces; on l’incline de cêté et d’autre pour la détacher, et on l’extrait ainsi sans employer de violence, de pour de déchirer la membrane qui revêt l’intérieur du nouvel os ; quelquefois meme on est forcé de mettre le séquestre à nu dans toute sa longueur. Dans tous les cas, il faut user de ménagement, pour ne pas s exposer a rompre ou à courber le nouvel os.

Le séquestre enlevé, on garnit mollement la plaie avec delà charpie, et on la traite comme une plaie qui doit suppurer. Quand la Cicatrice sera terminée, il faudra encore, avant de permettre au malade l’usage de son membre, attendre que l’os nouveau soit assez solide, et |a perte de. substance qu’il a subie assez bien réparée pour " avoir ii craindre ni une incurvation, ni une fracture. Cette re- ! rommaridalion est surtout importante quand il s’agit d’un os des i membres inférieurs.

On a aussi recours à la médecine opératoire dans certains cas de ; racUlrcs compliquées, pour remédier aux pscudarlhroses ou bien

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encore aux graves difformités du cal. J'ai fait l’histoire de ces opérations dans mon Traité des fractures , et je me borne à y renvoyer le lecteur.

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