III. — Ancvrysiucs ai'térioso-veincux
Ces anévrysmes présentent un grand nombre de variétés, l'une dans laquelle il n'y a qu'une dilatation plus ou moins considérable de la veine, les autres dans lesquelles il existe un véritable sac placé, soit sur la veine, soit sur l'artère, soit entre la veine et l'artère (fig. 133, 134, 135, 136, 137, tirées d^ Broca, Anévr,)
Toutes les méthodes tentées contre l'anévrysme circonscrit ont été essayées contre l'anévrysme artérioso-veineux, mais avec des chances fort différentes.
ANÉVRYSMES ARTÉRIOSO-YEINEUX.
MÉTHODE ANCIENNE. OuveHure du sac. — On commence par mettre le sac à nu, à l'aide d'une incision suffisante; après quoi on l'ouvre, et l'on va à la recherche de Torifice de l'artère, pour lier le vaisseau au-dessus et au-dessous.
Ce procédé est beaucoup plus périlleux ici que dans l'anévrysme artériel, attendu que les veines, ouvertes nécessairement avec le sac, sont exposées à la phlébite.
Deuxième méthode. Ligature.
procédés.
On a tenté jusqu'ici trois
FiG. 137. FiG. 138.
FiG. 139.
FiG. UO.
FiG. 141.
Varice Anévrysme
Anévrysme
Anévrysme
Anévrysme
ané- variqueux, dila-
variqueux
variqueux
variqueux
vrysmale. tation simple
à kyste
à kyste
à kyste
de la veine.
veineux.
artériel.
intermédiaire
1° La ligature de V artère au-dessus de la tumeur. — Ce procédé a d'abord contre lui son inefficacité presque absolue. A peine cite-t-on deux ou trois cas où la guérison a été obtenue, par Lallemand et Porta, non encore sans de graves accidents; mais il doit être surtout rejeté à cause de ses dangers. La gangrène s'est montrée ici hors de toute proportion avec les autres anévrysmes. Sur cinq sujets opérés d'aaévrysmes variqueux par la ligature de la fémorale, trois ont succombé à la gangrène du membre, et un est mort d'hémorrhagie. Trois autres, traités par la ligature de l'iliaque externe, ont succombé tous les trois : deux à une hémorrhagie survenue le cinquième jour, et le troisième à la gangrène du membre.
V La double ligature avec ouverture du sac. — Elle n'est
guère autre chose que la méthode ancienne. Pratiquée plusieurs fois par Roux et d'autres, elle se faisait à l'aide d'une incision qui, mettant à nu l'artère et la tumeur, exposait à ouvrir les veines, et accumulait les difficultés.
3° Double ligature sans ouverture du sac. — Au lieu de faire une incision sur la tumeur, Malgaigne, le 15 juillet 1850, lia successivement, au travers de deux incisions séparées, l'artère huméraie au-dessus et au-dessous du sac. Il n'y eut aucun accident, et vingt-deux jours après, la guérison était complète. Voici comment il décrit son opération :
Le malade couché et préalablement éthérisé, le bras étendu sur le lit, je fis, immédiatement au-dessous de la tumeur, et sur le trajet de l'artère, une incision verticale d'environ 2 centimètres et demi. Je divisai la peau d'abord, puis le tissu cellulaire, écartant avec soin la veine médiane basilique, qu'un aide attira en dedans avec un crochet mousse ; je divisai l'aponévrose sur la sonde cannelée dans la même étendue que la peau; puis, guidé par les battements de l'artère, je la mis à nu et la liai assez profondément dans la plaie. Je procédai alors à une seconde incision au-dessus de la tumeur; l'artère fut mise à nu et liée avec les mêmes précautions, et j'obtins ainsi une guérison radicale.
Norris (de Philadelphie) paraît avoir pratiqué la même opération en 1842, mais l'existence d'une collatérale entre les deux ligatures ayant amené une récidive le neuvième jour, Norris, deux jours après, ouvrit le sac. Le malade guérit..
Il est important de commencer à lier le bout inférieur, afin d'être toujours dirigé, dans la seconde ligature, par les battements de l'artère. L'opération est bien un peu délicate, mais elle est sûre, et c'est à peine s'il y a quelques gouttes de sang répandu.
Dupuytren avait proposé de lier l'artère et la veine; procédé non encore appliqué et qui laisse craindre la phlébite.
Troisième méthode. Compression snr la tumeur. — La compression n'a pas plus d'inconvénients ici que dans les anévrysmes artériels. En général, elle a d'abord pour effet de fermer l'ouverture de la veine, ce qui suffit pour la guérison de l'anévrysme variqueux proprement dit ; sinon, la tumeur est du moins réduite à la condition de l'anévrysme purement artériel, et se guérit de de la même manière que celui-ci.
Guattani, en 1771, avait guéri son malade dont l'anévrysme variqueux s'était transformé en varice anévrysmale par l'oblitération de la tumeur.
ANÉVRYSMES CIRSOÏDES. 289
Nélaton obtint par la compression quatre guérisons. Deux malades furent guéris par la compression directe ; chez le troisième on guérit l'anèvrysme, devenu seulement artériel, par la ligature de l'humérale; chez la» quatrième, la guérison fut complétée par la compression digitale de l'humérale.
Brown (de Dublin), en 1836, avait également guéri par la compression directe un anévrysme du pli du coude, datant de six jours.
Richet fat moins heureux en 1869, bien qu'il eût joint à la compression directe la compression à distance. La tumeur s'accrut, Richet eut recours à l'ouverture parla méthode ancienne; le malade mourut d'infection purulente.
Compression directe sur la tumeur et indirecte sur V artère. — Vanzetti eut l'idée heureuse d'appliquer simultanément la compression digitale et indirecte sur l'artère et la compression directe sur l'anèvrysme; il a dû à celte méthode de remarquables succès qu'il communiqua à la Société de chirurgie.
Quatrième méthode. Formation directe de caillots. —Il est trop évident que l'acupuncture, la malaxation, n'offriraient aucune chance de succès. Voillemier a essayé une fois le galvanisme ; les caillots formés n'ont pas tardé à se dissoudre. Jobert a mieux réussi avec l'injection de perchlorure de fer, mais Léger et Chabrier ont amené la mortification de la main et d'une partie do l'avant-bras.
A mon avis, la cure des anévrysmes artérioso-veineux ne peut être tentée que par deux moyens : la compression sur la tumeur, aidée par la compression de l'artère, et, si cela ne suffit pas, la double ligature pratiquée par le procédé de Malgaigne.
Mais il ne faut pas oublier que les anévrysmes artérioso-veineux se distinguent des anévrysmes artériels par leur bénignité relative. Sur huit exemples connus de communication traumatique entre la carotide et la jugulaire interne, six fois il n'en est résulté pour les malades qu'un peu de gêne. Il ne faut donc intervenir par une opération que dans les cas où la maladie, contitinuant ses progrès, met en péril la vie du malade, ou, comme pour l'humérale au pli du coude, les fonctions du membre.