IV. — Xigaturc de l'artère péronièrc
Trop profondément placée en haut de la jambe, et trop peu importante en bas, on ne peut guère songer à la lier qu'à l'endroit où le soléaire s'isole des jumeaux, un peu au-dessus du milieu de la jambe. Là, elle longe la face postérieure du péroné, tantôt entre les fibres du muscle fléchisseur du gros orteil, ou entre lui et le jambier postérieur. Voici le procédé qui m'a paru le plus sûr.
Procédé de l'auteur. — On cherche d'abord le bord externe du péroné, point essentiel de ralliement, et, à 3 ou -4 millimètres en arrière, on fait parallèlement à l'os une incision de 7 à 8 centimètres. Surlaplupart des sujets, après l'incision de la peau et de l'a-
ponévrose, le bord de l'os estfacile à reconnaître à l'œil et au doigt ;
FiG. 182.
face postérieure de la jambe droite (couche superficielle).
Fig^. 182. — a. Muscle vaste externe. — A. Biceps. — C.Demi-mcmbran. — D.
Demi-tendineux. — e. Droit interne. — F. Couturier. — G. Jumeaux. — H. Long péronierlat. — K. Long flécli. des orteils. — 1. Artère popl. — 2, Veine popl. — 3. Nerf sciât, popl. int. — 4. Veine saph. externe, — 5. Veine saph. interne.
FlG. 183.
FACE postérieure DE LA JAMBE DROITE
(couche profonde).
Fig.183. —a,b,c,d,e.f, g, hk. — i,2, 3 (comme fig. i83). — i. Plant, grêle.
— l. Solcaire. — 7?i. Long fléch du gros orteil. — n. Court péronier lat.
— 4. Nerf tib. post. — 5. Art. tib.
post. — G. Art. péron. — 7. Veines tib. post. — 8. Art. plantaire int.
chez d'autres, il est caché par le bord externe du muscle soléaire ;
dans tous les cas, il faut décoller légèrement ce muscle, et le re-
FIG. li
FiG. 185.
LIGATUBE DES ARTERES PERONIERE ET TIDIALE ANTERIEURE.
Fijï. i84. — A.Art.tibiale antérieure. — BB'. Veines tib. ant. — A'. Art péronière. — a. Art.iicdieuse. — G. Nerf lih.ant.— 1. Jamb. ant.— 2.Péron.
latér. - 3. Extenseur comni. des orteils. — 4.E.\tens.prop. du gros ort.
— 5, lilxt.comni. écarté par une érigne.
— 6. Long néoh. propre détaché du péroné.— 7.Soléaire.
Fig. 185. — a. Peau. — b. Aponév.= 1/3 supr. — G. Ext. comm. — dJ&mh.
ant.— A. Art. tib. ant. = 1/3 inf^ — Id. — d. Ext. prop. = Péronièrk.
-r G. Pérou, latér. — d. Soléaire et long llccli. propre.
pousser en dedans avec le doigt; alors seulement on aperçoitnetlement le bord de l'os, qui va servir de point de départ. En dehors, il est longé par le long péronier latéral, en dedans et en arrière, par le fléchisseur propre du gros orteil, qui s'insère à la face postérieure de l'os. Au lieu de rejeter ce muscle en dehors, comme dans le procédé de Lisfranc, on le décolle de ses attaches au péroné pour le rejeter en dedans, et l'on trouve l'artère à son côté interne.
11 faut toutefois être bien averti que ce muscle présente à sa face antérieure ou profonde une aponévrose assez forte, qu'il faut diviser pour arriver au vaisseau ; j'ai vu des opérateurs fort embarrassés parce qu'ils s'étaient bornés à diviser les fibres charnues et qu'ils cherchaient l'artère sur cette aponévrose, tandis qu'elle est immédiatement au-dessous.
Du reste, je ne connais qu'un seul exemple de ligature de cette artère sur le vivant. Guthrie fut obligé de le pratiquer pour des hémorrhagies secondaires, chez un soldat frappé d'une balle à Waterloo : après une incision longitudinale de près de 18 centimètres, il lui fallut en faire une autre en travers, rabattre les deux lambeaux; encore, à travers le gonflement et l'engorgement des tissus, il eut tant de peine à découvrir l'artère, qu'il fut obligé de comprendre, en masse, dans une ligature passée à l'aide d'une aiguille, l'artère etune portion des chairs qui l'entouraient.
Étendue depuis l'anneau du troisième adducteur jusqu'au bord supérieur du soléaire, et occupant ainsi à peu près le quart inférieur de la cuisse et le cinquième supérieur de la jambe, elle traverse l'espace pophté, d'abord un peu obliquement de haut en bas et de dedans en dehors, puis presque perpendiculairement sur la hgne médiane, un peu rapprochée cependant du côté interne. Supérieurement, elle a la veine et le nerf poplités à son côté externe ; un peu plus bas, ils la croisent en passant sur sa face postérieure, en sorte que la veine est en dedans inférieurement. Terrier a montré àla Société de chirurgie une anomalie du jumeau interne quinais- , sait par deux chefs, l'un du condyle du fémur, l'autre de la partie |. inférieure de la ligne âpre. L'artère poplitée passait entre le jumeau normal et le chef accessoire, de sorte que dans la ligature à la partie inférieure du losange poplité, on aurait trouvé succes- \ sivement, de dehors en dedans, le nerf, puis la veine, enfin le chef accessoire du jumeau, qu'il eùl fallu couper pour trouver l'artère. On peut lier l'artère pophtée en deux points principaux :
1*» A sa partie inférieure. Procédé de Lis franc. — Le malade couché sur le ventre, la jambe étendue, on reconnaît avec le doigt