‹ Manuel de médecine opératoireChapitre 203 sur 310 · III. — Ablation du premier os métacarpien · texte numérisé non relu

III. — Ablation du premier os métacarpien

Proposée par Barbier en 1804, exécutée depuis avec succès par Koux, Blandin et d'autres. Je renverrai, pour les données anatomiques, à l'amputation du pouce.

On fait le long du bord radial de l'os une incision qui dépasse ses deux articulations de 1:2 millimètres en avant et en arrière ; un excellent moyen de tendre la peau pendant cette incision consiste à embrasser de la main gauche la main du malade, pour attirer les téguments en avant et en arrière de Tos. Puis on détache avec précaution la peau et le tendon extenseur de sa face dorsale, et successivement de sa face palmaire les muscles de l'éminence thénar. Un aide écarte fortement les lèvres de la plaie ; le chirurgien porte la pointe du bistouri sur le côté externe de Tarticulation carpienne, divise le tendon du long abducteur qui s'attache à l'os du métacarpe, et traverse l'articulation. Il saisit alors l'os avec des pinces à mors courbes, pour glisser le bistouri le long de sa face interne, et en séparer complètement les chairs. Enfin on détruit son articulation avec la phalange, en attaquant successivement le ligament latéral interne, puis l'externe, et en dernier lieu l'antérieur.

Après la guérison, le doigt est raccourci et d'abord incapable d'aucun usage : il reprend peu à peu presque tous ses mouvements naturels.

Cependant ce résultat n'est pas constant, car j'ai observé à Milan, en 1859, une femme ayant subi cette résection et dont le pouce sans force n'était d'aucun usage.

Au cas où la première incision ne suffirait pas, on en ajouterait deux autres à ses extrémités, selon la méthode générale indiquée.

FiG. 219.

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