RÉSECTION DU PREMIER MÉTACARPIEN
RÉSECTIOxN DU POIGNET. 487
Iv. — Ablation des aatres os du métacarpe.
On enlève assez aisément l'os métacarpien de l'index, moyennant une incision sur son côté externe, et celui du petit doigt à l'aide d'une incision sur son côté interne.
Je comprends sous ce titre les résections qui se pratiquent à la fois sur le radius et la première rangée des os du carpe, et qui
FiG. 2-20.
DISPOSITION DES TENDONS A LA FACE POSTÉRIEURE DU POIGNET. INCISION DE LISTER.
A, tendon du cubital postérieur; — B, de l'extenseur commun; — C, du long extenseur du pouce; — D, du second radial externe; — E, du premier radial externe; — F, de l'extenseur propre du petit doig-t.
ouvrent tout au moins les deux grandes synoviales. Il faut se souvenir en effet que la synoviale radio-carpienne ne tapisse que
le radius et la face supérieure des trois premiers os de la première rangée ; mais pour peu qu'on entame les ligaments qui réunissent ces derniers, on ouvre l'autre grande synoviale qui tapisse tous les os du carpe, le pisiforme excepté, et se prolonge encore sur le deuxième et le troisième métacarpiens. Au reste, la carie peut s'étendre aussi bien en haut sur le cubitus et en bas sur les os du métacarpe.
Outre cette disposition des synoviales articulaires, qui n'apporte pas un petit danger, un autre non moins grand naît de la disposition des synoviales tendineuses. Ainsi, en avant, la résection met à nu le paquet des tendons fléchisseurs des doigts avec leurs synoviales si étendues. Au moins est-il possible encore de ne pas les ouvrir; mais en arrière on ne saurait éviter de léser la plupart des synoviales des tendons extenseurs; et les tendons répartis à la face dorsale rendent l'opération même extrêmement difficile, quand on cherche à les ménager. On trouve d'abord, au côté exlerne, l'épiphyse radiale croisée par les tendons du grand abducteur et du petit extenseur du pouce, au-dessous desquels passent ceux des deux radiaux externes. Plus en arrière se présentent successivement, de dehors en dedans, le long extenseur du pouce avec une synoviale propre, l'extenseur propre de l'index, les quatre tendons de l'extenseur commun, tous logés dans une gouttière creusée sur le radius et étroitement appliqués contre cet os; puis l'extenseur propre du petit doigt, logé dans une gouttière spéciale qui répond à l'articulation radio-cubitale; et enfin le cubital postérieur, seul en rapport avec le cubitus.
On a varié les incisions extérieures ; mais ce qui établit entre les procédés une différence plus importante, c'est la conservation ou le sacrifice des tendons.
1° Conservation de tous les tendons. Procédé de Roux. — On pratique, le long du bord externe du radius et du bord interne du cubitus, deux incisions longitudinales qui se terminent au niveau de l'articulation radio-carpienne, et deux autres transversales, étendues en arrière depuis la partie inférieure des premières jusque sur le côlé du paquet des tendons extenseurs. On obtient ainsi deux lambeaux en L, qu'on dissèque; on isole ensuite tous les tendons postérieurs dans une étendue suffisante pour passer derrière eux une compresse, ou une plaque de carton. On scie alors le cubitus; puis un aide renverse fortement la main en dehors, pour aider l'opérateur à séparer le fragment osseux de ses attaches avec le radius et le carpe. Enfin l'aide renverse la main en dedans, et il est facile alors, ou de scier le radius
comme on l'a fait pour le cubitus, ou de le désarticuler d'abord, pour le luxer et le réséquer ensuite. La plaie qui en résulte est, d'après Roux, assez large pour que les os du carpe puissent être amenés à sa surface, et emportés autant que l'exige l'étendue du mal.
Procédé de Dabled.— Il se contente d'une seule incision longitudinale sur le côté de chaque os, en commençant toujours par le cubitus. Il fait porter la main en dehors, détruit l'articulation cubitale, et luxe l'os avant de le réséquer. Puis il passe au radius, qu'il excise de la même manière.
Procédé de Velpeau. — Velpeau, au contraire, réunit complètement les incisions longitudinales par une incision transversale sur le dos du poignet, de manière à avoir un lambeau quadrilatère à base inférieure, n'intéressant que la peau qu'on dissèque et qu'on renverse sur la main. Les tendons écartés autant que possible, il détache les chairs de la face palmaire des os, passe sous ces derniers une plaque protectrice, et scie les deux os à la fois; puis les renverse et les détache des os du carpe.
Fi G. 221.