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PROCÉDÉ DE BUTCHER

192 OPÉIUTIONS GÉNÉHALES.

Pratiquement, le meilleur procédé est celui de Lister, car il ménage les tendons principaux tout en rendant l'opération relativement facile. Bœckel, en adoptant la même incision radiale, suporime l'incisioa cubitale antérieure; mais il se crée ainsi des difficultés que ne compense pas une amélioration notablement plus grande du résultat.

Un point important est le dégagement de la face antérieure des os du carpe, car on s'exposerait en procédant par dissection à ouvrir largement les gaines des fléchisseurs et à blesser l'arcade palmaire profonde. Il faut donc saisir ces os les uns après les autres avec un davier, après avoir sectionné leurs ligaments dorsaux, et les énucléer. La difficulté principale siège au niveau du trapèze, du pisiforme et de l'apophyse de l'os crochu; aussi est-il préférable de laisser tout d'abord en place les deux premiers os, qu'on enlève s'il y a lieu à la fin de l'opération, et l'on coupe avec des cisailles l'apophyse de l'os crochu.

Si, maintenant, en dehors de la préférence à donner à tel ou tel procédé, nous recherchons quels sont les résultats obtenus par la résection, ils nous paraîtront tout d'abord assez défectueux.

Champion avait vu pratiquer cette résection par Moreau père, en 1794; le sujet avait succombé. Roux a mis son procédé en usage dans un cas oîi il put se borner à la résection du radius €t du cubitus; un an après, la main restait sans mouvement, et de nombreuses fistules rendaient l'amputation imminente. Le procédé de Stanley a été appliqué par Erichsen, par Fergusson : chez le premier sujet, la résection porta sur le radius, le cubitus, et la première rangée du carpe; l'opéré succomba au bout de dix mois, avant même d'avoir vu sa plaie cicatrisée. Fergusson enleva une fois la plupart des os du carpe, en se bornant à nettoyer avec la gouge l'extrémité articulaire du radius. Six mois après, il fallut procéder à une nouvelle résection ; trois mois plus tard, on sentait encore des os cariés au fond de la plaie. Sur un autre opéré, il emporta tous les os du carpe, à l'exception du trapèze, l'apophyse styloïde du radius et la base de trois métacarpiens; au bout de neuf mois, le sujet fut renvoyé de l'hôpital avec une suppuration abondante et ne fut pas revu depuis. Un troisième était presque guéri, dit l'observation, lorsqu'il mourut de phthisie. A peine si j'ose parler d'un autre individu opéré par Simon, par un monstrueux procédé consistant en deux incisions longitudinales médianes, l'une sur le dos, l'autre à la paume de la main; il enleva ainsi tons les os du carpe, sauf le trapèze et le pisiforme et réséqua la tête j d'un

métacarpien; l'opéré mourut treize mois après, sans cicatrisation.

Butcher a appliqué son procédé sur une femme qui succomba le huitième jour.

Souvent, quand les opérés ont échappé aux premiers périls, ils traînent pendant longtemps un membre aussi malade qu'auparavant, et pour lequel l'amputation est la dernière ressource. C'est ce qui est arrivé pour une malade de Bœckel, laquelle paraissait guérie lorsque l'observation fut publiée ; mais Bœckel, dans son mémoire de 1867, nous apprend que la maladie a reparu et que l'amputation est la seule ressource. Ces cas sont assez fréquents, et il n'est pas douteux que la guérison complète soit assez rare. Cependant on en possède des exemples sur les opérés de Green, J.-F. Heyfelder, Lister. Sur 15 résections failes par ce dernier chirurgien, il y eut 2 morts, 1 insuccès complet, 2 guérisons douteuses et 10 guérisons. Ce n'est donc pas, comme le disait Malgaigne dans la dernière édition de cet ouvrage, « une opération déplorable et qu'il est temps de rayer absolument de la pratique ». Aucun appareil prothétique ne peut remplacer une main, même défectueuse; la conservation est ici une règle dont il ne faut s'écarter que lorsqu'on ne peut faire autrement. L'immobilité complète du poignet longtemps prolongée, aidée de la compression, procurera des guérisons à ceux qui les chercheront patiemment et assidûment; la résection trouvera ensuite sa raison d'être en cas d'insuccès. Quant "à l'amputation, cet aveu d'impuissance de la part du chirurgien, on n'y aura recours qu'à la dernière extrémité.

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