VI. — Ablation de l'astragale
La résection totale de l'astragale a presque toujours été provoquée par des luxations compliquées ou par des luxations irréductibles de cet os. Comme toutes les opérations auxquelles conduisent les nécessités pratiques, l'ablation de l'astragale a été faite avant qu'on eût songé à poser ou à discuter les indications et l'utilité de cette résection, car elle fut pratiquée en 1680 par Fabrice de Hilden. 0. Heyfelder, dans son mémoire, rapporte 57 cas de résection totale pour luxation compliquée. H y eut 9 morts et 3 amputations consécutives. Dielz, Nalham, J.-F. Heyfelder, les deux premiers avec succès, réséquèrent l'astragale atteinte parla carie.
Dans un travail présenté à la Société de chirurgie, Broca est arrivé à cette conclusion que, sur 86 extirpations de l'astragale, 17 seulement ont été suivies de mort, et ces 17 cas mortels appartiennent tous à la série des faits dans lesquels on a pratiqué la résection immédiate. Au contraire, dans les 27 cas d'ablation consécutive, il n'y eut aucun cas mortel, et une seule fois on dut recourir ultérieurement à l'amputation.
Peu juslifîée dans la carie, la résection est préférable à l'amputation dans les cas de luxation compliquée; elle est alors .formellement indiquée. Quant à la manœuvre opératoire, elle est des plus simples : une incision de la peau faite sur le point soulevé par l'os permet de saisir l'astragale avec un davier et de la dégager de ses dernières attaches. La seule précaution à prendre est de ménager la pédieusc et les tendons.