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AMPUTATION DANS LES CONDYLES

Procédé de Syme,

Pi'océdé de Carden.

incision semi-lunaire en avant, longeant le bord inférieur de la rotule ; traverse alors d'un côté à l'autre les chairs de la partie postérieure du membre, pour tailler un lambeau très long et assez épais dans les muscles du mollet ; après quoi il porte la scie dans les condyles, de manière à enlever toute la surface articulaire malade. Un point important dans ce procédé est de tailler très long le lambeau postérieur; il faut, selon Syme, qu'il comprenne toute la longueur des muscles gastro-cnémiens.

Syme ne parait pas avoir été très satisfait de son procédé, car, en 1865 et 1866, il employa trois fois le procédé suivant :

Procédé de Carden. — Carden (de Worcester) a proposé de tailler le lambeau aux dépens de la peau du genou. Il décrit ainsi son procédé : L'opérateur, placé à droite du membre, le saisit entre le pouce et l'indicateur gauches au point où se formera la ■base du lambeau; il introduite ce niveau la pointe du couteau et taille de dehors en dedans un lambeau arrondi dont le sommet descend au-dessous de la rotule; puis, au niveau de la base du lambeau, il traverse tout le membre avec le couteau dont le tranchant est dirigé en bas et coupe transversalement tout ce qui est en arrière de l'os. Le lambeau antérieur, formé seulement parla peau, ne comprend pas la rotule qu'on enlève.

Procédé de Gritti. — Au lieu d'enlever la rotule, Gritti, de Milan, la laisse dans le lambeau, scie les condyles du fémur, résèque la face articulaire de la rotule et applique les os sur la surface avivée du fémur, comme le fait Pirogoff pour l'amputation tibio-tarsienne. La rotule ne peut être mise en rapport avec le fémur qu'après la section du tendon du triceps faite dans la plaie.

Appréciation. — L'amputation delà cuisse est la plus grave de toutes. .Sa gravité augmente avec la hauteur à laquelle se pratique l'amputation.

Les opérations de Gritti et de Carden, très peu pratiquées en France, l'ont été assez souvent en Angleterre, en Allemagne et en Russie. Tout d'abord, je suis peu partisan de l'opération de Gritti; la conservation de la rotule me paraît être une complication inutile qui ne remplit pas le but qu'on se propose. On veut permettre au malade de prendre point d'appui sur l'extrémité du moignon; or, ce n'est pas sur la rotule, mais sur la tubérosité du tibia qu'on s'appuie dans la station à genou. La rotule, même quand on peut l'amener à se souder perpendiculairement à l'axe du fémur, est peu faite pour supporter le poids du corps, et l'existence de la bourse prérotulienne expose à des hygromas, à des inflammations, qui ont été plusieurs fois observés.

J'ai pratiqué un certain nombre de fois, sinon tout à fait l'amputation de Gritti, du moins une amputation assez analogue en taillant sur le tibia un lambeau moins long que celui de Gritti et en taillant en arrière un court lambeau. Mon but n'était pas de permettre au malade de prendre un point d'appui sur l'extrémité du moignon, car je craindrais de voir ce lambeau assez mince ne

pas résister à la pression. Mon but était autre ; c^était d'amputer au-dessous de la ligne épipliysaire, de ne pas ouvrir par conséquent le canal médullaire de la diaphyse et d'empêcher ainsi l'inflammation de s'y propager. Les résultats que j'ai obtenus ont été remarquables, ils doivent entrer en ligne de compte dans Tappréciation de ma mortalité particulière qui n'est pour toute

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Procédé de Gritti : ouverture de l'articulation et dissection du lambeau rotulien ,

ma carrière que de 28 p. 100, tandis que celle de mes collègues en 1882 et 1883 en pleine période d'antisepsie a été de 42 p. 100. Sur 17 cas d'amputation de Gritti relevés par Schmiedt, il y eut 8 morts; tandis que sur 20 amputations au travers les condyles rassemblés par le même auteur, il n'y en eut que 2. Malgré leur insuffisance, ces chiffres ont cependant une certaine importance.

ARTICLE IV

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