‹ Manuel de médecine opératoireChapitre 26 sur 310 · II. — Procédés do striction · texte numérisé non relu

II. — Procédés do striction

La ligature placée, il reste à la serrer au degré convenable. Le

Serre-nœud de Ricord pour la varicocèle.

FiG. 29.

Serre-nœud de Roderie

modifié par Mayor.

procédé le plus simple est assurément de faire avec les deux bouts ài lien un premier nœud aussi serré qu'il est possible, et qu'un aide assujettit avec le doigt ou qu'il saisit entre les mors d'urie pince à disséquer pendant qu'on y ajoute un second nœud. Mais il est bien rare que cette première striction suffise ; pour peu que le pédicule soit large et résistant, après trois ou quatre jours, la division commencée des tissus relâche le lien; il faut le renouveler deux, trois ou quatre fois. Ce procédé n'est guère applicable, d'ailleurs, qu'à de très petites tumeurs. Levret avait essayé d'obtenir une striction continue et pro-

gressive en ne faisant pas de nœud et en fixant les deux bouts de la ligature aux deux branches d'un ressort qui tendaient à s'écarter; mais il fallait des ressorts d'une puissance et d'un poids considérables. Ricord a remplacé l'élasticité du ressort par un treuil appliqué à son serre-nœud pour lavaricocèle.

Lorsque le pédicule de la tumeur est situé profondément et que les doigts n'y peuvent atteindre, sans parler des instruments spéciaux pour y porter la ligature, lesquels varient selon les régions, il faut aussi des serre-nœuds qui ramènent les bouts du lien à l'extérieur. Le plus simple est celui de Desault, ressemblant assez a une sonde cannelée percée d'un trou près de sa pointe. Roderie a jugé que cette tige inflexible s'accommoderait mal anx contours des canaux qu'elle doit traverser. En conséquence, son serre-nœud se compose de petites boules de bois, de corne ou d'ivoire, de 0°^,005 à O'^jOOô de diamètre, percées d'un canal central. On fait passer dans ce canal les deux bouts de la ligature, et l'on enfile ainsi autant de boules qu'il est nécessaire pour amener le fil au dehors ; seulement la première est percée de deux trous, afin qu'après la eaction du pédicule, la ligature soit retenue et ne laisse pas échapper les petites boules. La dernière offre une pareille disposition, afin que l'on puisse serrer les nœuds de la ligature sur l'intervalle des deux trous. Ce tube mobile n'a pas répondu à ce qu'on en attendait ; quand on opère une striction un peu forte, il est sujet à se contourner et à se tordre en divers sens. On voit, d'ailleurs, que ces prétendus serrenœuds sont assez mal nommés, puisqu'ils ne servent à rien autre chose qu'à amener au dehors la ligature, et à offrir un point d'appui sur lequel le chirurgien serre lui-même le nœud. La striction ne se fait donc pas autrement, ni avec plus de puissance que quand on la pratique directement à l'extérieur.

Mais si le pédicule est trop épais et formé de tissus trop résistants, la striction a besoin d'être plus vigoureuse, pour arriver sans trop de relard au résultat désiré. 11 faut donc multiplier la force, et pour cela on ajoute aux serre-nœuds ordinaires une vis ou un treuil qui, accroissant directement la striction, leur méritent alors le nom qu'ils portent. De Graefe a ajouté un pas de vis à l'in-

FiG. 30.

Serre-nœud de de Grœfe.

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