‹ Manuel de médecine opératoireChapitre 280 sur 310 · AMPUTATION DE LE FORT · texte numérisé non relu

AMPUTATION DE LE FORT

et ne pas voirie point capital, celui qui domine tous les autres. Qu'importe un raccourcissement de 2 ou 3 centimètres, puisque l'opéré n'a plus son pied et qu'il suffit, pour rendre au membre sa longueur, de mettre au fond de la bottine ua petit coussin.

Ce qu'il importe, c'est que la base naturelle de sustentation ne soit pas changée; en effet, la structure de la peau ne permet de faire porter le poids du corps que sur les parties destinées à cet usage (saillie du premier métatarsien, bord externe du pied, talon, genou, région ischiatique); il faut donc que, dans toute amputation du pied, le talon et le talon seul forme le point d'appui. Or, dans l'amputation de Pirogoff, c'est la face postérieure du

lin vrai talon, capable de supporter les pressions les plus continues et les plus intenses. » Si la section oblique est si bonne, pourquoi alors M. Pusquier veut-il lui substituer la section horizontale? C'est justement parce qu'avec les faits, je trouvais la section oblique très défectueuse que j'ai imaginé cette section horizontale.

A l'article le plus important intitulé : Modification proposée, M. Pasquier, après avoir décrit l'opération, ajoute : « La surface plantaire du moignon est étendue, plane et horizontale. L'opéré s'appuie sur toute la face inférieure du calcaneum. Le renversement n'est pas à craindre, parce que le calcaneum est en équilibre sur le tibia. » Piien de plus. Voilà tout ce qu'a vu l'auteur dans cette opération nouvelle, une question d'équilibre du tibia sur le calcaneum, une question d'équilibre entre deux os solidement soudés !

Aux conclusions que trouvons-nous? Celle-ci qui est caractéristique. « On donnera à la section du calcaneum une inclinaison oblique en bas et en avant; on évitera de conserver une trop grande longueur de cet os (Procédé de Sediliot). On pourrait peut-être employer aussi la modification que nous avons signalée.» Voici ce que dit M. Pasquier. Est-ce ainsi qu'on conclut quand, en pleine connaissance de cause, on imagine une excellente opération qui doit se substituer à une opération mauvaise? M. Pasquier conseille la section oblique, qui est l'opération mauvaise, et quant à la bonne opération, ce n'est qu'avec doute, avec un « peut-être » fort éloquent qu'il pense qu'on pourrait l'employer. J'ai le droit de dire, après avoir lu la thèse de M. Pasquier, que si l'auteur a proposé et dessiné une opération nouvelle, il n'a nullement compris son but, son importance, sa valeur et sa supériorité snr celles de Pirogoff et de Sediliot.

Tauber [Arcli. f. klin. Chirurg., XXXIV, P. 298) représente M. Pasquier comme ayant fait en 1871, sur le vivant, l'opération par la section horizontale. C'est une erreur. C'est en 1870 que M. Pasquier a fait à Metz l'amputation de Pirogoff, mais il l'a faite par le procédé de Sediliot, avec un procédé particulier de suture des os.

Lorsqu'en novembre 1871 M. Pasquier publia sa thèse, il n'avait /ait l'opération que sur le cadavre et j'ignore même s'il l'a faite jamais sur le vivant. A cette époque je l'avais déjà faite, un mois avant, également il est vrai sur le cadavre, mais en présence de mes élèves et j'en avais discuté et démontré les avantages, puisque je voulais la pratiquer sur le malade, qui ne l'a acceptée qu'en 1873. Je crois donc avoir les droits de l'antériorité. J'ai dû rétablir la vérité des faits, et puisque la plupart des chirurgiens m'ont fait Phonneur d'attacher mon nom à un procédé que j'ai pratiqué le premier, dans un but bien déterminé et pour remplir des indications précises, je lui conserve ce nom parce que je crois en avoir le droit.

OPÉRATIONS GÉiNÉUALES.

lalon qui Mvient le point d'appui, cela seul suffit pour ôter presque toute sa valeur à cette amputation. La même objection, quoique fort atténuée, subsiste encore dans le procédé de Sédiilot. Cependant Pirogoff nous avait montré qu'on peut souder le calcanéum au tibia, et cette vue toute nouvelle m'a inspiré l'idée d'une opération exempte des inconvénients des autres procédés d'amputation libio-tarsienne. Je ne me préoccupais pas de la question insignifiante du raccourcissement; je voulais : 1" donner comme base de sustentation le talon normal avec sa peau intacte, et avec les apophyses du calcanéum qui sont le véritable point d'appui; 2° éviter tout tiraillement sur le tendon d'Achille et toute tendance au déplacement ultérieur du lambeau; 3° respecter le tendon d'Achille et par suite les muscles gastrocnémiens : car

FiG. 318.

rS juf'"'' po.nhilees). Le Fort (lignes pleines). - Figure emprunt

bien que le talon soit soudé au tibia, j'étais persuadé que la marche s exercerait mieux s'il n'y avait pas de perturbation dans 1 action (devenue inutile mais qui reste instinctive) des jumeaux et du soléaire; 4° éviter dans l'opération la blessure de la tibia e postérieure. Pour obtenir ces résultats il me parut que le meilleur moyen était de laisser le talon absolument intact en sciant horizontalement le calcanéum au-dessous de ses surfaces articulaires avec l'astragale, et de retrancher tout le plateau articulaire du tibia au niveau des malléoles.

Dans la première opération que j'ai pratiquée en 1873, j'avais commence par enlever l'astragale avant de sectionner le calcanéum. L était me créer bien inutilement des difficultés. J'ai donc ûes ma seconde opération, renoncé à ce procédé que j'ai décrit dans la dernière édition de ce manuel et je l'ai remplacé par le procède smvant qui est d'une exécution facile.

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