DÉSARTICULATION DE LA HANCHE
rieurement à l'union du tiers moyen de la tête du fémur, avec son tiers interne, et ne devenant parallèle à l'os qu'à 8 ou 10 centimètres au-dessous, il reste entre elle et le col du fémur, dans une grande partie de cet intervalle, une distance de 3 centimètres au moins, qui permet de contourner le col de l'os avec le couteau sans blesser l'artère, et delà faire comprimer ensuite avant que le lambeau soit achevé.
Le sujet assis ou couché, le bassin sur le bord de son lit, et l'artère crurale comprimée sur l'érainence ilio-peclinée, le chirurgien placé en dehors soulève delà main gauche les téguments et les chairs; de la droite il plonge le couteau au milieu de l'espace qui sépare l'épine iliaque du grand trochanter, le dirige en dedans, en rasant le col du fémur, de manière à le faire sortir au devant de l'ischion, et taille immédiatement un lambeau de longueur convenable, dont le bord hbre en demi-lune l'egarde en bas et en dehors. Ce lambeau est relevé par un aide, qui prend soin de comprimer l'artère crurale dans son épaisseur. On divise alors largement la partie antérieure et interne de la capsule puis le ligament rond; on luxe le fémur, on achève de le désarticuler, et l'on coupe les muscles et les téguments postérieurs sans y former de lambeau.
Manec avait aussi proposé, après la formation du lambeau, de diviser les chairs postérieures par une incision semi-circulaire, et de terminer par la désarticulation. Ashmead avait adopté cette façon de faire, et voulait même qu'avant de procéder à la section des chairs postérieures, on liât l'artère dans le lambeau.
Baudens a légèrement modifié le premier procédé. Le couteau, introduit au point désigné par Manec, doit ressortir à 12 ou 15 millimètres en avant de la partie moyenne de la branche ascendante du pubis, et dans son passage ouvrir l'articulation. 11 taillait ensuite un lambeau de 20 à 22 centimètres de longueur, désarticulait, et achevait la section postérieure qui devait tomber dans le pli de la fesse. Mais pour cette section, il prenait soin de faire décrire au tranchant une sorte de courbe, de manière à creuser pour ainsi dire les muscles du côté de l'os, afin d'en emporter plus que les téguments, et à laisser un vide pour loger le sommet du lambeau.
J'ajouterai à cet égard quelques remarques. Le point de sortie du couteau, assez mal précisé, doit répondre à peu près à l'union de la branche descendante du pubis avec la branche ascendante de l'ischion. La section des muscles postérieurs me paraît mieux
combinée dans le procédé de Baudens, et le pli de la fesse est également une limite qui évitera des tâtonnements à l'opérateur. On facilite beaucoup la désarticulation si l'on prend soin d'enfoncer d'abord son couteau transversalement et jusqu'à ce qu'on ait rencontré le col fémoral et ouvert la capsule avec la pointe; puis en élevant le manche et abaissant la pointe (fig. 327), on vient faire la contreponction au point indiqué à la face interne de la cuisse.
Outre l'artère principale, il faut s'attendre à lier de nombreux vaisseaux;!. Roux évalue en moyenne le nombre de ses ligatures à seize; Sédillot a été obligé dans un cas d'en appliquer vingt-deux.
Sédillot adopte le procédé par transfixion sur les sujets maigres, dont les chairs offrent peu de résistance; chez les sujets très vigoureux, il trouve de l'avantage à le tailler de dehors en dedans, afin d'y comprendre moins de muscles et plus de téguments. J. Roux a combiné les deux manières de faire, comme on va le voir.
Procédé deJ. Roux. — Le malade couché horizontalement, e chirurgien, armé d'un bistouri convexe, pratique sur la cuisse une incision à convexité inférieure, qui, commençant en dedans sur la face interne du membre, à 6 centimètres du périnée, descend à 20 centimètres au-dessous de la partie moyenne de l'arcade crurale, puis remonte en avant du grand trochanter, à 8 centimètres au-dessous de l'épine iliaque antéro-supérieure. La peau, le tissu cellulaire et l'aponévrose sont divisés et disséqués sur tous les points, dans l'étendue de 3 centimètres; on plonge alors un long couteau interosseux d'un angle de la plaie à l'autre, et l'on coupe les muscles de haut en bas et de dedans en dehors jusqu'au niveau de la dissection de la peau. Le lambeau ainsi achevé est rapidement relevé, toutes les artères liées; J. Roux lie même la veine crurale, qui donne toujours beaucoup de sang. Puis, reprenant le bistouri convexe, il divise la peau en arrière à l'aide d'une incision demi-circulaire, suivant le pli de la fesse, et allant d'un angle du lambeau à l'autre; il dissèque cette portion de peau comme la précédente, jusqu'à une hauteur de 3 centimètres; attaque alors la capsule, le ligament rond, les muscles fessiers à leurs insertions au trochanter. Enfin, reprenant son couteau qu'il engage derrière la tête et le col du fémur, il coupe obliquement tous les muscles postérieurs jusqu'à la limite de la dissection de la peau. Verneuil, sans employer absolument le procédé de J. Roux,