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PROGÉDÉS HÉMOSTATIQUES DURANT L'OPÉRATION

Pendant l'opération, le sang peut venir des artères ou des veines, ou enfin quelquefois de vaisseaux capillaires innombrables et qui semblent former un tissu érectile.

1° Compression directe. — Elle consiste à appliquer la pulpe du doigt sur chaque ouverture de vaisseau donnant du sang. Souvent, lorsqu'il s'agit de petites artères, cette compression suffit pour que leur orifice s'oblitère : ainsi, après une amputation de la mamelle, où l'on a vu le sang jaillir de dix ou douze artérioles sur lesquelles on a fait appuyer les doigts des aides, on ne les retrouve plus au moment de les lier.

2" Compression indirecte. — Usitée surtout dans les amputations à lambeau, et toutes les fois que l'artère peut être comprimée dans le lambeau, entre le pouce et l'indicateur; ou bien encore pour les artères des lèvres, du pavillon de l'oreille, du nez, etc.

Enfin, dans les opérations pratiquées sur certaines tumeurs riches en vaisseaux, comme les tumeurs èrectiles, et qui versent du sang en nappe, on peut l'arrêter en faisant exercer la compression avec les doigts autour de la tumeur ou autour de l'incision.

o° Ligature. — Quaiidle sangvient d'un vaisseau ouvert, veine ou artère, le plus simple est de le lier à son orifice, comme on fait après l'opération.

Mais si l'on aperçoit dans la plaie le tronc vasculaire que l'on va être obligé de diviser, on commence par l'étreindre dans une ligature, et l'on coupe au-dessous si c'est une artère, au-dessus si c'est une veine, ou bien encore on fait deux ligatures très près l'une de l'autre, et l'on coupe le vaisseau dans l'intervalle.

Il convient d'ajouter que les hémorrhagies veineuses reconnaissent deux causes importantes : 1° un obstacle mécanique au retour du sang vers le cœur, comme dans la compression par le gari'ot; on n'arrête le sang qu'en enlevant cet obstacle; 2° les

ISCHÉMIE ARTIFICIELLE.

efforts violents du malade, qui empêchent le sang de traverser les poumons, et le font refluer par les veines caves et leurs aboutissants. Ceci arrive souvent dans les opérations pratiquées sur le cou. On s'oppose à cette cause en faisant respirer largement le malade et en faisant cesser tout effort : souvent deux larges inspirations ont suffi pour arrêter une hémorrhagie veineuse, en apparence incoercible.

4,0 Forcipressure. — Depuis l'invention des pinces à verrou,

FiG. 55.

Pinces à forcipressure.

beaucoup de chirurgiens au lieu de faire la ligature des arlérioles au fur et à mesure de leur section, ce qui prolongeait l'opération, se bornaient à les saisir dans une pince, qu'on abandonnait dans la plaie jusqu'à la fin de l'opération. C'est alors seulement qu'un fil jeté successivement sur toutes les artérioles saisies amenait leur occlusion définitive. Depuis quelques années, cette pratique a été représentée comme nouvelle, rajeunie par l'emploi de pinces spéciales et l'intervention d'un mot nouveau, la forcipressure; mais, ce qui est loin d'être un mal, elle a été beaucoup plus généralisée qu'on ne l'avait fait jusque-là.

La forcipressure est aussi un moyen d'arrêter définitivement les hémorrhagies après les opérations. Cette fois l'application de la méthode peut être regardée comme nouvelle. 11 est des cas ou l'artère saisie par la pince ne peut être liée, soit parce qu'elle est trop profondément placée pour être accessible, soit parce qu'elle ne peut être isolée suffisamment. On peut alors laisser à demeure la pince hémostatique et ne la retirer qu'après vingts quatre ou trente-six heures, ou même la laisser jusqu'à ce qu'elle tombe d'elle-même avec les tissus qu'elle serrait et dont elle détermine la mortification. Les pinces hémostatiques ont reçu différentes formes afin de les approprier à celle des parties qu'elles doivent comprimer.

ARTICLE III

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