SECTION DU NERF SOUS-ORBITAIRE
sa résection au trou sous-orbitaire pourra suffire; si la douleur se répand dans toutes les dents supérieures, comme les filets dentaires postérieurs se détachent profondément du tronc dans la fosse sphéno-maxillaire, il est probable que l'affection remonte jusque-là, et toute opération est inutile; enfin, si les filets dentaires antérieurs participent seuls à la névralgie, on peut encore porter la section du nerf au delà de leur origine, c'est pourquoi il a proposé de couper le nerf dans son canal même.
Procédé de Malgaigne. — « D'abord, avec un ténotome solide, je pénètre le long du plancher de l'orbite dans la direction du nerf qui aboutit au trou sous-orbilaire; arrivé à 2 centimètres de profondeur, je coupe en travers le plancher de l'orbite qui est mince et oppose peu de résistance, et ainsi se trouvent coupés le canal et le nerf lui-même. Alors une simple incision transversale à 1 centimètre au-dessous du rebord orbitaire suffit pour mettre le nerf à nu ; on le saisit avec des pinces et on l'arrache hors de son canal, ce qui se fait saus douleur, attendu la section préalable.
)) Je n'ai pas eu d'ailleurs occasion d'appliquer ce procédé sur le vivant. i>
Procédé de Langenbeck. — On enfonce sous le ligament palpébral externe un fort ténotome sous un angle de 60" jusque dans la fente sphéno-maxillaire et jusqu'à l'apophyse orbitaire du maxillaire supérieur, on fait exécuter à l'instrument un va-etvient le long du bord antérieur de la fente sphéno-maxillaire. Lorsqu'on croit que le nerf a été coupé, on fait à 1 centimètre au-dessous du rebord inférieur de l'orbite une incision verticale qui met le nerf à découvert. On l'isole, on le saisit avec une pince, on tourne l'instrument lentement sur lui-même, de manière à enrouler le nerf autour de la pince et on arrache ainsi les filets dentaires antérieurs et moyens. Ce procédé coupe fortement l'artère sous-orbitaire et dans l'observation de Langenbeck il y eut un assez sérieux épanchement intra-orbitaire qui ne tarda pas à se résorber sans accidents.
Procédé de Wagner. — Une incision transversale allant jusqu'à l'os est faite parallèlement au bord inférieur de l'orbite, le nerf sous-orbitaire à sa sortie du trou sous-orbitaire est isolé. On détache le périoste et on le soulève ainsi que le globe au moyen d'un élévateur en forme de cuiller. Le canal sousorbitaire apparaît alors sous forme d'une ligne grisâtre. On ouvre
le canal soiis-orbitaire avec le bistouri ou on le brise avec l'extrémité d'une forte sonde cannelée, on charge le nerf sur un crochet analogue à une petite aiguille de Deschamp, on le sectionne avec dés ciseaux et on résèque la plus grande partie possible de son extrémité périphérique.
La section du sous-orbitaire fut pratiquée plusieurs fois au siècle dernier. Thomas et Cruikshanks allèrent même très loin sous ce rapport; car, sur une femme, ils sectionnèrent dans cinq opérations successives le sous-orbitaire, le frontal, le mentonnier, le facial, enfin le lingual et le dentaire inférieur entre le ptérygoïdien interne et la mâchoire inférieure.
Lowenhardt (de Prenzlau) fit avec succès la section souscutanée du nerf.
Syme, Walther, Martin (de Lyon), Beullard, firent avec succès la section à ciel ouvert. Franke (de Liepzig) la fit par la bouche, ainsi que Jobert (de Lamhalle) qui y ajouta la cautérisation.
La résection d'une partie du nerf réussit à Bérard, à Herrgott (de Strasbourg), à Nicaise. Schmidt (de Leipzig) et Patruban joignirent à la résection du sous-orbitaire à la face la section du nerf sur le plancher de l'orbite; le premier opéré mourut, le second guérit.
La résection du nerf dans l'orbite soit en trépanant soit en détruisant sa paroi supérieure a été pratiquée par Patruban, Wagner (de Dantzig), Wagner (de Kœnigsberg), Schuh, Wiesner, Libell, Carnochan, Weintechner, Letiévant, Tillaux, etc. Les observations se sont beaucoup multipliées depuis la publication en 1869 dans les archives de Langenbeck du mémoire de Wagner qui comprend déjà vingt-six observations.
m. — |fi>cction du nerf dcnlairc inférieur.
On l'attaque avant son entrée dans le canal dentaire, après sa sortie du trou mentonnier et dans son trajet dans l'intérieur du canal dentaire.
1° Au trou mentonnier; procédé ordinaire. — Ce trou se rencontre d'ordinaire, chez les adultes, au-dessous de la rainure osseuse qui sépare les alvéoles de la dent canine et de la première molaire; il est parfois à quelques millimètres plus en arrière chez les vieillards. On renverse la lèvre inférieure; on incise, vis-à-vis des dents indiquées, la rainure qui joint la lèvre à la gencive ; à quelques millimètres de profondeur on rencontre le nerf, que l'on coupe en rasant l'os; le bout coupé