KÉSECTION DU MAXILLAIRE INFÉRIEUR
Carnochan, qui Ta farte en 1851, en a revendiqué la priorité, que d'autres ont réclamée à tort ou à raison pour Mac-Clellan, Stanley, Ganweski, etc.
Lisfranc voulait qu'on taillât un grand lambeau supérieur en faisant tomber, le long des bords postérieurs de l'os, deux incisions verticales sur une incision horizontale à la base ; puis qu'on procédât à la double désarticulation. J'ai fait observer qu'on aurait bien plus de facilité si l'on sciait d'abord l'os dans sa partie moyenne, en sorte que la désarticulation se ferait d'abord d'im côté, puis de l'autre, en suivant les règles de la résection unilatérale.
Ainsi s'est comporté à peu près Garnocban ; seulement, ses incisions verticales passaient en avant de l'articulation, et coupèrent ainsi sans nul avantage les deux conduits de Sténon ; puis, au lieu de faire l'incision de la base toute horizontale, il en fit remonter les deux moitiés à angle sur le menton jusqu'à 12 à 13 millimètres du bord libre de la lèvre. Il se réservait ce petit angle de peau pour y faire passer une double ligature, engagée d'autre part en travers de la partie antérieure de la racine de la langue, et destinée à empêcher la rétraction en arrière de cet organe ; ces ligatures furent fixées définitivement, après que le lambeau eut été réuni par suture, à un bandage passé verticalement autour de la ^<e, ce qui n'est pas très-clair. Au total, on put les enlever le septième jour, et le sujet était guéri le quatorzième.
Je n'ajouterai que deux remarques. L'opération fut pratiquée pour une nécrose de la portion horizontale de l'os ; l'ablation complète était-elle indispensable? Il est permis d'en douter. En second lieu, la portion nécrosée était à peu près détachée de son périoste sur la ligne médiane ; on aurait dû tout au moins essayer de garder ce périoste, surtout en dedans, où il aurait servi à la fois d'attache solide à la langue, et de canevas pour un nouvel os.
[ Celte conduite est ici d'autant mieux indiquée que la résection totale a surtout été pratiquée dans des cas de nécrose et même de nécrose phosphorée, comme dans les observations de Langenbeck, Ried, Pitha, Ward et Gùnthner. La résection totale a été faite par ^ F. Heyfelder (3 fois), Esmarch, Maisonneuve, i)our des caries ou des cancers, comme celle du maxillaire supérieur. Cette résection ne donne qu'une mortalité fort peu élevée: sur 15 cas mentionnés (>ar 0. Heyfelder, un seul aurait été suivi de mort ; mais dans pluiieurs observations il s'agit évidemment d'extractions de séquestre, )1utôt que d'une véritable résection. ]
§ II. — RÉSECTIONS ARTICULAIRES DU MEMBRE SUPÉRIEUB.