D£S TUMEURS
lumineuses» placées sous la peau, libres d'adhérences, et suseeptibles d'énucléation.
3^ L'incision sur un pli des téguments convient dans les extirpations de tumeurs enkystées qu'on craint d'ouvrir , ou de tumeurs solides qu'on ne veut pas entamer, de peur d^en laisser quelque portion capable de les reproduire.
4® L'incision elliptique est préférable toutes les fois qu'on veut emporter avec la tumeur un lambeau de téguments, soit parce que la peau est malade, ou parce qu'elle est trop amincie et se réunirait difficilement, ou enfin quand l'étendue des téguments dépasse de beaucoup celle de la plaie qu'ils devront recouvrir.
5® Les incisions cruciales, ou en T on en V, sont indiquées quand on veut découvrir une tumeur large, sans rien enlever de la peau qui la revêt.
Alliot préfère une incision semi-circulaire à la base de la tu- Hieur, qu'il sépare ensuite des autres parties avant de la détacher des téguments. Ce procédé ne s'applique bien que quand la peau est libre de toute adhérence.
6" Quelle que soit l'incision préférée, il faut qu'elle s'étende un peu au delà de la base de la tumeur, pour procéder plus librement à la dissection, et ne laisser de peau que l'étendue su(Qsante pour recouvrir exactement la plaie.
Dissection. — La dissection des tumeurs s'opère avec le bistouri, avec les ciseaux, avoc les doigts.
1** Quand la tumeur est mobile sous les téguments, on tâche avec les doigts d'attirer ceux-ci en arrière pour faire sortir la tumeur au dehors sans dissection; c'est ce qu'on appelle énueléation, GhassAÎgnae a imaginé un procédé pour favoriser l'énucléation, quand elle résiste à la pression ordinaire. La tumeur mise à nu par une incision, il l'étreint à sa base, par-dessus les téguments, avec une pince à polypes ou tout autre instrument à baguette, et au-dessous des branches de la pince il passe une ligature à laquelle il fait faire six ou sept tours pour former un pédicule provisoire. Le pédicule formé, avec une autre ligature solide on le serre par un nœud simple, et, en tirant sur les deux chefs de la ligature de manière à resserrer le nœud, on comprend que la tumeur est chassée au dehors jusqu'à l'énucléation complète.
2^ Si la tumeur, sans se prêter à l'énucléation, n'adhère cependant aux parties voisines que par un tissu cellulaire lâche, il faut la décoller avec le doigt, en réservant le bistouri ou les ciseaux pour les brides trop résistantes.
3** Quand elle est adhérente, on la détache avec le bistouri en
disséquant à grands coups autant que possible, et en dirigeant le tranchant vers la tumeur ou vers les parties saines, selon qu'on veut ménager Tune ou les autres.
k° On ménage les oi*ganes voisins, muscles, tendons, nerfs ou vaisseaux, en les écartant avec les doigts, les pinces, les crochets mousses, ou de toute autre manière.
5*^11 faut s'assurer, quand la masse principale a été enlevée, qu'on n'en laisse pas quelques parties, surtout quand il s'agit d'une tumeur de nature suspecte, et enlever, avec le bbtouri ou les ciseaux, les débris qui restent, ou les détruire par le cautère actuel.
Enfin quand tout a été enlevé, il ne faut panser la plaie qu'après avoir lié tous les vaisseaux et quand tout écoulement de sang a cessé ; on réunit autant qu'on le peut par première intention.
II. Ligature. — La plupart des règles générales que j'ai expo- .sées pour la ligature s'appliquent spécialement à l'ablation des tumeurs ; je n'aurai donc ici que peu de chose à ajouter.
Pour les tumeurs recouvertes par les téguments, lorsque le pédicule est fort étroit, on peut y appliquer directement la ligature; mais lorsqu'il offre un volume un peu considérable, il importe que ceux-ci soient attaqués autrement. Sabatier, pour Tnblation des lipomes, conseillait de tremper le lien dans l'acide nitrique, pour unir ensemble la striction et la cautérisation. Le conseil est assez singulier, car l'acide nitrique détruirait le fil, ou lui ferait tout au moins perdre toute solidité. Pour les tumeurs plus résistantes, telles que le goitre, Mayor divisait directement la peau vers la base avec le bistouri.
Enfin, Rigal (de Gaillac) a eu l'idée de placer la ligature pardessous la peau, en sorte que la tumeur, recevant encore des vaisseaux par sa face cutanée, continue à vivre, et tend seulement à s'atrophier. Un beau succès a couronné sa première tentative, dont je rendrai compte à propos du goîlre.
III. Écrasement linéaire. — Rien de si simple que son application aux tumeurs pédiculées ; et même à celles auxquelles on peut créer un pédicule factice. Mais pour celles à large base qu'il serait imprudent d'étreindre d'un seul coup, il faudrait faire passer la chaîne sous la tumeur pour la diviser en plusieurs parties qu'on attaquerait séparément comme avec la ligature. Chassaignac propose de traverser la base de la tumeur avec un trocart, dont la canule servirait à conduire la chaîne, et môme au besoin les chaînes de deux écraseurs.