DES TUMEURS
IV. Cautère actuel. — On n'emploie ici que la cautérisation inhérente^ en vue de détruire toute la tumeur ; en sorte que Ton ne peut attaquer que des tumeurs très-petites, ou très-moUes, ou étalées en surface sans profondeur , telles que certaines tumeurs érectiles ou des champignons cancéreux. On éteint donc sur la tumeur un ou plusieurs cautères rougis à blanc ; si la croûte carbonisée était assez épaisse pour empêcher la cautérisation de péné* trer au delà, il faudrait s'arrêter, sauf à recommencer après la chute de Feschare.
V. Galvanocaustique. — Elle est applicable à toutes les tumeurs ; mais elle est surtout indiquée dans les cas de tumeurs vasculaires ou siégeant dans des régions abondamment pourvues de vaisseaux. On peut combiner ce moyen avec l'écrasement linéaire, et circonscrire, par une ou plusieurs chaînes, le pédicule qu'on a formé en disséquant la circonférence de la tumeur avec le cautère galvanique.
VI. Caustiques. — Deux grandes indications. président à l'emploi des caustiques : ou bien détruire la tumeur en totalité ou bien la déraciner à sa base. On peut chercher aussi à la détruire de deux manières, en l'attaquant directement par dehors, ou en portant les caustiques à l'intérieur.
Premier procédé. Destruction de la tumeur par l'extérieur, — On applique les caustiques, en suivant les règles générales, tantôt sur toute la sui*face de la tumeur, tantôt sur une partie seulement, quand elle est d'un trop grand volume ; dans ce cas on recommence le lendemain sur une autre partie, et ainsi de suite jusqu'à ce que toute la surface soit attaquée. Alors on attend que les premières eschares soient tombées, pour faire de nouvelles applications, et Ton poursuit de la même manière jusqu'à la destruction complète.
Deuxième procédé. Destruction par l'intérieur, — Depuis longtemps on a conseillé l'injection de l'acide nitrique dilué, moyennant une ponction préalable^ dans l'intérieur des tumeurs érectiles. Plus récemment, on a enfoncé dans divers points des flèches de pâle de Canquoin, à travers des ponctions de la peau faites par le bistouri. Les injections d'acide acétique, proposées pour provoquer la régression de la tumeur, n'ont pas produit de résultat utile, et paraissent aujourd'hui abandonnées.
Troisième procédé. ÉradicaUon de la tumeur, — Cette éradication s'obtient de deux manières : ou bien en étreignant la base de la tumeur, de telle sorte que le caustique n'ait à diviser qu'un pédicule très-étroit ; ou bien eu glissant sous sa base des flèches de pâte de Ganquoin sans pédiculisation préalable. Mais je renverrai les détails de ces deux procédés à l'article du cancer du sein, auquel ils ont été plus spécialement appliqués.