VII. ÉlEGTROLYSE ou GALVANOCAUSTIQUE CHIMIQUE. — Nous avons
vu (page 56) la manière dont on fait usage de cette méthode. Elle n'offre d'avantages réels que pour les tumeurs profondément situées, et difficiles à atteindre par d'autres moyens, telles que les polypes naso-pharyngiens.
Appréciatim, — L'emploi des caustiques contre les tumeurs a repris dans ces derniers temps une grande vogue, déjà souvent obtenue, et aussi souvent perdue. On sauve ainsi aux malades pusillanimes l'appareil des instruments tranchants et la vue du sang; comme avantages plus sérieux, on ajoute que les plaies par cautérisation sont généralement à Tabri des érysipèles, des phlegmons diffus, des phlébites et de l'infection purulente. Il est très-vrai qu'elles y exposent moins que les plaies par instruments tranchants, et là est leur supériorité relative. Mais la cautérisation détermine plus de douleurs que le bistouri, et surtout des douleurs qui devront se renouveler plusieurs fois ; elle ne permet pas la réunion par première intention, et laisse à sa suite des cicatrices larges et difformes.
La ligature détermine l'éradication des tumeurs, comme le dernier procédé décrit pour la cautérisation ; elle a comme celle-ei l'avantage de prévenir à peu près sûrement toute hémorrhagie ; et la section qu'elle opère est si lente, que lorsqu'elle est achevée, la plaie qui reste est déjà recouverte de bourgeons charnus, condition éminemment favorable pour écarter les dangers de phlébite et de résorption purulente. Mais cette lenteur même entraîne des inconvénients, car la tumeur se putréfie sur place, et le procédé de Rigal, qui échapperait à cette complication périlleuse, laisse craindre d'autres inconvénients.
L'écrasement linéaire, par la rapidité relative de son action, s'est presque complètement substitué à la ligature ; mais il n'est vraiment applicable que pour les tumeurs facilement isolables, pédiculées ou tout au moins à peu près énucléables. IL est à peu près inapplicable dans beaucoup de tumeurs cancéreuses du sein.
^.a galvano-caustique thermique a contre elle la nécessité d'une
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nslrumentation spéciale, d'un entretien assez coûteux et fort diffiile pour beaucoup de personnes. Cependant, elle peut rendre, ans certains cas, d'incontestables services. J*estime donc que le bistouri est toujours préférable quand il y a ssez de téguments pour tenter la réunion immédiate, et lorsque Blle-ci ne rencontre d'ailleurs aucune contre-indication.
IL — Des lipome».
Les lipomes, ou tumeurs graisseuses, adhérent généralement és-peu aux tissus voisins. II siiffit pour Tordinaire d'une incision li mette largement à nu la surface de la tumeur, après quoi on ! sert du doigt pour la détacher et Ténucléer. Si sa face extérieure Ihérait aux téguments, on la disséquerait avec le bistouri jusqu'au >intoù la mollesse des adhérences permettrait de se servir du doigt. Tel est le procédé que je préfère. Si la tumeur offrait un trèsitit pédicule, sans doute on pourrait recourir à la ligature ou à îcrasement; encore faut-il mettre en ligne de compte l'étendue t la cicatrice.
Enfin, chez de jeunes femmes qui redouteraient même la cicaice linéaire laissée par le bistouri, on pourrait recourir au broieent tel que Fa institué Bonnet (de Lyon).
Procédé de Bonnet, — On' enfonce un ténotome à 2 ou 3 millihres de la base de la tumeur ; on passe sous la base de celle-ci 1 traversant son plus grand diamètre ; et, retournant le tranchant i ténotome vers les téguments, on commence par diviser le lime en deux parties égales; puis on en divise chaque moitié à oile, à gauche, en tous sens, de manière à le réduire en fr agents ayant au plus l'épaisseur d'un centimètre. 11 est bon de olonger les incisions de 1 à 2 centimètres en dehors de la tu- !ur, afin de décoller la peau des parties sous-jacentes, et d'augmter les surfaces par lesquelles la graisse du lipome doit être sorbée. Enfin, l'instrument retiré, il faut presser et malaxer ec force la tumeur entre les doigts, pour achever de rompre les ilules adipeuses qui auraient échappé à l'instrument tranchant. Cette opération a besoin d'être répétée deux ou trois fois , à inze jours ou trois semaines d'intervalle, pour les lipomes un Q volumineux ; Bonnet excluait ceux qui dépassent le volume du ing. D n'y a, en général, ni suppuration ni autres accidents; et bout de deux ou trois mois, si l'opération est suivie de succès, bsorption réduit la tumeur à un noyau fibreux de peu de volume.
Malheureusement le succès est rare, et F excision par le bistonri est encore le meilleur et le plus sûr moyen d'obtenir la guérisoo.