‹ Manuel de médecine operatoire v.2Chapitre 65 sur 201 · TRANSFUSION DU SANG · texte numérisé non relu

TRANSFUSION DU SANG

La première idée de la transfusion du sang est due à un Anglais le docteur Wren, mais ce fut François Denys, professeur de philosophie à Paris qui, assisté du chirurgien Emmerels, la pratiquai premier sur l'homme. Tombée en discrédit après avoir excité la plus dangereux enthousiasme, la transfusion ne reparut dans k pratique qu'au commencement de ce siècle. Biundell, cliirurgies anglais, la répéta cinq fois de 1820 à 1825. Depuis cette époque, on y eut assez souvent recours pour que Belina, dans un mémoitt inséré en 1870 dans les Archives de physiologie, ait pu eu rasseœ bler 175 observations.

Avant de décrire le manuel opératoire, nous avons à nous demander : 1" Si l'on peut employer du sang d'animaux ; 2** si le sauf doit être introduit dans son intégrité ou si l'on doit d'aboixl le défcbriner; 3** à quelle température le sang doit être maintenu au mament ou l'on opère la transfusion ; L° quelle quantité de sang doit être ou peut être injectée.

Denys employa huit onces de sang de veau, et son malade survécut; il est vrai que, redevenu fou après quelques jours, 1| mourut dans une seconde tentative de transfusion. Depuis BlundeO»] sauf Esmarch, qui prit du sang de veau et Bliedung du sang k bouc, on ne se servit que de sang humain tiré de la veine, oupa^ fois, quand il s'agissait d'enfant nouveau-né, de sang emprunté ac

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;enta de la mère. Cependant Panum, dans les Archives de Vir- V j a étudié avec soin cette question chez les animaux et il a )/)nu que le sang d'un animal injecté dans les veines d'un autre nal se décompose, qu'il peut s'éliminer sans accident s'il a été été en petite quantité^ mais que dans le cas contraire cette inion peut déterminer la mort. Il reste donc acquis à la pratique 1 faut employer, comme on le fait du reste, du sang humain, a question de la déiibrination préalable du sang est d'un grand rêl pratique, puisqu'elle se présente à l'esprit de tout chirur- I sur le point de pratiquer la transfusion. La présence de la ine crée de grandes difficultés, puisqu'elle expose par sa coagum avoir la canule se boucher pendant l'injection, ou des caillots }rmer dans la veine du malade et être entraînés vers le cœur, iratt donc prudent et utile de recourir tout d'abord à la défibrion, procédé qui a de plus l'avantage d'exiger du chirurgien Ds de précipitation dans l'accomplissement de l'opération ; mais sst amené à se demander si le sang défibnné possède les mêmes us que le sang complet. Or les expériences sur les animaux, observations recueillies sur l'homme, montrent que les globules jes saturés d'oxygène sont le principe revivifiant du sang et que résence de la fibrine est loin d'être indispensable. Sur 175 opé- 9ii§ on a employé Ul fois du sang défibriné; il y eut 17 succès, méliorations passagères, 1 cas où le résultat reste douteux et cas de mort.

•a proportion des succès serait donc notablement moins grande ivec le sang non défibriné ; mais, sur ces kl opérations de transon, il y en eut /iS qui furent pratiquées pour des altérations res du sang et U seulement pour des hémorrhagies à la suite «ouchements. Or les faits montrent que la transfusion réussit outdans les cas d'hémorrhagies posf parfum, et, sur les 4 opéons, il y eut 15 succès. On peut donc sans inconvénient et même c avantage se servir de sang défibriné. *a question de température ne se soulève que parce qu'il faut îécher la coagulation du sang et que cette coagulation serait, îrès Hunter, Scudamore et Davy, influencée par la température etardé^ par le froid. Cette coagulabilité du sang n'a plus àpréocer le chirurgien s'il se sert de sang défibriné, et il y aurait certement inconvénient à injecter dans les vaisseaux d un individu uigue et prédisposé à la syncope du sang naturellement et loul artificiellement refroidi (1). Il faut donc maintenir artifi-

1) U divergence d*opinion entre Malgaigne et celui qui publie une iVcHc édition do son livre est ici trop profonde pour que je puisse

3)4 OPfiBiTIONS GÉNÉRALES.

dellcment le sang à une température de 25 à 30 degrés, mi^ obtient facilement en plaçant dans de l'eau à cel'e tempéramt

vase renfermant le sang, pendant tout le temps employé ksili brin a lion

La quantité de sang injecté a varié de 30 à 750 graounest les tas suivis de succès ; 120 grammes a été la proportiMi 1> f

m'abslenir de la signaler. Malgaigne corneille de refroidir la leriRp^ qui du reite n'a jamais été fait da'ii la traoïFuBioa »ur l'homme (Ul-I

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lente ; cette quantité dépendra natureU.eiaent des phénomènes nrés pendant Tinjection.

3s instruments employés sont très-divers; car, outre qu'il existe lez nombreux appareils spéciaux, beaucoup d'opérateurs se servi de ceux qu'ils avaient à leur portée ; Nélaton a fait usage un cas d'une seringue à hydrocèle. Toutefois, il est inconhle qu'il faut de préférence se servir de seringues mettant à i du mélange de l'air avec le sang.

a a imaginé, pour éviter ce danger, un certain nombre d'apils spéciaux. Celui de Moncoq (deCaen) est destiné à pratiquer ansfùsion de bras à bras, et par conséquent sans défibrination lable. Les deux aiguilles canaliculées D qui terminent les s E sont enfoncées Tune dans la veine de celui qui donne son , l'autre dans celle du malade. Un piston A B, mû par le mésme de l'irrigateur ordinaire, appelle, lorsqu'on l'élève, le sang l'appareil^ et le chasse dans la veine du patient, quand on laisse le ressort. Des soupapes placées en G règlent la progression ang.

es procédés n'ont pas moins varié, nous nous bornerons à dé- ) celui de Blundell, qu'on pourrait appeler le procédé ordinaire, îlui de Belina qui parait préférable à tous les autres, mais qui e, comme celui de Moncoq, une instrumentation spéciale.

roeédé de Blundell, — On met à nu l'une des veines sous-cutanées »K du coude; puis, après avoir passé préalablement au-dessous tylet boutonné ou une aiguille mousse pour soulever le vaisseau approcher ses parois, de manière à empêcher toute issue du l, on y fait une ouverture capable de recevoir la canule d'une ague à injection.

'on autre côté, on saigne à l'ordinaire le sujet qui doit fournir uig; le sang est reçu dans un verre conique, ou mieux encore ctement dans la seringue. Une précaution essentielle est d'exer l'air de la seringue, ce qui se fait en tenant la canule en haut oussant le piston jusqu'à ce que le sang sorte pur; on enfonce s la canule dans l'ouverture de la veine, et l'on pousse le piston ' lenteur et précaution.

Qelques opérateurs se sont dispensés de soulever la veine sur ^let; mais on expose ainsi le malade à perdre un peu de sang, 'est toujours un danger à éviter. M. Nélaton a remplacé le stylet une an$e de fil, ce qui est peut-être plus commode ; mais il a oduit surtout une moidiûcatîon très-heureuse touchant l'incision a veine. Le vaisseau soulevé par l'anse de fil, il saisit sa paroi îrieure avec une pince à disséquer, et le divise obliquement

- dans la moitié de son 4ianiélre, de manière à avoir un lasAoïl en V ; ce lambeau, relevé avec la pince, forme un petit ealonwj où la canule s'engage avec plus de sécurité. ;

Procédé de Belina. — L'appareil de l'auleur consiste en us t*

de 25 centimètres de hauteur su terminant eu bas par un auquel s'attache le tube en caoutchouc partant le sang au m destiné à pénétrer dans la reine du malade. La partie supÉrisi évasée en forme d'eutonnoir, reçoit un bouchon (B) aH

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