‹ Manuel de médecine operatoire v.2Chapitre 66 sur 201 · TRANSFUSION DU SANG · texte numérisé non relu

TRANSFUSION DU SANG

aboutit un tube portant deux renflements, et qui n'est autre que PiDJecteur de Fappareil pour l'anesthésie locale.

Oo commence par défîbriner le sang à Taide de baguettes de verre^ puis on le filtre à travers une toile épaisse et on l'introduit par Couverture (B) avec un entonnoir de verre. On ferme cette ouverturc et Ton place le flacon dans un bain d'eau chaufiié à kO degrés. Ceci fait, après avoir bandé le bras du malade comme pour tme saignée, on découvre par une incision la veine médiane. On prend la précaution, après avoir renversé le flacon le col en bas, de laisser couler quelque peu de sang par le trocart, afin d'être tout à fait sûr que le tube ne renfei'me plus d'air. On replace la tige du trocart, et on l'enfonce dans la veine médiane. On enlève alors la bande qui comprime le bras et l'on règle l'introduction du Saog en pressant plus ou moins sur la boule terminale de l'injecteur deRicbardson.

La statistique ne nous donne ici que des résultats approximatifs, pnisqu'elle ne s'appuie que sur les cas publiés et qu'il faut comme toujours compter avec la non- publication des cas malheureux; mais somme la science ne se base pas sur l'inconnu, nous dirons que sur 175 cas publiés il y eut 87 succès, 3 succès partiels^ 80 décès et l cas douteux. Les cas les plus souvent heureux ont été ceux où ^'opération a été faîte pour des hémorrhagies à la suite de l'accouchement ; il y eut 56 succès et 29 morts.

Dans une communication faite au congrès scientifique de Bordeaux, en 1870, Alph. Guérin a préconisé un mode de transfusion îtï'il appelle par communauté du sang. Il consiste à isoler une artère cbez le patient et chez celui qui lui donne son sang ; puis à couper ces deux artères en travers et à mettre en communication par un lube de caoutchouc le bout cardiaque de l'artère de l'individu sain Mec le bout périphérique de celle du malade, et vice versa pour les deux autres bouts artériels. Le sang arriverait donc d'abord vers les capillaires du malade, l'homme sain recevant également par le houl périphérique de son artère le sang du malade. Alph. Guérin attnbue les plus grandes chances de succès à cette communauté <nï'oD pourrait, dit-il, établir pendant huit jours. Toutefois, l'expénence n'a pas été prolongée sur les animaux, et elle n'a pas ^té faite sur l'homme. On peut croire d'abord que le tube s'oblitérerait après moins d'une heure par la coagulation du sang, *ûisi qu'il est toujours arrivé dans les expériences analogues, et si ion peut facilement donner de son sang pour essayer de sauver un Budade, on se demande si dans les cas oi!i l'on fit la transfusion chez fe malades atteints d'hydrophobie (1), de folie {U), de choléra (5), an fièvre typhoïde (1), de cancer (5), de longues suppurations (8),

MALGAIGNE. — MÉD. OPÉR., 8° édit. ï. — 13

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de phthisie (2j, d'infection purulante (3), de syphilis (1), ou chei dos individus empoisonnés (7), ou aurait facilement trouvé un chirurgien disposé à pratiquer cette communauté de sang et à recevoir dans ses artères celui de ses malades. On peut dans ces cas être assez généreux pour donner ; on ne pousserait pas la générosité jusqu'à recevoir.

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