‹ Manuel de médecine operatoire v.2Chapitre 69 sur 201 · PLAIES DES ARTÈRES · texte numérisé non relu

PLAIES DES ARTÈRES

trois après une amputation . Nolta pense qu'elle ef^t due alors à une s<>rte de sphacèle ; mais Verneuil Ta renconlrée«sui' les artères de la jambe, immédiatement après l'opération; toujours au moins ne saurait -on en accuser l'inflammation.

Voilà pour les plaies avec hémorrhagie extérieure. Un mot maintenant des plaies avec épanchement dans le tissu cellulaire. D'après les expériences d'Amussat, le sang, dans ces circonstances, est rapidement coagulé en une masse rouge, vers le centre de laquelle une tache plus ou moins large, circulaire, d'un brun noirâtre, indique le trajet que le sang suivait en dernier lieu à travers le caillot, pour aller de la plaie artérielle à la plaie extérieure.

De cette élude, Amussàt avait déduit un nouveau procédé pour arrêter d'abord Thémorrhagie, consistant à boucher la plaie de la peau, soit avec le doigt^ soit par un point de suture entortillée. Cela peut être utile en effet comme moyen provisoire ; mais à cet épanchement succéderait presque inévil(û)lementun anévrysme traumatique, et il faut toujours s'occuper de fermer le vaisseau. Or, pour arriver à la plaie artérielle, Amus&at conseillait aussi de prendre pour guide le conduit central, révélé par sa couleur brune, ou bien en y portant un stylet ou une bougie. Dans les plaies un peu anciennes, ce canal finit quelquefois par s'organiser de manière à empêcher toute nouvelle infiltration du sang^ et Lisfranc est parvenu une fois à arrêter des hémorrhagies alarmantes par la simple compression exercée sur l'orifice externe d'un canal de ce genre.

Quand on lie l'artère au fond de la plaie, tout naturellement on enlève, autant qu'on le peut, les caillots qui occupent le tissu cellulaire ; mais que faire dans les cas oiî il a été nécessaire de lier le tronc artériel fort au-dessus de la plaie? Faut-il abandonner le sang épanché à la nature ; faut-il lui donner une issue par une ouverture spéciale? Quand il y a peu de sang épanché, l'ouverture est sans danger, mais aussi elle est peu nécessaire, et il y a lieu d'espérer la résorption. Quand l'épanchement est énorme, il est difficilement résorbé; mais l'ouverture donne fréquemment lieu à des mOammations de la plus mauvaise nature. Si le foyer sanguin communique à l'extérieur par une plaie qui s'est maintenue ouverte, il faut agrandir l'ouverture pour laisser au sang et au pus une libre issue. Si la plaie s'est fermée d'elle-même, ou si l'on peut espérer de la fermer, il faut attendre et voir si la nature ne suffira point à la résorption. Ce n'est que dans le cas où cet espoir serait perdu, et où la suppuration prendrait place, qu'il faut ouvrir par une large ouverture, vider complètement le foyer, panser à plat, et éviter par-dessus toutes choses le croupissement du pus.

ARTICLE II

DES ANÉVRYSMES.

Je traiterai successivement des anévrysmes circonscrits sponUsé ou traumatiques (ces anévrysmes ne diffèrent pas sous le rapport des indications thérapeutiques) ; des anévrysmes diffus le plus souvent traumatiques ; des anévrysmes variqueux ou artérmo-veimut: des anévrysmes cirsoides.

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