LIGATURE DES ARTÈRES
ARTICLE m.
DES LIGATURES D ARTERES.
Nous exposerons d'abord les règles générales de ces ligatures ; après qroi nous décrirons les procédés propres à la ligature de Âaque artère, d'abord dans le système aorlique supérieur, puis îans le système aortique inférieur.
§ I. — P.ÈGLES GÉNÉRALES.
Les règles générales qui président à Tapplicatiou des ligatures •otde deux ordres : les unes relatives à la sécurité de Topération, ks autres au manuel opératoire.
Pour la sécurité de l'opération, il faut : 1° que rien ne s'oppose k la formation du caillot, soit dans le bout supérieur, soit (ians le loul inféi-ieur ; 2** que le caillot contracte des adhérences suffisantes ; 1^ que la ligature ne tombe pas trop tôt, avant que les adhérences iBieDtl>ien solides; ni trop tard, de manière à empêcher la cicatri- •lion définitive de l'artère d'abord, et ensuite de la plaie extélîeure ; U'* enfin que l'on s'oppose à la rétraction et aux tiraillements k l'artère jusqu'à sa complète cicatrisation.
1** Le caillot se forme d'autant mieux dans une artère étreinte parla ligature, que celle-ci est placée plus loin des collatérales ; les ooindres collatéi'ales suffisent pour entretenir le cours du sang, et trrèter Faccroissement du caillot. Soit sur les animaux, soit sur rbomme, la hauteur du caillot est toujours subordonnée à la présence d'une collatérale ; et si cette collatérale a un très-gros volume, le caillot n'arrive pas même à son niveau. Notta, examinant sur l'homme une artère fémorale liée neuf heures avant la mort, a iTOuvé le caillot s'élevant jusqu'au niveau de l'origine de la fémorale profonde ; tandis que dans une artère iliaque primitive, liée «lix huit heures avant la mort, le caillot n'avait pas plus de 2 millimètres de hauteur, et était tronqué horizontalement à son sommet, bien que l'aorte en fût encore distante de 6 centimètres.
Il faut donc que la ligature soit toujours éloignée des collatérales iitpérieureSj et d* autant plus que ces collatérales ont plus de volume. C'est là peut-être la règle la plus importante, et par malheur celle qui a été le plus souvent violée.
MALGAICNE. — MÊD. OPÉR. 8« édit. 1. — 15
25ii OPÉRATIONS GÉNÉRALES.
On doit rappliquer aussi pour les collatérales situées au-dessMi de la ligature ; mais avec moins de rigueur, attendu qu'on n'a id i craindre que la circulation de retour. «
2° Les premières adhérences du caillot se font à la surface de section des tuniques artérielles. Ceci légitime déjà la préféresEe donnée aux ligatures unes (voy. plus haut, p. 75] et fait une loiao chirurgiens de les serrer assez pour rompre complètement les toniques internes de l'artère. Chez Thomme, à ces premières adlérences s'en joignent promptement d'autres qui unissent le cailloll la surface interne du vaisseau. Le voisinage d'une grosse collalH raie empêche encore le caillot, même bien développé, d'adhérer il l'artère dans une certaine éteodue ; nouvel argument à TappinA la première règle.
3** Nous ne connaissons pas toutes les conditions qui font tOBib prématurément les ligatures ; cependant les ligatures larges soot cet égard bien plus périlleuses que les ligatures fines. De 178) 1821, époque où les ligatures larges étaient généralement pré rées, sur 59 ligatures appliquées à l'artère fémorale, 21, plos tiers^ étaient tombées du cinquième au quinzième jour. De 1821 1 8^8, époque favorable aux fils plus fins, sur 90 ligatures même genre, 18 seulement tombèrent du neuvième au quinzic jour. Dans la première période, la proportion des hémorrhagies de 1 sur 6 ; dans la seconde 4 sur 12.
Le retard dans la chute des ligatures vient généralement de que l'on a compris d'autres parties molles avec l'artère ; c'esl li qu'on a vu des ligatures demeurer en place vingt, trente, elj qu'à soixante jours. 11 faut donc isoler l'artère autant que posa et éviter même de comprendre la gaine celluleuse dans la ligaM D'après mon expérience, une ligature bien faite sur des artèi telles que la fémorale, l'iliaque externe, la carotide, tombe ri lièrement vers le seizième jour.
^° La rétraction des artères liées dans leur continuité peiU4 placée parmi les causes actives des hémorrhagies. Norris, sur! ligatures de la fémorale, a compté 2^ hémorrhagies, 1 sur 81 Évidemment cet accident est beaucoup plus rare après les putations. La rétraction peut être purement physiologique, à l'élasticité naturelle de l'artère, ou pathologique, accrue par rinflammation. Pour annuler autant que possible les effets première, il faudra mettre l'artère dans le relâchement paf position demi-fléchie, et veiller surtout à ce que, par des ments intempestifs, le malade ne la distende pas outre pour moi, je n'hésite pas à appliquer un appareil d'immobilt Contre la seconde, outre la position et l'immobilité , il faut