‹ Manuel de minéralogieChapitre 110 sur 159 · NT TU · texte numérisé non relu

NT TU

5° Plan de macle parallèle et axe de révolution perpendiculaire à it, Cette hémitropie, très-rare dans l’albite, et analogue à celle de l’orthose de Baveno, fig. 151 et 151 bis pl. XXVI, a été signalée et déerite par M. Neumann de Kônigsberg dans un mémoire intitulé « Das Krystall-System des Albites und def ihm verwandten Gattungen.» Clivage parfait suivant p, moins net suivant g!, imparfait suivant {. Cassure imparfaitement conchoïdale ou inégale. Les faces m, t, g?, ?g, g! sont striées parallèlement à leur intersection mutuelle; at et a”! sont ordinairement arrondies; a!? est petite mais très-nette. Les cristaux de périkline dont les dimensions transversales dépassent quelquefois 8 centimètres sur 5 ont presque toujours des faces ondulées ou légèrement raboteuses. Sur les pe- Lits cristaux d’albite, la face £ ne se trouve jamais exactement dans la zone pb! b!? où on devrait la rencontrer; d’après les indications du goniomètre, le plan qui ferait partie de cette zone serait compris entre # et w; par conséquent l'angle mt doit différer très-peu de mu; cependant toutes les observations de MM. Rose et Marignac s'accordent avec les miennes pour indiquer une valeur trop forte de l'angle mt. Une autre irrégularité des cristaux d’albite maclés parallèlement à g' consiste en ce que les faces a! et ,» sont toujours un peu en dehors de la zone ct? gt b1?.;,q,0; dans la périkline, cette irrégularité n'existe pas et l’on peut constater l'exactitude de la zone g'b'®atc?. Transparente ou translucide: Plan des axes

optiques faisant un angle d'environ 20°12’ avec l’arète 2 un angle q

de 96°46' avec l’arète Le et un angle de 16°17 avec une nürmale

à g!. Bissectrice aiguë positive faisant le même angle de 16°17/ avec une normale à g! et un angle de 77°19' avec une normale à y; sur un cristal orienté comme la fig, 141, la bissectrice se relèverait par conséquent vers e!?. Deux lames extraites d’un cristal du Tyrol et perpendiculaires aux deux bissectrices ont donné dans l'huile (n, = 1,465) :

QHs= 83°5 1 2H, — 108°55" ray:trouses:

ontire dela: 2V,—7820 2E,=— 152222 fG, — 1,537.

La dispersion des axes dans l'huile est à peu près nulle. Les anneaux de chaque système ont sensiblement la même forme arrondie,

ALBITÉ 323

seulement les uns ont des couleurs un peu plus vives que les autres. Dans la plaque normale à la bissectrice positive, l’hyperbole des anneaux brillants est bordée extérieurement par une couleur rougeûtre, intérieurement par du bleu; l’hyperbole des anneaux pâles n'offre qu'une teinte bleuâtre des deux côtés. Une calcination poussée dans l'air jusque vers 250° ne paraît en rien modifier l’écartement des axes optiques. Eclat vitreux, nacré sur p et quelquefois sur le clivage parallèle à g'. Incolore; d’un blanc de diverses nuances ; rouge pâle ; jaunâtre; verdàtre; grisâtre. Poussière blanche. Fragile. Dur. —6à 6,5. Dens, — 2,54 à 2,64.

Au chalumeau, fond difficilement sur les bords en un verre clair bulleux avec coloration sensible,de la flamme en jaune. Inattaquable par les acides. |

Na, À, Si: Silice 68,37 Alumine 19,62 Soude 11,81; une petite quantité de soude tant ordinairement remplacée par de la potasse et de la chaux.

Analyses de l’albite cristallisée : a, blanc rougeâtre, d'Arendal, par G. Rose; b, du Saint-Gothard (périkline), par Thaulow; c, incolore, transparente, dans les schistes chloriteux et amphiboliques cuprifères de Kiräbinsk, Oural, par Abich; d, du Dauphiné, par Brédif; e, en petits cristaux incolores doublement maclés, engagés dans un calcaire compacte jaunâtre traversé par des veinules de dolomie lamellaire, du col du Bonhomme en Savoie, par Marignac; f, en très-petits cristaux engagés dans une phonolite compacte du Laugafjall près le grand Geyser en Islande, par Damour; g, en petits cristaux brunâtres du trachyte de Montagna, ile de Pantellaria (pantellarite), par Abich.

a b ê dl e f g Silice 68,16 69,00 68,25 67,99 67,66 66,54 68,23 Alumine 49,30 19,43 18,71 19,61 20,40 19,01 18,30 Oxyde ferrique 0,28 » 0,27: » » 1,83 1,01 Soude D,12 ANT 41,24 A4,12 10,81 9,63 ‘7,99 Potasse » » 0,65 » 1,06 1,52 2,53 Chaux 0,68 0,20 0,50 0,66 » 0,84 1,26 Magnésie traces » 018 » 0,07 » 0,54

Densité : 2,61 2,64 2,624 » 2,633 » 2,595 Ahalyses de l’albite : k, de Marienbad en Bohème, par Kersten; i, en grands cristaux d'un blanc de neige, accompagnés de tourmaline et de quartz, de Snarum en Norwège (échantillons probablement impurs), par Scheithauer; , en gros cristaux sans clivages, à cassure esquilleuse, d’un blanc jaunâtre, du glacier du Mont Rose, par Delesse; k, de Chesterfield en Massachusetts, par Laurent; /, blanche, grenue, de Lancaster en Pennsylvanie, par Brush; de la péristérite de Perth, Bas-Canada, mi, par Hunt; de l’hyposclérite vert noirâtre, d’Arendal, n, par Rammelsberg.

h 2 5 PEL Ve (IE m n

Silice 68,70 66,11 68,0 68, 66,65 G6,80 67,62 Alumine 17,92 18,96 De 20,8 20,78 21,80 16,59 Oxyde ferrique 0,72 0,34 4 0,1 » 0,30 2,30 Soude 1,01 9,2%: 7,8 140,5. 9,36 7,00 | 40,24 Potasse 4518: 0,57 0,7 D » 0,58 0,51 Chaux 0,2} 3,72 traces 0,2 2,05 , 2,52 0,85 Magnésie » 0,16 0,k » 0,52 0,20 1,46 Perte au feu » » » » » 0,60 0,69

Densité : 2,612 D) 2,649 » 2,619 2,627 9,63 à 2,66

L'albite proprement dite, en cristaux généralement incolores et transparents, forme de petits filons dans les graniles, les gneiss, les micaschistes et les diorites des Alpes francaises et suisses, des Pyrénées, de la Saxe, du Tyrol, etc., et notamment à Saint-Christophe en Oisans; au Saint-Gothard; aux environs de Baréges ; à Zôblitz; au Zillerthal ; à Kaldern près Marburg en Hesse; à la Saualpe en Carinthie; à Miask, Oural; à Arendal en Norwège; au Steinberg près Goslar, Hartz. On en trouve des macles en crête de coq d’un aspect particulier, d'un blanc de lait ou d’un blanc jaunûtre, à l’île d'Elbe; en Sibérie; dans les pegmatites de la Vilate près Chanteloube, département de la Haute-Vienne. Les cristaux sont souvent implantés sur des cristaux de quartz ou d'orthose au milieu des granites, à l'île d'Elbe; à Baveno; aux Morne mountains en Irlande; à Alabaschka et Beresowsk en Sibérie; à Schreibershau, Schwarzbach, etc., en Silésie; à Bobritsch, Burkhardsgrün, etc., en Saxe; à Ronsberg en Bohème; à Middletown, Connecticut; à Granville, comté de Washington, Etat de New-York. On la rencontre aussi dans les diorites porphyriques et les amphibolites à Kiräbinsk, Oural; au Greiner, à Pfitsch, etc., en Tyrol; dans le trachyte de Montagna, ile de Pantellaria; dans la phonolite du Laugafjall et de quelques collines qui entourent le grand Geyser en Islande. De petits cristaux transparents fortement aplatis suivant g! et offrant la double macle de la fig. 143 sont abondamment disséminés au milieu d'un calcaire magnésien compacte ou saccharoïde qui forme des amas subordonnés dans les terrains secondaires du Bourget près Modane en Savoie, dans les schistes cristallins du col du Bonhomme au sud-ouest du Mont Blanc et dans ceux des environs d’Aste, vallée d'Ossau, Basses-Pyrénées. La périkline qui ne diffère de l’albite que par la blancheur, l'opacité, la grande dimension de ses cristaux et leurs macles particulières, se trouve principalement dans

des schistes chloriteux, avec: orthose, sphène, apatite, rutile et.

ripidolite écailleuse, au Saint-Gothard; à Viesch en Valais; au Fürtschlagel, vallée de Pftsch, et dans le Zillerthal en Tyrol: ce sont les trois dernières localités qui fournissent les plus beaux échantillons. Des masses: lamellaires (Cleavelandite), quelquefois granulaires, d'un blane bleuâtre, servent de gangue aux tourma-

PÉRISTÉRITE. HYPOSCLÉRITE. Me 325

lines rouges et bleues à Chesterfeld et Goshen, Massachusetts; à Paris, Etat du Maine et à Acworth, New-Hampshire. À Haddam en Connecticut, elles accompagnent la cymophane, le béryl, les tourmalines noires et la baïérine. De belles variétés granulaires ou amorphes se trouvent à Monroe, Connecticut, avec du béryl; à Unionville, comté de Chester en Pennsylvanie, servant de gangue au corindon et regardées comme indianite; en Finlande; à Finbo et Brodbo près Fahlun en Suède; à Brevig en Norwège; au Wildthal près Freiburg en Brisgau; à Penig en Saxe, etc. M. Dufrénoy a recueilli autrefois sur les moraines situées au pied nordest du glacier du Mont Rose deux gros cristaux non maeclés, sans clivages, à cassure esquilleuse. qu blanc grisâtre et jau-

nâtre, allongés parallèlement à l'arête Fa dont l’un offre la com-

binaison des formes mé g!'pat,et l'autre la combinaison 9m é 9° °gq g' pat a”? c'?; leurs faces sont ternes et'un peu raboteuses, et on ne peut mesurer leurs incidences qu'au goniomètre d'application : celles que j'ai obtenues à diverses reprises s'accordent assez bien avec les angles correspondants de l’albite : c’est sur un fragment de l’un de ces cristaux qu'a été faite l’analyse, 7, par M. Delesse. Aucun échantillon analogue n’a été retrouvé depuis l'exploration de M. Dufrénoy.

On supposait il y a quelques années qu'un assez grand nombre de granites de la Bretagne et de la Suède étaient essentiellement composés d'orthose et d’albite, mais les analyses les plus récentes prouvent que c'est à l'oligoclase qu'il faut rapporter la majorité des éléments feldspathiques regardés j jusqu'ici comme albite.

L'albite paraît beaucoup moins susceptible de s’altérer que l’orthose; cependant elle éprouve quelquefois une kaolinisation semblable à celle de ce minéral; c’est ce qu'on observe notamment dans les peymatites de la Vilate, de Chanteloube et de quelques autres points aux environs de Limoges.

La péristérite de Perth dans le Bas-Canada, analysée par M. Hunt, se présente en masses lamellaires offrant sur le clivage de la base les stries caractéristiques des feldspaths du sixième système cristallin et des reflets nacrés bleuâtres. Une ancienne analyse de Thomson faite sur une substance portant le même nom, très-lamellaire et irisée, d’une densité = 2,568 se rapporte évidemment à un orthose.

L’'hyposclérite de M. Breithaupt ne serait, suivant M. Rammelsberg, qu'une albite vert noirâtre d'Arendal, mélangée d'environ 5 p. 100 d’une substance pyroxénique. D’après une ancienne description de M. Hermann les cristaux offriraient la combinaison m tg??q g'p a' b"?c?; ils seraient clivables suivant p et g', avecune cassure lamellaire, translucides, peu éclatants, d'un gris verdâtre, difficilement fusibles en émail blanc; leur dur. = 5,5 et leur dens. = 2,66. Leur composition les rapprocherait d’un oligoclase. Leur analyse'a

326 NI ZXGADITE. ADINOLE,

1 3 cd LU e U donné à M. Hermann : Sj 56,43 A1921,70 Fe0,75 Na5,79 K92,65

Caz,83 Mg 3,39 Mn0,39 Ce, La 2,00 Perte au feu 4,87 — 99,80. | Il est probable qu'on a confondu sous le même nom deux substances différentes, mais présentant des caractères extérieurs semblables. M. Scheerer a observé près de Kragerôe en Norwège, dans une roche de feldspath et d'amphibole, et près de Snarum, avec mica, rutile et apatite, des moules de scapolite remplis par une albite saccharoïde à grains fins ou en lamelles cristallines enchevêtrées, M. Richter a analysé ces deux variétés et a trouvé : E À k : Ë : Perte Si Al Fe Mn Na K Ca Mg aufeu.

0. 68,00 48,87 0,87 » 140,52 A4 O,2 » 0,45 — 99,73 p. 66,83 19,90 0,39 0,20 10,43 » 4,56 10,39-10,25,— 09657 o, variété saccharoïde de Kragerôe; dens. — 2,60; p, variété cristalline de Snarum ; dens. = 2,59.

Lazygadite de M. Breithaupt n’est probablement que de l’albite. Elle se présente en très-petites tables minces sur lesquelles j'ai constaté les faces g! p c!”?, avec l'incidence g! c'? — 120°; ces tables, dont la coupe verticale a la forme d’un parallélograme d'environ 128°, sont fortement aplaties suivant gt et portent en leur milieu une suture transversale semblable à celle des cristaux doublement maclés du col du Bonhomme et de Modane avec lesquels elles ont une grande analogie. Translucide ou laiteuse. Eclat entre le vitreux et le nacré sur les faces de clivage. Blanc jaunâtre ou rougeûtre. Dur.—6 à6,5. Dens.— 2,511 à 2,512 (Breithaupt). Contient, d’après Platiner, de la silice, de l’alumine et de la lithine. Tapisse des fentes dans un schiste argileux gris, avec cristaux de quartz laiteux, stilbite et blende, à la mine Catharina Neufang, à Andréasberg,

L’adinole (pétrosilex de Salberg; pétrosilex agathoïde; feldspath compacte de Haüy; gemeiner dichter Feldspath de Werner; dichter Feldstein de Hausmann; Hälleflinta des Suédois, en partie), est plutôt une roche qu'un minéral défini, et il paraît composé d’albite mélangée de quartz. Compacte. Cassure écailleuse. Translucide sur les bords. Mat ou à éclat cireux. Rouge de chair; brun rougeâtre; les couleurs sont souvent mélangées de blanc ou de gris et quelquefois disposéespar zones. Dur.—6,5. Dens. = 2,617 à 2,640. Au chalumeau, fond difficilement en émail blanc ou ne fait que se fritter. Deux analyses de l’adinole, q, de Sala en Suède, par Berthier, r, de Lerbach au Hartz par Schnedermann, ont donné :

Si Al Fe Na K Ca Mg ge 19,5 49,2 0,5 6,0 » » 14 — 99,3 r. TA,60 14,75 4,41 40,06 0,32 4,06 traces — 99,20

! L'adinole, qui ressemble beaucoup aux autres pétrosilex, se rencontre en couches intercalées dans les schistes cristallins et sili-

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ceux; il est probable qu’il constitue aussi, au moins en partie, la pâte des porphyres euritiques. On le trouve principalement à Sala en Suède et dans les environs d’'Osterode et de Lerbach au Hartz, où il forme la masse rouge d’une substance connue sous le nom de

jaspe rubané (Bandjaspis).

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