‹ Manuel de morale et d'économie politiqueChapitre 35 sur 41 · V I N G T-S 1X1È.ME EX TRET IEN · texte numérisé non relu

V I N G T-S 1X1È.ME EX TRET IEN

coiilentemcnt de l’esprit et l’union des cœurs sont des avantages

pour nrilPPTe PaS t0Ui°UrS’ mais flue Ie vous erois assez éclairés pour priser à leur juste valeur.

— Merci, M. Dupré, dit Léonard, pour les bonnes paroles mœ VOUS venez de nous dire. Vos explica.ions sur les avantage" les ineonvemenls des différents systèmes d’association ont achevé edissipei nos doutes, et nous avons trop de confiance en vous P Ui ne pas nous ranger à votre opinion. I! ne dépendra nas

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nant vers M. Dupré: - Permettez-moi auss" de vo!,.s rcmer”ër

donLTsTle idUpré’lP°Ur 'eS eXCe"entS avis lue vous nous avez onncs. S les idees d association et de participation ont occupé

depuis quelque temps l'esprit de nos ouvriers, elles ne ous ont

pas moins préoccupés. Ils veulent faire quelque chose pour amé

l.orcr leur position, nous le désirons aussi vivement LC

- OUS en cherchions les moyens et nous étions arrivés à l'idée

un p an qui nous paraissait concilier tous les intérêts Cencn

tlaDt, incertitudes nous restaient encore vos dendères

woles les ont fait disparaître. Je profite donc, sanl plus larder

. celle occasion, pour annoncer à ceux de nos ouvriers ici

présents que nous avons une proposition à faî e ûx et è

leurs camarades. .Nos confrères des forges me chargent de

aire connaître qu’ils sont dans les mêmes intentions à° l’égard

de leurs ouvriers. Nous invitons donc les uns et les autres '

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fjuant a vous, M. Dupré, vous avez trop bien étudié ces nues Nous pour que nous ne désirions pas mettre à prolit vos lm ,

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vous ^ItS^aéT" si VÜUS c,uïcz que i«

qnchjue milite. Vous savez que je suis trot, heureux

D I F F É LIEN TES F ORMES 1> A S S O G IAT iOZ\S .

quand je puis faire quelque chose pour les habitants de Mirebeau.

Mais, avant de clore cet entretien sur le parti que les ouvriers peuvent tirer de l’association pour améliorer leur condition, permettez-moi de vous dire un mot de quelques modes d’association, plus communs à l’étranger que chez nous, où l’on ne se préoccupe guèrequedes associations dont nous avons parlé aujourd’hui, c’est-à-dire, des sociétés coopératives de production, ainsi appelées, parce que l’association y a toujours pour but la fabrication d’une espèce quelconque de produits. Ce système d’association est jusqu’ici le seul presque qui attire l’attention des ouvriers en France. II n’en est pas de même à l’étranger, où les idées se tournent principalement vers deux autres systèmes que je dois vous faire connaître.

En Allemagne l’association a pris principalement la forme de sociétés de crédit ou de banques d’avances. Ces banques ont pour objet de fournir aux ouvriers le crédit qu’ils ne trouveraient pas ailleurs; elles leur avancent les petites sommes dont ils peuvent avoir besoin, et que l’organisation des grandes banques ne permettrait pas de leur prêter. Elles ont pris un très-grand développement grâce à la persévérance et à l’activité d’un homme de bien qui s’es.t dévoué à leur propagation, M. Schulze-Delitzsch, ainsi nommé de la petite ville prussienne de Delitzsch, où il posa les bases du premier de ces établissements.

Ce qui les caractérise, c’est que les ouvriers en faveur de qui elles sont établies, en sont à la fois les fondateurs et les actionnaires. Il n’est, en effet, point besoin de grands capitaux pour les créer. Il suffit de quelques individus; qui réunissent leurs petites économies jusqu’au moment où elles sont suffisantes pour permettre à la banque de fonctionner, et qui appellent à eux tous ceux qui veulent participer aux avantages offerts par la société à tousses membres.

■ — Mais, dit Michel, comment des gens qui n’ont rien pourraient-ils fonder une*de ces banques?

— Rien de plus facile, mon ami. 11 ne faut pour cela que de la bonne volonté, et encore n’en faut-il pas beaucoup. Pour faire partie d'une banque, il suffit de payer d’abord un droit d’entrée, fini, en Allemagne, n’est. généralement que de 1 fr. 2,3 cent. Ù2fr.,

V1NC.T-SI XIÈME ENTRET IEN .

cl qu’on peut même acquitter en plusieurs lois, puis une cotisation mensuelle, qui est en général de 25 centimes et ne dépasse guère 00. Or quel est l’ouvrier qui ne peut pas faire chaque mois cette faible économie? Quand le montant de ses versements atteint 00 fr., le déposant devient actionnaire et peut toucher à scs dividendes. Jusque là ils restent dans la caisse de la société, où ils portent intérêt à son protit, et lui donnent droit à une part proportionnelle des bénéfices; ils se capitalisent à son compte et diminuent d’autant les versements nécessaires pour compléter l’apport réglementaire.

Une fois la somme de 00 francs parfaite, l’associé peut toucher à ses dividendes. S’il les laisse à la caisse, la banque les accepte à titre d’emprunt; il devient alors créancier de la société, qui, outre l’intérêt de ses fonds à 5 p. 100, lui donne une part proportionnelle dans les bénéfices. Ceux-ci consistent dans l’intérêt des prêts que la banque fait à ses membres. Chaque actionnaire a en elîet le droit d’emprunter à la banque, et sur sa signature seule, jusqu’à concurrence du fonds personnel qu’il s’y est créé. Si la somme qu’il demande va au-delà, on exige la garantie d’un autre associé.

Les sommes prêtées par la banque le sont au taux de 5 p. 100, auquel s’ajoute un droit de commission d’un quart pour cent par mois, ce qui porte l’intérêt à 8 p. 100 par an. Comme la banque paie de son côté à 5 p. 100 l’intérêt des sommes qu’elle emprunte soit à ses membres, soit à d’autres personnes, la différence constitue le bénéfice ou les dividendes de ses actionnaires. La valeur des prêts varie du reste infiniment, depuis les plus petites sommes jusqu'à 1000 fr. et plus, selon l’importance de la banque. L'argent est avancé en général pour deux ou trois mois seulement, et rentre en moyenne dans la caisse de la banque, au moins trois fois par année. C’est ainsi que le montant des prêts faits par les banques s’élève généralement au triple du montant des fonds dont elles disposent.

Le grand avantage de ces banques c’est qu’outre le crédit qu'elle fournissent aux ouvriers, elles deviennent un moyen lucratif de placement pour leurs économies. Un effet, indépendamment de l’intérêt régulier de ses fonds, l’actionnaire a dans les bénéfices

de la société une part proportionnelle. Aussi ces banques ontelles eu un si grand succès en Allemagne, que, dans la dernière année pour laquelle on ait des renseignements, quinze ans seulement après la fondation de la première, elles étaientdéjà au nombre de 1304 ; elles comptaient 220,000 membres, possédaient 83 millions en propre, et avaient pu prêter en une seule année à leurs membres, à l’aide de cet avoir, la somme considérable de 253 millions. Les bonis des sociétaires n’étaient pas loin d’atteindre dix millions par ans.

— C’est réellement merveilleux, s’écrièrent bien des voix dans l’auditoire.

— Oui, mes amis, c’est merveilleux. Et ce qu’il y a de remarquable, c’est que les résultats moraux de cette institution l’emportent peut-être encore sur les résultats matériels. Elle a sur les individus une influence moralisatrice des plus salutaires. Elle a appris aux ouvriers à s’aider eux-mêmes, au lieu de tout attendre de la société et du gouvernement. Elle leur a montré que ce qu’ils pouvaient obtenir de leurs propres efforts dépassait de beaucoup tout ce qu’ils avaient cru possible jusqu’à ce jour. Elle élève le travailleur au rang de capitaliste par le boni qu’elle l’oblige à se créer et par les dividendes qu’il touche.

Enlin, elle habitue l’ouvrier à l’économie, à l’ordre dans ses affaires. Elle développe chez lui, ainsi qu’on l’a fait remarquer, le sentiment de la bonne fraternité et de la solidarité intelligente. Les banques d’avance apprennent au travailleur que l’amélioration de son sort est entre ses mains et non ailleurs ; qu’il doit la chercher dans son assiduité au travail, dans son esprit de prévoyance, dans les progrès de sa moralité et de son intelligence, dans la considération qu’il sait ainsi conquérir et conserver. Elles lui enseignent en même temps le respect pour sa parole et l’exactitude dans ses engagements. Ce qui vous prouvera, mieux que ce que je pourrais dire, à quel point elles développent chez les sociétaires lès sentiments d’honneur, c’est que, sur une somme de 233 millions, prêtée en une seule année, le chiffre des perles s’est réduit à 77,000 francs, c’est-à-dire à 30 centimes seulement sur mille francs.

— C’est admirable, s’écrièrent encore beaucoup de voix.

V 1 N G T -SIXIEME E N T RETIEN.

— C’est encore plus honorable, et l’on ne peut qu’applaudir au succès d’une institution qui donne de pareils résultats. Espérons donc que nos concitoyens finiront par en comprendre les avantages.

En Angleterre, le mode d’association qui a eu le plus jusqu’ici les sympathies des travailleurs, ce ne sont ni les sociétés de crédit ou les banques d'avance, comme en Allemagne, ni les sociétés de production, comme en France, ce sont les sociétés de consommation. Le but de ces sociétés est de réaliser, dans la mesure du possible, pour les consommateurs, le problème de la vie à bon marché ; le moyen consiste à diminuer pour eux le prix des ob jets de consommation, en les faisant participer aux avantages des achats en gros, qui ne sont presque jamais à leur portée, et en les délivrant des bénéfices que les marchands prélèvent sur eux pour la vente en détail.

L’un des côtés les plus fâcheux de la position des gens peu fortunés, qui auraient intérêt à payer tout meilleur marché que les autres, est de payer, au contraire, une foule de choses un peu plus cher. C’est le cas surtout pour ceux qui, n'ayant aucune économie, sont obligés de faire toutes leurs acquisitions au jourle jour, au lieu de se pourvoir à la fois pour quinze jours, un mois, une saison d avance : de ce nombre sont particulièrement les boissons, le chauffage, 1 éclairage, tous les articles d’épicerie qu’on achète au litre, au boisseau, a la livre, à l’once même, ou à la demionce, pour nous servir des anciennes dénominations, au lieu de les acheter a I hectolitre, à la tonne, au quintal, ou même seulement au kilogramme. C’est ainsi que les ouvriers, au lieu du prix qu ils auraient à payer s'iis pouvaient se procurer les objets en gros chez le producteur ou le fabricant, les paie quelquefois iOo, üOO p. 100 plus cher, et même plus, en les achetant par petites quantités chez le marchand en détail.

Mais c est infime, savez-vous, dit André, ces énormes béhenéfices que les marchands prélèvent sur la bourse des pauvres!

— C’est en effet très-regrettable , André ; cependant ce n’est pas infâme, comme ton indignation te le fait dire. Il n’y a d'infâme que ce qui est souverainemement injuste. Or, les bénéfices du marchand sont très- légitimes, quand ils ne sont accompagnés d’au-

cune fraude ; ceux qui paraissent le plus monstrueux, sont souvent le plus nécessaires, précisément parce qu’ils portent sur des ventes excessivement minimes, qui occasionnent au marchand des dérangements aussi grands qu’une vente beaucoup plus importante. Il est en effet à remarquer que les détaillants qui font les affaires les moins brillantes, sont justement ceux qui sont obligés de vendre le plus cher.

Ainsi, outre les bénéfices qu’il doit faire pour l’emploi de son temps et l’intérêt des capitaux qu'il est forcé d’avancer pour ses approvisionnements , le marchand doit en faire pour se couvrir de ses frais de loyer et de commis, pour l’indemniser des pertes produites par la détérioration des marchandises qui se gâtent en attendant la pratique, par le coulage, par une multitude de petites pesées. En outre, le marchand en détail, obligé de se fournir d’une énorme quantité d’objets divers, ne peut les tirer directement du producteur ou du fabricant. 11 lui faut s’adresser, dans le plus grand nombre des cas, à des marchands en gros, qui, à leur tour, se fournissent chez des commissionnaires. Ceux-ci même 11e pouvant être en relations directes avec tous les producteurs, ont souvent recours à des gens qu’on nomme des placiers. C’est ainsi qu’entre le consommateur et le producteur, se trouvent trois ou quatre intermédiaires, qui naturellement prélèvent chacun un bénéfice pour les services qu’ils rendent. Mais, quelle que soit l’utilité de ces services, ils n’en contribuent pas moins à grever toutes les denrées de frais considérables, qu’il est de l’intérêt des consommateurs de réduire par tous les moyens en leur pouvoir.

L’un de ees moyens consiste à supprimer tous les intermédiaires en se réunissant pour acheter en gros des denrées et les placer dans un magasin où chacun peut aller se les procurer, quand il en a besoin, en les payant au prix coûtant, moyennant un léger prélèvement pour payer les frais de loyer du rdagasin, rétribuer l’employé chargé de la vente et couvrir les frais de transport et autres. Tel est le principe des sociétés de consommation , qui existent aujourd’hui en France, en Allemagne, et surtout en Angleterre, où s’est fondée la plus célèbre des associations de ce genre : c’est celle des Equitables pionniers de Hochdale , la plus connue, mais non la plus ancienne.

VINCI T - S 1XIÈME ENTRE'!' 1 EN

Fondée,, il y a moins de vingt-cinq ans, à Rochdale, ville manufacturière près de Manchester, par vingt-huit pauvres ouvriers tisserands, désireux de se soustraire aux charges qui pesaient sur eux, elle avait pour but d’acheter en gros et de revendre en détail des vivres et des vêtements, afin de bénéficier sur la différence de prix, et subsidiairement d’entreprendre directement certaines fabrications pour le compte de la Société. Ces ouvriers n’avaient pas les premiers fonds pour ouvrir leur magasin ; mais, avec cette force de caractère qui distingue la nation anglaise, ils ne se découragèrent point : ils décidèrent de prélever sur leur salaire d’abord 1 franc 20 centimes chacun par semaine. Au bout d’un an, ils' avaient réuni une somme de 700 francs, avec laquelle ils commencèrent leurs opérations. Aujourd’hui la Société, considérablement accrue par l’adjonction de nouveaux membres, au nombre de cinq mille, est dans la situation la plus prospère. Elle possédait déjà, il y a trois ans, un capital de 2, 137,500 francs, malgré les dividendes considérables qu’elle distribue à ses actionnaires, dividendes qui, pour un seul trimestre, se sont élevés à 12 1/2 p. 100, ce qui correspond à un dividende annuel de 50 p. 100 sur les cotisations versées.

— Est-ce possible ! s’écrièrent beaucoup de voix.

— C’est plus que possible, mes amis, c’est un fait certain. Et cependant les Equitables pionniers de Rochdale n’ont reculé devant aucune dépense utile. L’association a établi près de son bazar commercial, qui a pris de plus en plus de développement, des écoles piolessionnelles, des salons de lecture et de conversation, des cours publics appliqués aux sciences et aux arts, et ouverts au public. Elle a même doté récemment d’une fontaine, éiigée a ses frais, la ville qui a été son berceau. On croit rêver en entendant de pareils faits, et je ne vous les rapporterais pas ■si, d ailleurs parfaitement attestés par des documents authentiques, ils ne nous fournissaient une leçon salutaire. Cette Société

nous en offre, en outre, une très-importante dans son organisation.

Dillcrente en cela de la plupart d’autres sociétés du même genre, qui existaient antérieurement ou qui se sont formées depuis, soit en Angleterre, soit en France et dans d’autres pays, l.’as-

DIFFÉRENTES FORMÉS d' ASSOCIATIONS . 453

sociation n’a jamais livré les objets rie consommation à peu près au prix coûtant. Les Equitables pionniers ont eu deux heureuses idées. Au lieu de faire bénéficier les acheteurs de la différence entre les prix d’achat en gros et en détail, l’association vend toutes les marchandises au prix courant des autres magasins, mais en ne livrant jamais que des denrées d’excellente qualité, et en s’interdisant scrupuleusement tous les bénéfices frauduleux sur le poids et la mesure, que les marchands se permettent souvent.

— Alors, où est l’avantage pour les sociétaires? dit Michel.

— IL est précisément dans la différence entre le prix d’achat et celui de la vente au détail. Cette différence entre dans la caisse de la Société; elle lui a servi non-seulement à constituer son capital, qui dépasse aujourd’hui deux millions, et, de plus, elle sert à payer tous les ans aux actionnaires des dividendes qui vont quelquefois, comme je vous l’ai dit, jusqu’à 50 p. 100 du montant de leurs cotisations. Ainsi, en se fournissant au magasin social, les actionnaires font un placement des plus lucratifs. Us ont eu une autre excellente idée : c’est d’ouvrir leur magasin au public, qui peut venir s’approvisionner aux mêmes conditions, et qui, outre l’avantage d’avoir toujours des denrées de bonne qualité et d’être servi sans fraude, a celui de participer aux bénéfices de 1 association. On attribue, en effet, à tous les acheteurs des dividendes, non point égaux à ceux des actionnaires, mais proportionnés au chiffre de leurs achats. Cet avantage a étendu considérablement les opérations de la Société.

Je suis entré dans ces détails un peu longs, non pas seulement pour vous faire connaître le mécanisme de l’une des associations qui méritent le mieux d’être étudiées, mais encore pour vous montrer, par cet exemple, combien les gens les plus pauvres ont de moyens d’améliorer leur position, quand ils le veulent sérieusement. Les sociétés de consommation, soit qu’on adopte le système des pionniers de Ilochdale, soit qu’on donne la préférence à tout autre, sont un de ces moyens et l’un des plus faciles '.

1 Sur 956 sociétés coopératives qui existaient, en Angleterre, en 18G8, 075 avaient fourni à l'office central d’enregistrement des rapports détail-

H 11e faudrait pas croire pourtant que l’association' pourrait étendre ses achats et ses ventes à toutes les denrées. En les étendant à des marchandises d’une vente restreinte, on diminuerait les bénéfices, puisqu’on ne pourrait plus acheter autant en gros, et on s’exposerait à des pertes par la détérioration des denrées. Il faut s’en tenir à celles qui sont d’un débit courant, telles que les articles d’épicerie, les boissons, la farine, le chauffage, l’éclairage; mais, dans ces limites, la marge est encore assez large.

Une autre condition, c’est l'obligation morale pour les sociétaires de se fournir au magasin de l’association. Il faut savoir résister à la tentation d’aller chez les marchands les plus proches, au lieu de faire un trajet un peu plus long pour se rendre au magasin. Pour cela, il faut avoir de la prévoyance, et ne pas attendre au dernier moment pour se procurer les objets dont on peut avoir besoin. C’est quelquefois difficile aux ménagères, qui ne pensent pas toujours à tout. Mais, comme aucun avantage ne s’obtient sans une peine ou un sacrifice quelconque, si vous vous sentez assez de lorce de caractère pour assurer le succès d’une institution de ce genre, je suis prêt à vous aider de mes avis. Si vous réussissez a en fonder une, je vous garantis que ce sera une heureuse chose pour les travailleurs de Mirebeau.

Soyez tranquille, monsieur Dupré, le courage ne nous manquera pas, dirent une foule de voix.

— Je vous eu félicite d’avance, mes bons amis.

lés sur leurs affaires et leur situation. Ces G75 sociétés, dontGIO n’étaient (;ue des sociétés de consommation, comprenaient 209,000 membres coopérants; elles possédaient un capital de 50,500,000 fr. plus le produit d’un emprunt de 4,600,000 fr. Les sommes reçues en échange de marchandises vendues s’étaient élevées à 202,825,000 fr., qui ont laissé un bénéfice net de 9,850,000 fr. après prélèvement des frais de toute sorte, et paiement de la dette. Elles avaient de plus mis 2,000,000 de francs de coté, comme fonds de réserve, et elles avaient dépensé 90,000 fr., pour leurs écoles et établissements d’éducation.

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