C. ANATOMIE DE l'apPAHEIL SENSORIEL DE PERCEPTION
Centres visuels primaires. — Ce sont les ganglions de la base. Toutes les fibres s'y terminent: les fibres pupillaires sont prolongées vers les centres irido-moteurs par d'autres neurones; les fdjres optiques sont continuées vers l'écorce par celles du 4^ neurone.
Les fibres destinées aux réflexes aboulissent principalement au tubercule quadrijumeau antérieur et accessoirement au pulvinar de la couche optique: les fibres à destination corticale vont surtout au corps genouillé externe et un peu au pulvinar.
Le corps genouillé exterme (fig. 55) est un petit ganglion en forme de cœur, dont la base est en haut et en dedans ; il est profondément enfoncé dans le pulvinar et la substance sagittale de Wernicke; celle-ci recouvre son côté externe: les fibres géniculo-corticales doivent donc la traverser.
Le tubercule quadrijumeau antérieur est une grosse saillie ovoïde, située à la partie supérieure de l'isthme de l'encéphale; il répond à la calotte du pédoncule: entre lui et son congénère est la glande pinéale.
Le pulvinar est l'extrémité postérieure renflée de la couche optique; la couche optique à ce niveau est libre, tandis que par sa face interne elle répond au tubercule quadrijumeau antérieur et au 3*^ ventricule (fig. 6) : sa face externe est soudée au bras postérieur de la capsule interne et répond plus bas à la bandelette optique, qui lui adhère; sa face inférieure, adhérente en grande partie, entoure les trois quarts supérieurs du pédoncule.
Centre visuel supérieur ou cortical. — Ses limites exactes ne sont pas rigoureusement établies : il est cependant certain que la scissure calcarine et les circonvolutions qui la bordent (cuneus en haut, lobules lingual et fusiforme en bas) en font partie; en somme, toute la face interne du lobe occipital, mais surtout la scissure calcarine (fig. 6).
Les rapports du centre visuel cortical avec les artères qui cheminent à sa surface, les méninges (faux du cerveau, tente du cer-
Fig. 53. — Centres optiques primaires [ganglions optiques). (D'après Charpy.) Face latérale gauche du tronc cérébral.
velet), les sinus méningiens, le crâne, etc., expliquent son atteinte dans les diverses affections portant sur ces organes.
Tous les centres visuels, primaires ou corticaux, sont irrigués par des branches de la cérébrale postérieure ; on conçoit l'importance de ce tronc artériel dans les troubles de l'appareil visuel central. On peut dire que, des deux grands systèmes artériels formant l'hexagone de Willis et la circulation intra-crânienne, l'un, le carotidien ou antérieur, irrigue les voies optiques périphériques ou extra-cérébrales, l'autre, le vertébral ou postérieur, irrigue les voies optiques centrales ou intra-cérébrales.
Voies d'association de V appareil oculaire sensoriel.—
ÉTUDE ANATOMIQUE DE L'APPAREIL OCULAIRE SENSORIEL
Dans la rétine. Au niveau de la couche des cellules bipolaires (neurone intra-rétinien de transmission), des cellules aplaties, nommées « cellules horizontales », s'étendent perpendiculairement aux bipolaires et, par leurs prolongements étoilés, mettent en connexion
Fig-. 54. — Schéma des éléments conducteurs centripètes (figurés en clair) et des éléments d'association (tigurés en noir) de la rétine. (Mathias Duval.)
I, premier neurone (cellule visuelle). — II, second neurone (cellule bipolaire). — III, troisième neurone (cellule multipolaire). — GH' et CH-, les deux variétés df cellules horizontales. — SP* à SP*, les cinq ordres de spongioblastes, — Les chiffres arabes, placés sur le côté gauche de la figure, indiquent les diverses couches de la rétine (voy. lîg. 49).
des bipolaires assez éloignées (fig. 54) ; ce sont des associations entre les divers éléments du 2'' neurone.
Entre la couche des bipolaires et celle des multipolaires (c'est-àdire entre le 2'' et le 5'^ neurones) est une zone extrêmement épaisse, la « couche plexiforme interne », qui n'est qu'un vaste buisson de
dendrites entremêlés et contractant les associations les plus complexes; ces associations se font, non seulement entre les prolongements du 2'^ et du neurones, mais aussi par l'intermédiaire de cellules intercalaires, « cellules amacrines ou spongioblastes » (fig. 54). L'impression visuelle a devant elle des voies diverses.
Entre les rétines. On a décrit des fibres inter-rétiniennes passant par le chiasma: il s'agirait de voies non visuelles, mais seulement d'association entre le 5*^ neurone droit et le 5*^ neurone gauche.
Au niveau des centres optiques primaires, il existe aussi de petits neurones intercalaires entre le 3*^ et le ¥ neurones.
Au niveau du centre cortical, des voies d'association mettent en jeu les centres moteurs des membres ou de la tête {région rolandique), ceux du langage (hémisphère gauche), ou les centres idéatoires {lobe frontal). Les deux centres corticaux de la vision sont en outre unis entre eux par des fibres commissurales, traversant le corps calleux (fig. 50).
Fibres centrifuges de l'appareil oculaire sensoriel. — Gajal a décrit, dans l'appareil visuel, de fines fibres à direction centrifuge, au milieu des fibres sensorielles à direction centripète; il a retrouvé de semblables fibres dans l'appareil olfactif.
Elles partent des ganglions de la base et viennent se terminer par des arborisations entourant les cellules amacrines ou spongioblastes; quelques-unes viendraient même de l'écorce (Wernicke), avec un relai aux ganglions de la base.
ETUDE l'IlVSiOLUGlQLE DE L APPAHEIL OCULAIRE SE.NSOHIEl. lôl
ClIAPITHK H ÉTUDE PHYSIOLOGIQUE DE L APPAREIL OCULAIRE SENSORIEL
A. HOMOLOGIE DE i/aPPAREIL DE LA VISIOX
AVEC LES AUTllES Al'l'AREII>S SEiNSOlUELS
La succession des divers neurones de l'appareil de la vision cl le groupement des corps cellulaires des dois premiers neurones dans une même membrane, la rétine, peut send)lei' au premier aboid inexplicable. Cependant, le schéma de Malhias Duval (lig. 55) peiniet de comprendre que l'homologie est complète entie l'appareil de la vision et les autres appareils sensoriels.
Le sens du tact, le plus simple, comprend un neui'one périphérique, extra-médullaire (ganglion rachidien), dont le cylindraxe (nerf rachidien) recueille les sensations par des ramifications entre des cellules non diiïërenciées, et un neurone central, intra-médullaire.
Le sens du goût offre le même dispositif, mais le neurone périphérique recueille les sensations par une cellule épithéliale différenciée.
Le sens de l\md'dion répond à ce même type, avec cette particularité que la cellule, qui est interposée entre le neurone périphérique et l'excitant, n'est plus une simple cellule épithéliale dilTérenciée, mais une vraie cellule sensorielle.
Le sens de t^ olfaction est plus simple, carie neurone périphérique perçoit lui-môme les sensations, mais le neurone central a son corps cellulaire hors des centres (bulbe olfactif).
Le sens de la vision présente un épithélium sensoriel ou neuroépithélium (I" neurone visuel), le neurone péiiphérique (!2' neurone) et le neurone central (5' neurone): ce dernier a son corps cellulaire, non seulement hors des centres, mais inclus dans la membrane sensorielle elle-même, dont il forme une des couches.
La rétine est donc un véritable centre nerveux, parce qu'elle contient le neurone central, parce qu'elle présente de la névroglie et parce qu'elle se développe, non comme un organe à part, mais comme
un prolongement du cerveau: elle est l'équivalent de la substance grise de la moelle. Il s'en suit que le nerf optique n'est en rien
Fi^;-. o5. — Schéma de la série des organes des sens : leur épitliélium, leurs cellules sensorielles et leurs neurones (Math. Duval).
A la partie droite de îa figure, la série des épithéliums de la sensibilité générale (A), de la gustation (B), de l'audition (C)^ de l'olfaction (D), de la vision (E). — La ligne pointillés JNSP marque le déplacement vers la périphérie des neurones sensitit's pénphéi'iques, à partir de celui de l'auiition (C). — La ligne pointillée CSG marque ce même déplacement pour les neurones sensitifs centraux, à partir de celui de l'olfaction (D). — AIN, l'axe nerveux. — DD, décussation des cylindraxes des neurones sensitifs centraux. — Les centres ne sont pas représentés et le terme de neurone central répond à celui qui atteint les premiers centres (5" neurone visuel). — Le quatrième neurone visuel n'e^t pas représenté.
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comparable à un nerf périphérique, mais un véritable nerf conimissural entre deux centres ; il est l'équivalent d'un cordon ])lanc de la moelle.