‹ Manuel de neurologie oculaire [electronic resource]Chapitre 54 sur 91 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

ANAT0IV5IE ET PHYSIOLOGIE DES APPAREILS OCULAIRES VASO-mOTEUR ET SÉCRÉTOIRE

Il n'est pas possible de faire une étude anatoniique de ces appareils, car il n'existe poui' aucun d'eux des conducteurs nettement différenciés. Tout ce que l'on sait de leur anatoniie et de leur trajet sont des données a j)Osleriori, acquises par l'expérimentation physiologique et les observa tious anatomo-cli niques.

Nous pouvons cependant dire que le grand conducteur des fibres vaso-motrices et sécrétoires est l'ophtalmique. Il conlient des fibres vaso-motrices, qui lui viennent du sympathique par deux voies principales : l'uue est le filet sympathico-gassérien de F. Franck, l'autre suit les anastomoses contractées, au niveau de la paroi externe du sinus caverneux, avec des filets émanés du plexus sympathique péricarotidien. On ne sait encore si l'ophtalmique a des vaso-moteurs qui lui sont propres.

L'ophtalmique conduit également des fihres sécrétoires d'emprunt, venues du facial (fig. 92); elles se détachent de ce tronc au niveau du ganglion géniculé, suivent le nerf grand pétreux superficiel, le ganglion sphéno-palatin, le nerf maxillaire supérieur et son filet orbitaire, qui, par une anastomose déjà décrite, vient apporter ces fibres au lacrymal. L'ophtalmique a probablement aussi des fibres sécrétoires propres, he grand sympathique est un conducteur moins complexe; par

250 APPAREILS OCULAIRES VASO-MOTEUR ET SÉCRÉTOIRE

un filet spécial, il se met en communication directe avec le ganglion ophtalmique, auquel il apporte des éléments vaso-moteurs. Il ne faut ])as confondre ces filets vaso-moteurs sympathiques, qui gagnent directement le ganglion, avec ceux qui n'y ahoutissent qu'indirecte-

Vig. 92. — Scliéma des connexions du facial et du trijumeau.

VII, facial. — GPS, grand pétreux superficiel. — PPS, petit pétreux superficiel. — i T, corde du tympan. — C, carotide interne. — GS, ganglion supérieur du sympatique cervical. — V, trijumeau et ganglion de Gasser. — V, opthalmique de Willis. — F, nerf frontal. — L, lacrymal. — N, nasal et ganglion ophtalmique. — GL, glande lacrymale. — AOL, arcade anastomotique orbito-lacrymale. — V-, maxillaire supérieur et ganglion sphéno-paiatin. — V^, maxillaire inférieur et ganglion otique. — En pointillé, trajet des nerfs sécréteurs des larmes, venus du facial.

ment, après avoir emprunté le tronc de l'ophtalmique, qu'ils ont atteint par les deux voies étudiées plus haut.

Le ganglion ophtalmique est le carrefour où convergent toutes les fibres motrices, sensitives, vaso-motrices et sécrétoires du globe oculaire. Seules, les fibres sensitives le traversent sans s'y arrêter; toutes les autres fibres s'y terminent, pour s'articuler avec le corps cellulaire d'un autre neurone, dont le cylindraxe se prolonge dans les nerfs ciliaires courts.

Vablalioïi du ganglion de Gasser n'entraîne pas toujours des troubles vaso-moteurs oculaires ; ce qui semble prouver que le trijumeau n'a pas de fibres vaso-motrices propres.

La section de C ophtalmique produit la vaso-dilatation des vaisseaux rétiniens et uvéaux (choroïde, corps ciliaire et iris), mais ne produit qu'une hyperémie conjonctivale insignifiante. Son excitation produit des effets inverses.

ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE DE CES AI>l>Al{EILS.

La section du injmpath 'Kiiie, ou de la moelle cervicale, est suivie de la vaso-dilatalion des vaisseaux rétiniens, uvéaux et conjonctivaux ; à la longue, ces troubles vaso-moteurs peuvent diminuer considérablement (résultats éloignés de la sympalhectomie). Leur excitation produit la vaso-constriction.

Si nous mettons à part les vaisseaux conjonctivaux, dont les vasomoteurs passent uniquement par le sympalbique, tous les autres vaisseaux de l'œil (système de l'artère centrale de la l'étine et système des artères ciliaires) reçoivent leurs vaso-moteurs à la fois du sympatbique et de l ophtalmique (qui les a reçus lui-même du sympathique). Wegner et SchilT, sectionnant sur un animal, d'un côté l'ophtalmique, de l'autre le sympathique, ont obtenu une vasodilatation irienne à peu près équivalente des deux côtés.

Les phénomènes vaso-moteurs qui se passent dans l'appareil oculaire ne sont pas limités au globe et à ses annexes; en effet, les nerfs oculo-moteurs reçoivent, pendant leur passage dans la paroi du sinus caverneux, des iilets sympathiques anastomotiques, qui, par un trajet récurrent, suiventleur tronc jusqu'au voisinage des noyaux oculo-moteurs, dont ils régissent la vascularisation.

Le centre cortical des phénomènes oculaires vaso-moteurs et sécrétoires existe-t-il? Il semble que cela soit certain; l'existence du pleurer psychique, à l'état physiologique ou pathologique (lésions de l'écorce) et de la rougeur émotive par vaso-dilatation le prouve. Sa localisation, même approximative, est actuellement impossible.

Vaso-motricité oculaire. — Au niveau de la conjonclive, elle a les rôles divers d'agent de caléfaction, d'adjuvant dans les processus de réparation, etc.... — A V intérieur du globe, ces mêmes fonctions lui sont dévolues, auxquelles s'en ajoute une autre extrêmement importante : la régulation de la tension intra-oculaire. Cette tension est normalement de 25 millimètres de mercure; le glaucome ou hypertonie, l'hypotonie caractérisent ses oscillations. V vrai dire, les phénomènes vaso-moteurs, malgré leur importance, ne sont pas les seuls à régir la régulation de la tension intra-oculaire, c'est-à-dire les échanges qui s'effectuent entre le sang contenu dans les vaisseaux et les humeurs intra-oculaires. Des conditions de [>ression, de vitesse de circulation du sang, des échanges osmotiques,

APPAREILS OCULAIRES VASO-MOTEUR ET SÉCRÉTOIRE

l'état des membranes semi-perméables qui les séparent, interviennent également. A ces conditions physiques, il faut en ajouter de physiologiques; c'est l'activité propre et le pouvoir électif des cellules. Il n'y a donc pas filtration seule ou sécrétion seule, mais combinaison de ces deux processus, l'un physique, l'autre biologique, qui ne s'excluent nullement.

Sécrétion oculaire. — Elle comprend la sécrétion intra-oculaire, dont nous venons de parler, la sécrétion des glandes conjonciiv al es {glandes de Krause, de Ciaccio, de Manz, de la caroncule), la sécrétion palpébrale {glmdes de Meibomius, de Moll, de Zeiss) et la sécrétion des glandes lacrijniates. Celle-ci a lieu de façon réflexe ou psychique.

Le pleurer psychique apparaît assez tardivement, rarement avant l'âge de 4 mois et demi. Au moment où le sujet va pleurer, on voit de petites contractions de certains muscles de la face.

Le pleurer réflexe, ou larmoiement, se produit à la suite d'excitations locales (inflammation, corps étranger, impression lumineuse vive) ou en même temps que d'autres actes physiologiques (rire, toux, effort, vomissement, bâillement).

Outre la sécrétion lacrymale abondante et intermittente qui constitue le pleurer, il existe une sécrétion très minime mais continue; elle est destinée à faciliter le jeu des paupières et à prévenir la dessiccation de la cornée ; cette sécrétion est provoquée par la sensation de dessèchement cornéen et par celles de vacuité ou de plénitude du sac lacrymal ; elle se tarit en effet quand le sac lacrymal a été extirpé, ou pendant le sommeil; la cornée ne se desséchant plus, le clignement et la sécrétion lacrymale sont rendus inutiles.

Page 1