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SYMPTOMES DES APPAREILS YASO-MOTEUR ET SÉCRÉTOIRE

plus souvent liée à une compression ou à des lésions de leur paroi (atrophies optiques, glaucomes, etc.). La décoloration des membranes profondes de l'œil est rarement observée d'une façon nette; on l'a cependant signalée, conmie complication possible de la thrombose de l'artère centrale, dans l'amblyopie alcoolo-nicotinique ou quininique. Au niveau du segment antérieur, on ne la constate nettement que sous l'influence de l'adrénaline. — La vaso-constriction oculaire a une valeur séméiologique peu importante.

Tension oculaire. — La tension oculaire est mesurée par Vies appareils spéciaux (tonomètres), ou, plus rapidement et très suffi-

t"i^. 1)5. — Examen do la tension oculah^e.

Le malade regarde à ses pieds, sans baissef la tète, et en laissant, sansefïoi-t, la paupière s'abaisser au-devant de l'œil. Les deux doigis, placés assez loin l'un de l'autre, pressent alternativement le ylobe ; en ce moment, l'index gauche appuie légèrement et l'index droit se laisse refouler. L'alternance de ces mouvements indique le degré de molless<' ou de dureté du globe. Il est bon que les doigts des deux mains preiment point d'appui sur la face et le iront, afin que l'œil ne soit pas contusionné par les doigts, si le malade vient à bouger.

sainment, par le palper bi-digital de l'œil, à travei^s la paupière supérieure abaissée sans effort, pendant que le regard est dirigé en bas. Les deux doigts pressent alternativement sur le globe, comme pour en rechercher la fluctuation.

APPAREILS OCULAIRES VASO-MOTEUR ET SÉCRÉTOIRE

Hypotonie. — L'hypotonie, produite par la perforation du globe, ne nous intéresse pas ici: celle que provoque Vinstillalion répétée de cocaïne est seulement à signaler. Les cijcJites et irido-cijcliles, à la période initiale, traversent des alternatives d'hypertonie et d'hypotonie, mais à une période plus avancée, l'hypotonie est la règle. Le décollement de la rétine, s'il n'est pas dù à une tumeur, est toujours accompagné d'hypotonie; les héniorrhagies profi(se>>, le sidérosis (intoxication de l'œil par séjour d'un fragment de fer) la provoquent également.

Le choléra et quelquefois le coma diabétique la produisent par déshydratation.

Dans tous ces cas d'hypotonie, il s'agit de causes locales ou de trouhles généraux plutôt que d'affections nerveuses: parmi ces dernières, nous citerons le zona ophtalmique. Quant à ïophtalmomalacie essentielle (qu'il ne faut pas confondre avec la kératomalacie), c'est une affection extrêmement rare, très mal connue, et caractérisée par des crises passagères et récidivantes de mollesse marquée de l'œil, pouvant revenir à l'état normal.

Hypertonie. • — Elle est symptomatique du glaucome primitif, quelle qu'en soit la variété (aigu, subaigu, chronique, absolu, hémorrhagique, infantile ou hydrophtalmie); au coui's du glaucome chronique, l'hypertonie n'existe, ni dans tous les cas, ni d'une façon permanente. Le glaucome secondaire (à des iritis avec séclusion pupillaire, à des enclavements de l'iris dans une perforation traumatique ou chirurgicale, à des leucomes cornéens, à une tumeur intra-oculaire), la panophtalmie, les luxations du cristallin, surtout dans la chambre antérieure, en sont aussi les causes. Dans Virido-cyclite, l'hypertonie n'est pas rare dans les périodes initiales; cette hypertonie est en général transitoire.

Sécrétion lacrymale. — En ce qui concerne la sécrétion oculaire, on ne peut mesurer en clinique que la sécrétion lacrymale. On ne doit pas se baser sur la constatation d'un larmoiement pour affirmer que la glande sécrète trop ; à côté du larmoiement par hypersécrétion, il existe un larmoiement par hypoexcrétion, tenant à l'insuffisance des voies lacrymales ou à une paralysie du muscle de Horner (par lésion du facial entre le ganglion géniculé et ses

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terminaisons dans le muscle). Schirmer conseille le procédé suivant : on découpe une languette de papier buvard, large de 5 centimètres et longue de 4 ; on la coude par un pli près de son extrémité et l'on insinue cette partie repliée dans le cul-de-sac conjonctival inférieur, entre la paupière et le globe. On mesmT, au bout de cinq minutes, sur quelle bauteur la partie apparente de la languette a été imbibée : cette bauteur est de 1 centimètre et demi pour un œil normal.

Hypersécrétion lacrymale. — Elle peut traduire des états physiologiques {fatigue oculaire, ébloaisseatent par \umiëre vive); le plus souvent, elle décèle un état pathologique : irritations (surtout corps étranger), inflinnmations de la conjonctive on de la cornée, iritis, glaucome, j^niophtalmie. Elle peut être un des premiers symptômes de Y ophtalmie sympathique: lorsqu'un œil a été blessé et qu'on voit apparaître, peu de temps après, un larmoiement avec photopbobie du côté de l'œil non blessé, on doit rechercher immédiatement les autres signes de cette affection.

Elle n'est pas très rare au cours des intoxications (goutte, intoxication arsenicale chronique). Dans les 7iévroses et affections nerveuses (hystérie,, goitre exophtalmique, tabès), on constate fréquemment du larmoiement par hypersécrétion, survenant brusquement, par crises. On a signalé quelques cas authentiques de larmes de sang chez les hystériques; il s'agit simplement d'une légère hémorrhagie conjonctivale, colorant les larmes sécrétées en abondance (Salva).

Le pleurer psychique survient par crises plus ou moins fréquentes chez les sujets atteints d'affections cortico-méningées ou sous-corticales; il peut alterner avec des crises de rire.

Hyposécrétion lacrymale. — Dans le choléra, certaines fièvres graves, quelques cas de diabète, la sécrétion est presque tarie: il peut en être de même dans le tabès et le goitre exophtalmique.

Uabolition de la sécrétion lacrymale a une importance séméiologique très grande : on cherche à produire le pleurer réflexe par excitation de l'ophtalmique (vapeurs d'ammoniaque venant au coi> tact de l'œil) : on essaie aussi de provoquer le pleurer psychique, ou l'interrogatoire fait connaître si cette variété de pleurer est supprimée. Plusieurs cas peuvent se présenter :

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APPAHEILS OCULAIRES VAS()-:\JOTEUR ET SÉCKÉTOIRE.

J° Le ])leurer réflexe (par excitation de roplitalmique) est supprimé, le pleurer psychique subsiste. La lésion siège sur les voies centripètes du réflexe : ophtalmique, ganglion de Casser ou trijumeau :

'2" Le pleurer psychique est aboli, tandis que le pleurer réllexe persiste. La lésion siège dans rencépliale, sur les voies qui unissent le centre cortical du pleurer au noyau du facial:

T)'^ Le pleurer psychique et le pleurer réflexe sont tous deux supprimés. La lésion siège sur le tronc du facial entre son émergence et le ganglion géniculé, sur le grand nerf pétreux superficiel ou sur le nerf lacrymal, c'est-à-dire sur les voies centrifuges des arcs réflexe et volontaire du pleurer. Si la lésion siège sur le tronc du facial, la paralysie de la luette et du voile du palais coexistent toujours.

Des considérations exposées dans ce livre premier il faut retenir que l'examen oculaire subjectif et l'examen ophtalmoscopique (si facile malgré la croyance inverse) sont indispensables pour l'établissement d'un diagnostic et que le médecin a autant besoin d'avoir des notions d'ophtalmologie que l'ophtalmologiste de bien connaître les autres branches de la médecine.

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