‹ Manuel de neurologie oculaire [electronic resource]Chapitre 57 sur 91 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

Le livre premier nous a fait connaître anahjtiquemenl l'anatoïnie, la physiologie et la pathologie de cliacun des appareils nerveux de l'œil. Une synthèse s'impose, qui nous apprendra les trouhles oculaires nerveux produits par les maladies extra-oculaires (affections de voisinage, aifections générales). Nous en donnerons un rapide aperçu.

ClIAPn RI] PREMIEI\ AFFECTIONS LOCALES OU DE VOISINAGE

A. AFFECTiONS DE l'oRBITE

Phlegmons de V orbite. — De quelque origine (pi'ils soient (traumatiques, pyohémiques, pai* propagation d'une collection périorbitaire), ils s'accompagnent toujours de douleurs extrêmement vives, souvent localisées au niveau des nerfs sus-orhitaires. — Les paralysies musculaires sont fréquentes ; c'est surtout au début qu'il t^st possible de les constater: plus tard, l'exophtalmie, le chémosis deviennent considérables et le globe est complètement immobilisé. La pupille peut être en myosis ; elle est cependant presque toujours en mydriase, ce qui peut dépendre de l'amaurose, ou plus souvent des lésions directes des nerfs ciliaires, démontrées par l'immobilité pupillaire avec perte de tous les réflexes. — La cornée est souvent atteinte de kératite grave, pouvant conduire à sa perforation ; si l'anesthésie est complète, il s'agit de kératite neuro-paralytique, par lésion du ganglion ophtalmique ou des nerfs ciliaires. —

L'amaurose est très fréquente (80 % d'après Scliwendlj ; elle peut se produire d'emblée ; on ne constate pas la papillite, car il s"agit alors d'une névrite rétro-bulbaire, qui ne produit l'atrophie papillaire qu'après plusieurs semaines; ou bien la vision baisse progressivement et la papillite est de règle. Cette amaurose est ordinairement incurable. Dans quelques cas de pidegmons orbitaires, on a signalé le décollement de la rétine.

Thrombo-phlébite orbitaire. — Produite par un furoncle ou un anthrax de la face (lèvre supérieure, sourcil), par une infection de la bouche et de l'amygdale, de l'oreille, du nez, par l'intermédiaire du plexus veineux ptérygoïdien ou par une infection générale pyohémique (surtout scarlatine et érysipèle), elle provoque à peu près les mêmes symptômes oculaires nerveux que le phlegmon orbitaire (chémosis, amaurose, troubles pupillaires, etc.). Mais, tandis que le phlegmon orbitaire reste limité à une seule orbite, il est de règle que la thrombo-phlébite gagne en arrière vers les sinus caverneux et les sinus coronaires pour se propager à l'orbite opposée; les nerfs contenus dans la paroi de ces sinus, surlout la VP paire, qui baigne dans le sang veineux, seront atteints très fréquemment; la paralysie extrinsèque et intrinsèque de la lll" paire existe souvent. La kératite neuro-paralytique est rarement signalée, car la mort survient, en général, avant qu'elle n ait eu le temps de faire son apparition.

Ostéo-périostites orbitaires. — Elles ont une marche aiguë, subaiguë ou chronique; elles siègent sur le rebord orbitaire ou dans la profondeur. Les formes aiguës relèvent d'un traumatisme infectant, d'une sinusite, de l'ostéomyélite de croissance, ou d'une infection générale; les formes suhaiguës sont dues surtout à la syphilis, la tuberculose, la lèpre, l'actinomycose ; les formes chroniques dépendent de la syphilis, des sinusites chroniques (hyperostose fronto-orbitaire de Rollet) ou de la leoyitiasis ossea. — Les formes aiguës provoquent un phlegmon orbitaire ou une thrombophlébite, dont nous connaissons le retentissement sur les appareils nerveux de l'œil. Ces cas mis à part, elles agissent en couiprimant les nerfs sensitifs et moteurs ou en lésant directement les corps musculaires. — Les comphcations portant sur le nerf optique, le g'anglion ophtalmique ou les nerfs ciliaires sont rares, car les

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