AFFECTIONS LOCALES 01 DE VOISINAGE
ostôo-péi'iosliles sont des affections pariétales, en dehors de l'entonnoir musculaire ; celles qui siègent en arrière, près du trou optique, pourront cependant léser le nerf optique; on observe alors l'ophtalinoplégie sensorio-sensitivo- motrice, particulièrement dans les syphilis anciennes.
Tumeurs orbitaires. — Lem-s variétés sont nombreuses. On observe : des kystes congénitaux (séreux, dermoides, encéphalocèles et méningocèles) ou acquis (séreux, à hydatides, à cysticerque) ; des tumeurs vasculaires pulsatiles (anévrysme artério-veineux, sarcome pulsatile) ou non pulsatiles (angiome, varicocèle orbitaire) ; des tumeurs malignes telles que des ostéomes, ostéo-sarcomes, lymphangiomes, lymphadénomes, sarcomes, fibromes, épithéliomas, cylindromes. Ces tumeurs siègent au rebord orbitaire ou dans la profondeur; parmi ces dernières, les unes sont en dehors de l'entonnoir musculaire, les autres, beaucoup plus rares, à son intérieur (tumeurs du nerf optique).
On constate sui tout des symptômes de déplacement et d'immobilisation du globe; ils dépendent de troubles paralytiqu''S, dus à l'atteinte des nerfs moteurs, et de troubles mécaniques, relevant de la lésion directe des nuiscles et du refoulement en avant du globe. — Les troubles sensitifs sont précoces et en rapport avec le siège de la tumeur. La pupille et l'accommodation sont souvent paralysées par lésion de la lll' paire. Les troubles visuels et la kératite neuroparalytique sont rares, sauf aux périodes terminales.
Traumatismes orbitaires. — Ils portent seulement sur les parois ou atteignent !e contenu de l'orbite. — Les traumatismes pariétaux sont souvent indirects; nous les laisserons de côté, pour les décrire avec les fractures de la base du crâne, aux([uelles ils se rattachent.— Les traumatismes pariétaux directs lèsent la paroi externe* ou le rebord orbitaii'e; pour atteindre les autres parois, il est nécessaire qu'ils intéressent la cavité du sinus maxillaire ou les fosses nasales (coup de feu dans la bouche): ou bien il faut que l'œil ait été traversé par l'agent vulnérant : il est rare qu'il pénètre entre l'œil resté intact et la paroi orbitaire. — Ces traumatismes pariétaux produiront peu de symptômes sur les appareils nerveux de l'œil. La paroi étant un peu éclatée ou esquilleuse, le muscle ou le nerf le plus rapprochés sont atteints ; comme les nerfs sensitifs sont plus
nombreux en dehors du cône muscula-ire, tandis que les nerfs moteurs sont à son intérieur, les anesthésies ou hyposlliésies seront fréquentes. — La blessure de la paroi orbitaire produit aussi un hématome de l'orbite, s'accompj'gnant d'amblyopie ou d'amaurose; s'il n'exisL; pas d'autres lésions, les troubles visuels disparaissent entièrement en quelques semaines. Cet hématome est quelquefois localisé dans la gaine du muscle (de Lapersonne, Terson).
Les traumatismes pénétrants (coup de fleuret, plomb de chasse, balles de revolver, etc..) produisent des lésions multiples, tous les organes nerveux de l'œil pouvant être blessés. Sans énumérer à nouveau les symptômes qui peuvent en résulter, nous insisterons seulement sur la fréquence considérable de l'hématome et sur les blessures du nerf optique. Celui-ci peut être arraché de son insertion oculaire, lorsque le projectile franchit transversalement l'orbite : l'œil est rempli de sang et plus tard une dépression, plus ou moins cicatrisée, indique à l'ophtalmoscope l'emplacement de la papille. Si le nerf optique est coupé, la vision est brusquement perdue, mais le fond de l'œil paraît normal ou présente des hémorrhagies rétiniennes et des déchirures de la choroïde ; c'est seulement après 10 ou 15 jours que la papille s'atrophie. Dans un troisième cas, le nerf optique est seulement contusionné : il en résulte un hématome de ses gaines, qui se présente à l'ophtalmoscope sous la forme d'un anneau rouge brun autour de la papille; la vision est perdue à ce moment, mais il n'est pas exceptionnel qu'au bout de quelques semaines elle soit recouvrée, intégralement ou en partie.
Les traumatismes par balles de revolver dans l'orbite (le plus souvent des tentatives de suicide faites au niveau de la tempe droite) ont un pronostic visuel variable. Pour Scheidenmann et Hirschberg, la moitié de ces tentatives de suicide aboutit à la mort et sur l'autre moitié, parmi ceux a qui se sont manqués », un tiers reste aveugle d'un œil ou des deux yeux. Une statistique personnelle inédite, portant sur 175 cas, nous donne 47 morts, soit 27 7o' et 75 'Yo de « manqués ». Ces derniers se répartissent en : absence de trouble visuel 22 cécité unilatérale 51 7oi cécité bilatérale 15 amblyopie persistante 40 7o- L^s paralysies oculaires existaient dans 25 7o des cas, l'anosmie 5 fois "/o-