AFFECTIONS LOCALES OU DE VOISINAGE
B. AFFECTIONS Dr CRANE
Affections des parois crâniennes. — Elles iic provoquent de troubles ocuLiires que par leur saillie dans la cavité crânienne. Celles de la convexité atteignent, soit la région périrolandique (paralysies oculaires, paralysies faciales, déviation conjuguée de la téte et des yeux), soit le pli courbe (ptosis isolé, perte de la mémoire visuelle et apliasie sensorielle de Wernicke), ou la splière visuelle (bémianopsie bomonyme, simple ou double).
Les affections crâniennes de la hase provoquent des cécités unilatérales ou bilatérales (nerf optique), des bémianopsies hétéronymes (cbiasma), des bémianopsies bomonymes supérieures ou inférieures (chiasma), des bémianopsies bomonymes latérales (bandelettes optiques). Dans toutes ces affections crâniennes, la stase papillaire est très fréquente ; elle est en général un peu plus marquée du côté où siège la lésion. Les paralysies motrices et sensitives, la kératite neuro-paralytique ne sont pas rares; elles sont alors symptomatiques d'une lésion de la base. Le syndrome de Weber par affection crânienne de la base est rare.
Traumatismes du crâne. — Lorsqu'ils sont directs (enfoncement des tables osseuses, pénétration d'un projectile, etc.), ils siègent plus souvent à la voûte qu'à la base. Ils peuvent léser la région périrolandique, le pli courbe, la scissure calcarine, les nerfs de la base. Les particularités de leur symptomatologie viennent de ce qu'un fragment osseux, ou le projectile, peut pénétrer dans la substance encépbalique et atteindre des centres profonds (ganglions optiques primaires) ou des conducteurs. Les variétés infinies de trajet que présentent les projectiles intra-crâniens expliquent la diversité des lésions qu'ils produisent sur les appareils nerveux de l'œil; ils intéressent plus rarement les nerfs moteurs de l'œil que les bandelettes optiques et la partie supérieure de l'appareil sensoriel (Ferron). — On connaît quatre cas de stase papillaire par coup de feu intéressant le crâne (Coutela), mais l'examen opbtalmoscopique est trop rarement pratiqué cbez ces malades ; il est vraisemblable qu'un examen mélbodique permettrait de constater
-^Gl TROUBLES OCULAIRES NERVEUX DANS LES DIVERSES AFFECTIONS
plus souvent ce symptôme. Cette constatation indiquerait la nécessité d'une thérapeutique décorapressive.
Le syndrome vaso-moteur de Friedmann, dans les traumatismes crâniens, peut s'accompagner de paralysies des III'% YI*^ et Vll'^ paires.
Les traumatismes indirects sont des fractures par contrecoup, ou, plus souvent, des fractures irradiées de la voiite vers la base. iNous décrirons, avec les fractures et fissures indirectes de la base du crâne, celles des parois orbitaires supérieure, interne et externe. Dans une statistique de Liebrecht portant sur 100 cas, où la distinction n'est pas faite entre l'atteinte et l'intégrité des parois orbitaires, on relève : 15 cas de stase papillaire et 6 d'atrophie optique; 59 fois des troubles pupillaires; 14 paralysies faciales, 1 paralysies de la Yl'^ paire, 2 du trijumeau, ^ du pathétique et 1 ophtalmoplégie totale. Une statistique de J. Thomas portant sur 69 cas donne à peu près les mêmes proportions.
Les fissures irradiées à Vorhile viennent en général de la région frontale ou temporale antérieure. Il suffit souvent d'un choc insignifiant; le trait de fracture, intéressant par exemple le rebord orbitaire supérieur, suit la paroi supérieure, pour gagner la fente sphénoïdale ou le canal optique: dans quelques cas, la fissure traverse obliquement la ligne médiane pour gagner le trou optique du côté opposé. — Les fractures de l'étage moyen suivent la face antérieure du rocher, s'infléchissent sur le corps du sphénoïde, en coupant les trous osseux, pour gagner la partie inférieure de la fente sphénoïdale et du canal optique ; quelquefois, elles sont irradiées de la fosse zygomatique. — Il est exceptionnel que les fractures de l'étage postérieur atteignent la voûte orbitaire.
Dans les fractures de la base, Yon Holder trouve 90 fois 7o une fissure de la voûte orbitaire, atteignant dans 60 7o des cas le canal optique. Ces fractures du toit orbitaire sont donc très fréquentes ; sur 270 fractures de la base, avec retentissement sur l'appareil visuel (Cantonnet), nous avons noté '227 fois la lésion du nerf optique et 45 fois l'atteinte d'une autre partie de l'appareil visuel (hémianopsies). La lésion du nerf optique fut unilatérale 210 fois (atrophie totale du côté traumatisé, 145 fois; atrophie totale du côté opposé, 6 fois: atrophie restant partielle, 57 fois; lésions ayant régressé en totalité, 4 fois). La lésion fut bilatérale dans 17 cas (atrophie