AFFKCTIONS LOCALES OV DE VOISINAGE
totale des deux côtés, 4 fois: atrophie totale d'un côté et partielle de l'autre, 7 fois ; lésions bilatérales ayant l'égressé en totalité, 0 fois) ; dans un cas il s'agissait de l'atteinte isolée du faisceau maculaire. — L'amaurose peut être d'emblée totale et définitive (dilacéralion du nerf dans le canal optique) ; elle peut disparaître complètement en quelques semaines (hématome des gaines se résorbant), ou régresser seulement en partie. Inversement, la vision peut être normale au déijut et se perdre peu à peu: l'ophtalmoscope ne montre alors l'atrophie papillaire qu'après 10 à 15 jours.
Les fractures indirectes de la bas^e, nou irradiées à rorl/ite, atteignent quelquefois l'appareil sensoriel. Les lésions portant sur la partie intra-crànienne de l'appareil de la vision forment 15 de nos '110 cas: il s'agissait 8 fois d'hémianopsie bi-temporale (Cantonnet et Coutela), !2 fois d'hémianopsie bi-nasale, le plus souvent (55 fois) d'hémianopsie homonyme, ce qui montre la prédominance des lésions de la bandelette optique. — Il existe également des observations d'hémianopsie, supérieure ou inférieure, par traumatisme crânien portant sur la région occipitale (de Lapersonne et Grand, Ciitchett, van Schevensteen, Inouye).
Les fractures indirectes de la base entraînent également des troubles moteurs. Nous rappellerons la fréquence des paralysies iaciales périphériques par lésion intra-pétreuse : on devra rechercher toujours l'état du pleurer psychique et du pleurer réflexe dans les lésions du facial portant à ce niveau (page 258). Ces fractures peuvent atteindre la IIL% la IV'^ ou la V'^^ paires, mais surtout la VL' paire. iNous avons insisté (page 12) sur les rapports anatomiques de ce dernier nerf avec le ligament pétro-sphénoïdal et le sinus pétreux supérieur: ils nous expliquent la lésion de l'oculo-moteur externe dans les fractures du rocher. Cette paralysie est quelquefois bilatérale. Il n'est pas indispensable qu'il y ait fracture : un abaissement de la partie externe du rocher peut faire « jouer » son sommet au niveau de son articulation sur le sphénoïde et l'apophyse basilaire, cela suffirait pour sectionner le nerf, la paralysie est alors définitive: dans d'autres circonstances, les gaines du nerf sont le siège d'une hémorrhagie, qui le comprime et le paralyse momentanément; le retour fonctionnel complet est donc possible; le sang épanché provient de la lésion concomitante du sinus pétreux supé-
20(i TROUBLES OCULAIRES NERVEUX DANS LES DIVERSES AFFECTIONS.
rieur (Panas). Ces paralysies de la YI*^ paire, définitives ou curables, se produisent quelquefois chez l'enfant, dans les accouchements longs et difficiles des primipares, avec ou sans application du forceps; on constate dès la naissance un strabisme convergent.
On connaît un cas de nystagmus par fracture de la base.
Ces diverses fractures indirectes de la base du crâne peuveni s'accompagner des graves symptômes (perte de connaissance, écoulements séreux ou sanguins, etc.): mais bien souvent, surtout dans les chocs intéressant la région frontale ou fronto-temporale, ils manquent complètement et une atrophie optique, souvent tardive, viendra montrer la gravité d'un traumatisme, considéré d'abord comme négligeable. Il est bon de se souvenir de ces faits, surtout en médecine légale.
c. — AFFECTIONS DE l'oREILLE
Leur action sur les appareils nerveux: de l'œil se fait d'une façon réllexe ou par propagation de l'inflammation. Il est bien difficile, surtout en ce qui concerne les paralysies oculaires, de faire le départ entre ces deux modes d'action.
La papillite a quelquefois été signalée. La stase papillaire, lorsqu'elle existe, est généralement symptomatique d'un abcès cérébral d'origine otitique (voy. page 275). — Les paralysies de la IIP paire (paralysies extrinsèques, mydriase, perte de l'accommodation) se voient quelquefois; celles de la IV'* paire sont tout à fait exceptionnelles (Schwartze, de Lapersonne). Par contre, celles de la VP paire sont très fréquentes; nous avons vu que le « syndrome de Gradenigo » se compose de céphalalgie violente, avec paralysie curable de la Vl^ paire, du même côté que l'otite moyenne. Cette paralysie peut se faire par propagation de l'inflammation au tronc nerveux, soit à travers la paroi osseuse (Gradenigo), soit en suivant le canal carotidien (Terson), soit directement, par nécrose de la pointe du rocher (ostéite apexienne). Dans une autre catégorie de faits, l'évolution clinique et les symptômes associés montrent que le groupement symptomatique de Gradenigo doit rentrer dans un ensemble plus vaste, le « syndrome du noyau de Deiters » (Bonnier);
AFFECTIONS LOCALES OU DE YOlSLNAGE. 267
il est alors d'origine rêllexe. Nous avons détaillé ce syndrome précédemment (page 101)).
Le nystagmus spontané est très fréquent dans les maladies de l'oreille interne: nous savons (page le parti que la clinique a tiré de ce symptôme provoqué (épreuves d(^ lîarany), pour le diagnostic des lésions de l'appareil labyrintliique.