E. AFFECTIONS DES PÉDONCU[,ES CÉRÉBRAUX
Le pédoncule est anatomiquement divisé eu deux régions distinctes, le pied et la calotte. Les lésions de l'une ou l'autre de ces régions ne produisent aucun symptôme sensoriel (sauf la stase papillaire, s'il s'agit d'une tumeur): elles ne donnent que des symptômes oculo-mo leurs.
Les lésions du pied s'accompagnent le plus souvent du syndrome de Weber (fig. 40); il est rare qu'elles provoquent une hémiplégie sans lésion de la III^ paire, ou inversement. Si les altérations en foyer, productrices du syndrome de Weber, sont localisées à la partie interne du pédoncule, l'hémiplégie est plus marquée à la face qu'aux membres (Brissaud). Nous savons que le syndrome de Weber peut être double (Souques) et qu'il peut être associé à une hémianopsie homonyme (Joffroy, Raymond, Marie et Léri), par lésion de l'artère cérébrale postérieure.
Les lésions de la calotte pédonculaire peuvent produire la paralysie de la IIl^ ou de la IV^ paires; elles se manifestent aussi par un syndrome de Weber avec tremblement, ou syndrome de Benedikt; ce dernier coexiste parfois avec une hémianopsie homonyme (Ray-
AFFECTIONS DU SYSTÈME NERVEUX
mond). Le nyslagmiis est rarement signalé: il en est de même des spasmes des mouvements associés de latéralité. — Par conire, les paralysies de ces mouvements de latéralité, accompagnées ou non de déviation conjuguée de la tête, sont plus fréquentes: elles aHectent parfois le type Foville, qui peut revêtir trois modalités (page 105); une seule nous intéresse ici, celle du groupe pédonculaire ; elle se caractérise par la lésion du neurone central des conducteurs oculogyres, faciaux et pyramidaux, par conséquent avant leur décussation.
Ces lésions pédonculaires sont produites par des tumeurs, souvent un tubercule isolé, des plaques de sclérose, des ramollissements ou des hémorrhagies, etc.... Lorsqu'elles sont dues à des causes vasculaires, les types cliniques peuvent être notablement modifiés ; la lésion de l'artère optique postéro-interne peut entraîner la destruction des fibres pyramidales (neurone central) et des centres de la musculature interne de l'œil (neurone périphérique). lien résulterait cette variété nouvelle de paralysie alterne, décrite par d'Astros : hémiplégie d'un côté du corps, ophtalmoplégie interne de l'œil opposé, la musculature oculaire exirinsèque restant intacte.
Les noyaux pédonculaires sont parfois atteints de polioencéphalites, soit du type chronique (ophtalmoplégie progressive), soit du type aigu (polioencéphalite supérieure aiguë hémorrhagique de Wernicke], que nous connnaissons déjà (page 75).