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CHAPITRE V AFFECTIONS DE L'APPAREEL CIRCULATOIRE ET DU SANG

Affections cardiaques. — Lorsqu'elles occasionnent l'anémie de rextréniilé céphalique, l'ischémie des vaisseaux rétiniens artériels et veineux est constatable, à Tophtalmoscope, par la diminiilion de leur calibre et la pâleur de la papille.

Si l'affection cardiaque a pour conséquence une stase veineuse de l'extrémité céphalique ou une cyanose généralisée, il est possible d'observer à l'ophtalmoscope une cyanose correspondante de la rétine, avec dilatation des veines rétiniennes (Knapp, Liebreich, liabinski et Mlle Toufesco). — Roch et Campiche ont noté, au cours de l'asystolie, la coexistence de l'hippus respiratoire et du pouls paradoxal (mydriase et diminution d'amplitude du pouls pendant rinspiration).

Lorsque l'affection cardiaque produit une hypertension artérielle, l'ophtalmoscope montre souvent le pouls artériel, accompagné quelquefois de la pulsation des veines. L'insuffisance aortique avec hypertrophie cardiaque, l'insuffisance tricuspidienne peuvent le produire, l'insuffisance mitrale rarement; les maladies du poumon, qui entraînent l'insuffisance tricuspidienne, peuvent aussi provoquer le pouls artériel rétinien. Nous savons qu'il existe dans des maladies où il n'y a que de l'éréthisme cardiaque (maladie de Hasedow, par exemple) ou dans des affections oculaires locales (glaucome). — Quincke et Becker ont constaté, au cours de l'insuffisance aortique, des alternatives de rougeur et de pâleur de la papille, suivant les modifications du pouls. — L'hypertension artérielle est fréquemment la cause d'hémorriiagies rétiniennes: il est vrai qu'à l'hypertension sanguine s'ajoutent souvent des altérations de îa paroi vasculaire.

Une embolie, se détachant du cœur et pénétrant dans l'artère ophtalmique, produit l'embolie de l'artère centrale de la rétine, qui existe bien certainement; mais nous avons vu que plus fréquente

était la thrombose vasculaire par endartérite. Le début brusque n'entraîne pas forcément le diagnostic d'obstruction embolique (Rohmer, Wallher).

Affections vasculaires. — Les affections des reines, s'il s'agit de congestion légère et passagère, peuvent provoquer une obnubilation de courte durée, avec rétrécissemenl par hyperémie de l'orifK e pupillaire: la congestion violente (effort, toux, compression du tliornx) produira des hémorrhagies rétiniennes. La congestion veineuse peut élre locale (obstruction de la veine centrale de la réline). Enfiu, les veines orbitaires peuvent être atteintes de thrombo-phlébite, au cours des maladies infectieuses ou marastiques.

Les affections des artères sont parfois des anévrysmes, dont les manifestations sont variables selon leur volume et leur localisation. L'inégalité pupillaire, dans les anévrysmes de la crosse de l'aorte, dépend souvent de la syphilis ou du tabès fruste accompagnant l'affection artérielle (Babinski), mais elle peut également être due aux troubles sympathiques, produits par l'anévrysme lui-même. — Les anévrysmes arlério-veineux carotico-caverneux provoquent l'exophtalmie pulsatile, diminuée par la compression digitale de la carotide primitive. La vision est généralement abaissée; quelquefois il existe de la stase papillaire, le plus souvent il n'y a qu'une certaine turgescence des veines de la rétine, rarement des hémorrhagies. Guibal indique un signe intéressant, qui montre que, par leur communication au niveau du sinus, les veines et les artères ont une pression intérieure égale. Si l'on comprime le globe et que brusquement on cesse la compression, on voit, à l'ophlalmoscope, le sang affluer de la papille vers la périphérie, aussi bien dans les veim^s que dans les artères. L'auscultation de l'orbite permet d'entendre le souffle et le thrill caractéristiques. L'anévrysme artério-veineux du sinus caverneux est plus souvent traumatique (181 cas dans la statistique de Guibal, complétant celle de Lagrange) que spontané (74 cas).

L'artério-sclérose provoque des obnubilations visuelles passagères. — Elle est souvent la cause d'hémorrhagies rétiniennes; celles-ci n'ont aucun caractère ophtalmoscopique qui permette de les différencier de celles d'autres origines; c'est par l'examen de l'état général que le diagnostic étiologique sera établi. — Les

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