CHAPITRE VI AFFECTIONS DES REINS
On a signalé quelques cas de paralysies oculo-motrices au cours des affections rénales; ces paralysies, exceptionnelles d'ailleurs, semblent pouvoir, presque toujours, être mises sur le compte de la cause générale ayant produit l'affection rénale (infection aiguë, syphilis, artério-sclérose, etc.). — ■ La diminution de rainplitude accommodât ive a été observée dans quelques cas. — Le décollement rétinien (sans coexistence de rétinite) a été signalé. Il en est de même d'une héniéralopie ou d'une amhhjopie sine materia. Celle-ci revêt quelquefois la forme de scolome central, comme dans la névrite rétro-bulbaire et se termine par Yatrophie optique. — Ulmann a signalé la fréquence d'accès de clignement vibratoire des paupières., dont la valeur séméiologique serait très grande. — Barker et Hanes ont noté un certain degré cVexophtalmie chez 48 7o leurs briglitiques; ils ont observé parfois les signes de Grœfe, de Stellwag, deMœhiuset mèmeV inégalité pupillaire. — Vœdème palpébral, est d'une fréquence telle qu'il constitue un signe des affections rénales.
La rétinite néphritique est la plus importante et la plus caractéristique des altérations oculaires. On la nomme quelquefois « rétinite albuminurique )) ; cette dénomination est mauvaise, car elle est en rapport, non avec l'albuminurie, mais avec la maladie du rein; on constate souvent la rétinite sans que l'examen des urines fasse découvrir l'albuminurie.
Elle est relativement fréquente; Groenouvv la trouve chez 2"2,4 7o des malades atteints de brightisme: si l'on examine analomiquenient les yeux des néphritiques, morts de leur affection rénale, on trouve 7 fois sur 8 des altérations rétiniennes (Dufour et Gonin). Elle se produit surtout dans les néphrites urémigènes, dans la forme interstitielle; on l'a observée dans la dégénérescence amyloïde du rein, dans la néphrite saturnine et dans la néphrite calculeuse. Ostwald l'a signalée dans deux cas de maladie de Pavy. Les né-
phrites aiguës (scarlatine, rougeole, diphtérie) la provoquent fréquemment; il en est de même de la variété gravidique. Le sexe masculin représente 70 7o des faits; dans l'immense majorité des cas, elle est bilatérale; d'après Dufour et Gonin, elle représente 6 7o ^^^^ affections de la rétine.
IjQS troubles visuels qu'elle provoque sont en général peu marqués; très souvent, c'est par un examen oculaire systématique que son existence est reconnue. Si la macula est atteinte, le malade signale un scotome central ; d'autres fois, même si la macula est intacte, il peut se produire un abaissement marqué de l'acuité visuelle, qui le détermine à demander un examen. — Dans des cas exceptionnels on a signalé la cécité pour le bleu.
L'examen ophtalmoscopique révèle des altérations d'intensité fort variable; presque toujours il y a névro-rétinite, plutôt que rétini(e pure; souvent cependant, la congestion et l'œdème de la papille ne surviennent qu'à des périodes plus avancées. — La rétine présente une teinte gris rougeàtre, donnant un aspect trouble, m milieu duquel les artères, diminuées légèrement de calibre, semblent avoir (les contours un peu flous; cette apparence tient à un léger œdème -de la rétine, ayant son maximum dans la région papillo-maculaire. — Les hémorrhagies sont presque de règle; elles aîîectent un peu tous les types : en pointillé, en flammèches, en flaques. En général, elles sont de dimensions assez restreintes au pôle postérieur et ont leur rgrand axe orienté vers la papille, ce qui dépend de la direction des •libres optiques entre lesquelles elles se sont produites ; ordinairement elles sont discrètes. — Les foyers exsuilatifs blanchâtres sont, eux :aussi, presque de règle; ils succèdent aux hémorrhagies ou sont indépendants d'elles. Leur siège habituel est le pôle postérieur de l'œil. Autour de la papille, ils forment une collerette irrégulière qui en masque par places les bords. Autour de la macula, leur disposition est assez caractérislique : comme les fibres optiques, entre lesquelles les exsudais sont cxtravasés, s'éloignent en s'irradiant de 1 1 macula, ils forment autour de ce point une sorte dï'toile (étoile ou constellation maculaire), dont les branches sont pleines dans les périodes avancées de la rétinite; elles sont interrompues et en pointillé au début de l'affection, alors que les exsudais sont encore isolés sous forme de petits points réfiingents. L'étoile maculaire,