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(1) Hiskoite de T Académie des inscriptioiift et beUe&*Jettres , t. XL VII, Mémoires, p. i4o.
ÉPOQUES NUUlSMÀTiQUEà. ^S
confirma de plus en plus dans l'idée de l'impOttibilité ou du moins de la grande difficulté de coordon* ner les notions acquises à cette époque sur Tâge des monnaies des Peuples et Villes, de façon à créer un système complet à cet égard , et qu'il y renonça* Une note jointe à la seconde dissertation , dans le* Mémoires de TAcadémie , l'assure. D'autres renseigne* mens porteraient à croire au ccmtraire que l'abbé Bardiélemy avait terminé son travail sur ce sujet et Pavait même disposé poar l'impression avant sa mort. Qudqoe confiance que l'on puisse avoir dans kl sûiirce d'où sortent ces renseignemens y il parait certain cependant que ce travail ne s'e^t pas trouvé dans les papiers de ce savant antiquaire.
4& Depuis lors , cette partie de la science occupai tous ceux qui se livraient à l'étude des monnaies an 4 tiques et quelques points furent édaircis plus ou moins heureusement. L'avancement de la science , la multiplicité des observations, la grande quantité des monnaies Grecques jusqu'alors inédites qui furent découvertes, facilitèrent ces recherches. L'abbé £ckhel profita des* travaux de ceux qui l'avaient précédé dans cette carrière, et il exposa , dans son grand et admirable ouvrage (i), les bases principales du isiystème qui lui paraissait le plus propre à éclaircir cette partie de l'anciaine Numismatique. Nous le suivrons dans cette toute, et on ne peut mieux faire que de l'y prendre pour guide. Des observations plus nouvelles seront jointes aux siennes , et le sujet se
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(1) Ooctrina numoram veteram, t. I, p. ciui et aec^.
44 ^ ÉLÊMEIfS, CHAPITRE III.
trouvera suffisamment développé , tout en se renfeir^ant cependant dans les bornes imposées à cet t>uvrâge par sa nature mtme.
47. Les. indications qui doivent guider dans la recherche des époques probables de la fabrication des monnaies antiques dont la date n'est pas déter* minée par leurs propres légendes ou types , sont les suivantes :
Le métal, les légendes, là forme des caractères, la fabrique, le style de Tort.
48. Comme on ne pourrait déterminer les datesprécises de Êibrication que pour un très-petit nombre de ces monnaies, et dans le vague qui doniinera toujours cette partie de la science que nous étudions, la seule marche à suivre est de fixer quelques époques dans chacune desquelles viendront se ranger les monnaies, suivant les principes généraux affectés à chacune de ces divisions.
On peut donc classer sous le rapport chronologique toutes les monnaies antiques en six époques , qui sont :
PiUEMiÈftC. Monnaies frappées depuis ¥ùwention du monnayage jusqu'à Alexandre 1% roi de Màcé-doine.
Deuxième. Monnaies firappées depuis Jllexan^ dre r\jusquà F avènement de Philippe II, fUsd^A* myntas, père d'Alexandre III le Grand, roi de Macédoine.
TROisiÈkE. Monnaies frappées depuis V avènement de Philippe II jusqu'au temps du renversement de la République Romaine , sous l'empereur Auguste.
EPOQUES NUMISMATIQUES. 4^
Quatrième. Monnaie» frappées depuis le temps d" Auguste jusqu à V empereur Hadrien.
CmQuiÈmB. Monnaies frappées depuis Hadrien jusquà Vempereur Galliçn.
Sixième. Monnaies frappées depuis Gaiiien fusquà la chute de l'Empire d'Orient et la prise de Constantinople par Mahomet IL
U est nécessaire de parcourir successivement ces six époques, en déterminant pour chacune d'elles les caractères généraux qui doivent se remarquer dans une monnaie , pour qu'elle puisse y être attri* buée» et. cela sous le rapport des diverses indica^ tiens qui ont été établies.
4g. Toutes ces recherches ont seulement pour objet les monnaies Autonomes des Peuples et Villes Grecs; celles des Rois portent les indications des époques de leur fabrication, puisque nous avons presque généralement les dates des règnes; les Im-^ périales - Grecques et les Coloniales sont dans le même cas. Quant au:i monnaies Romaines, les notions qui doivent servir à déterminer leurs âges seront exposées à \^ fin de ce chapitre.
Ainsi 9 dans les considérations qui vont suivre, il s'agit uniquement des monnaies Grecques Autonomes des Peuples et Villes.
5o. Pabkieius ivoqifstu — Monnaies frappées de^ pui&ViiiymUimt du monnayage jusqu'à jâleocandre V\y roi de Macédoine. L'invention du monnayage ayant été fixée dans le VII®. siècle avant J.-C ( i3), et Alexandre I*'. étant mort en l'an 4^4 avant J.-C/, la durée de cette époque est d'environ deux cents ans.
Les monnaies de ces premières années , berceau
46 iLÉMEilS , CHAfrmE tit.
de Tart monétaire , ofirent en général àe^ traces de Tenfance de cet art , qui indiquent assez positive^ ment qu'elles se rapportent à cette époque. D un autre côté , leur rareté rend le nombre des observations plus restreint Les Villes frappant monnaie étalent alors peu nombreuses , et les «capitaux circulans fort peu considérables , la quantité de monnaies de ces temps qui sont parvenues jusqu'à nous doit être en effet très-bornée.
Métal. On employa pendant cette époque de l'argent , peu d'or ^ point de cuivre.
L^endes. Les légendes sont simples, formées seulement du nom de la Tille ou du Peuple , sans noms de magistrats ou autres annotations. Elles sont en ordre ou régulier, ou rétrograde, ou boustrophedon{i). Très-souvent, les pièces ne portent aucune inscription , ce qui rend plus difficile de déterminer le lieu où elles furent frappées , quand , d'ailleurs , les types n'en fournissent pas la preuve : aussi est^oq obligé quelquefois de les classer parmi les incertaines.
Fotme des caractères. Les indications que Ton peut tirer de la forme des caractères sont nombreuses , intéressantes et souvent décisives^ Les recherches mtiltipliées que cet examen nécessite ne peuvent pas être mentionnées dans un ouvrage de la nature de celui-ci ; les limites imposées à chaque partie de la science dans un livre élémentaire aussi court ne suffiraient pas pour établir clairement les f)ases de ces recherches et leurs conséquences. Cette partie si intéressante de la Numismatique doit être
- ■ - ■ -Mil.
(i) Voy. Chapitre XI, 294 à 297.
ÉPOQUES NUJiISMATlQUE8. 4^
étudiée dans les auteurs qui en ont écrit ^>écialement scvec détails , et sur-tout à Taide du Traité de l'âbbé Barthélémy déjà cité dans ce Chapitre (i), et de ce que J. Eckhel a exposé sur ce point dans son grand ouvrage (2). D'autres auteurs ont consigné dans leurs écrits des observations diverses sur ce sujet. M. Mionnet a ajouté des formes de lettres à celles qui avaient été réunies par J. Eckhel (3).
Fabrique. Une fabrique très-grossière se fait assez facilement reconnaître et indique les pièces de ces premiers temps. Les formes globuleuses et irrégulières des monnaies sont des caractères de cette époque ; une rotondité parfaite et globuleuse l'indique aussi quelquefois. X}n grand nombre de pièces de ces temps portent simt Tun de leurs côtés un carré creux, divisé en diverses parties régulièrement ou irr^ulièrement. Le coin informe qui produisait ce côté de la pièce servait à fixer le flan de manière à ce qu'il ne glissât pas dans l'opération de la frappe , et à ce que l'impression du coin formant l'autre côté fât dbtenue avec exactitude. Ce procédé dont les monnaies des premiers temps offrent l'emploi indique positivement l'enfance de l'art dû monnayage. Un grenetîs autour du champ de la pièce est très-caractéristique de ces temps. On doit en dire autant des pièces qui représentent le même type des deux
(1) Mémoires de rAcadémie des inscriptions et belles-lettres ], t. XXIV. p. 3o. — Œuvres de Barthélémy.
(2) Doctrina numorum veterum, t. I, p. xcyii , etc.
(3) Description de médailles antiques, PI. XXXI et* feuille des citations jointe.
48 ÉLBBIEMS, CHAPITRE Ilf.
cotés , de l'un en relief et de l'autre en creux. Ce procédé fut employé pour des monnaies de quelques villes de la Grande-Grèce de cette époque; ces pièces sont toutes en argent. On les nomme, incuses. Il ne faut pas les confondre avec celles qui sont incuses par la faute des ouvriers monétaires , et dont il sera question au Chapitre XIII.
Style de Vart. Il faudrait des développemens étendus et un grand nombre de citations comparées , pour exposer les diverses CQQsidéi*ations que peut fournir l'examen des monnaies anciennes sous le rapport de l'art. Développer les causes des progrès des Grecs et du point de perfection où ils parvinrent dans la pratique des beaux-arts, serait déjà une ample matière à discussions ; ces recherches seraient plus compliquées encore s'il .fallait y joindre des considérations sur l'âge des monumens. On ne peut , dans un ouvrage de la nature de celui-ci, que renvoyer aux auteurs qui ont traité ces matières , et tous les numismatistes des derniers temps s'en sont occupés ; mais on ne peut trop recommander l'examen attentif du plus grand nombre possible de monnaies. H suffira de rappeler, pour cette première époque, que le3 beaux-arts se développèrent dès leur origine chez les peuples anciens avec un sentiment de vérité et d'expression qui leur est propre , et qui était déjà presque de la perfection, malgré ce que l'on peut reprocher d'incorrect et même de bizarre à beaucoup de monumens de ces temps. Il est certain que les premiers artistes , sans modèles à suivre , sans aucun des secours accumulés depuis, n'ayant
que lâ nature pour géide, arrivèrent promptement à créer un style éminemment vrai et sublime. C*cst en se pénétrant des ouvrages de ces temps, et en les jugeant par une suite de comparaisons multipliées , que Ton pourra appliquer au sujet qui nous occupe les idées que l'on aura acquises. Ajoutons que les beaux-arts^dans cbaque^ays, offrent des variations sensibles dans leur marché et qu'il faut les étudier pour chaquie contée séparément : en effet Taft, chez les Grecs proprement dits, chez les Étrusques, dans la Grande-^Grèce, en Sicile, sans nommer les autres contrées , offre des variations aussi multipliées que difficiles à indiquer.
5i. Deuxième jépoqcte. Monnaies frappées depuis jilexandre {'". jusqu'à Vaifènement de Philippe It, fils d^Amjrntas , père d Alexandre III le Grand y roi de Macédoine. Alexandre P'. étant mort en l'an 4^4 avam J.-G*. et Philippe II ayant été roi en l'an ÎSg, la durée de cette époque est d'environ cent ans.
Pendant cette période, liftj' beaux-arts s'élevèrent en Grèce au plus haut poii/t de perfection.
. Métal. On se servit , dans cette époque , d'or , d'argent et de cuivre, de ce dernier en petite quantité. Les premières monnaies de cuivre des roi^ de Macédoine sont celles d'AmyqtasIL, qui r^^na de 897' jusqu'en îîy i avan|; J.-C . On voit dans las Grenouilles d'Aristophane , pièce qi» fut représentée en 4^6 avant J.-C, que la monnaie de cuivre venait alors d'être introduite: à Athènes.
Légendes^ Les légendes, dans cette période, offrent les piémes >signesr earactérisiiques que dans la pre-
5o ÉLiMENS;* CHAPITRE III.
mière , sauf fes modifications que lés progrès de Tart du monnayage apportaient âans leurs dispositions.
Forme des caractères. Il faut se reporter, potlr les inductions à puiser dans la forme des Y^aractères , à ce qui en a ëfté dît à la première époque et à ce que nous avons indiqué relativement à la Paléographie.
Fabrique. LaÊLbrication, dans cette époque, s'améliora suivant les progrès que l'on faisait dans remploi des procédés. Les monnaies sont moins globuleuses, plus plates. Les carrés creux, irrégulièrement divisés et sans types, ne se voient plus. Si des imitations de ces anciens carrés paraissent encore quelquefois comme souvenirs de méthodes antérieures , ils sont r^uliers , et Ton voit dàns*^ leurs divisions intérieures des types et des légendes.
St/ie de, r art. Tout en suivant les préceptes établis par les anciens artistes et en conservant la simplicité du style de leurs productions , ceux de cette époque perfectionnèrent l'art en mettant dans leurs ouvrages plus de .correction , de goût et de science. Ce fiit le temps où les beaux-arts , sortis de l'ejnfeince , arrivèrent par des progrès rapides àl ce haut degré de perfection qi»i produisît tant de chefs-d'œuvre. Alors vécurent Phi^as, Zeuxis, Scopas., Praxitèle. Un climat admirable ; des costrées délicieuses et variées ; de belles races dont les vêtemens n'altéraient pas les formes; des événemens et un mdde de gouvernement qui exaltaient les imaginations déjà ardefntes de ces peuples ; de grands hommes qui , chargés de la con* duite des affaires de leur pays , inspiraient aux artistes ces ouvrages admirables , simrces 'de jouis-
ÉPOQUES MUMKMATIQVES. 5l
sAces et de gloire, telles ftivent Içs causer; qui ocm* tribuèrelit à porter alors jusqu'au subNme la ptu^ tique dfiiB^l>eattx-arts. L'absence de tout aystèioe de couveaption , de tout modèle à suivre , pour muii dire , préserva te& artiates des fausses routes ^ et rexatneti seul de la nature leun apprit à étns simples et admi-» râbles comme elle. " ^
L'art de graver les pierres et les raoïmaies fit les mêmes progrès que le» autrei^, et l'on trouve fiios les monnaies de ctetie é|K}que dos preuves nom* hreuses du point de perfection où étaient parvenue les artistes» Elles sont d\iutant plus précieuses , que ^ parmi les moiuHneiisde la sculpture ancienne^, ceux que l'on peut attribuer bîeu positivement ti celte époque ne sont pas nooibreux.
5a. Tfioisiii^ ipOQtJE» Monnaies ^^appées depuis Fauènement de PMippe IM jusqu'au temps du rens^rsèment de kt République R0m€Ume sous l'Empereur Juguête„ Philippe II ayant été roi en l'an 359 ^^^^nt i.-Cij et rfimpereiir Auguste ayant été msdtre touverain de l'Empire Rompin en l'année de Rome 7^4^, trente ans avant L-^C^, la durée de cette époque est de plus de trois siècles.
Ge .temps est celui où fleurirent tes beaux«arts , alors parvenus à leur ^ogéte chez les peuples Grecs.
MéMd. Qn employa Tor , l'argent et le cuivre pendant cett^ époque*
Légendes. Les insa*îptioi1is devinrent plus éitendueS) à cause des additions que l'on fit aux nonls des Peuples et des Villes ; on insoriTÎt sur les monnaies les noms des magistrtits ^ des personnages que
52 éukM&iifs, <:hapitr£ m.
Fonvoukiit honorer, dfs divinités , etc.^ et lesiûdications des aimées , ,des monograiximes , etc. , etc.
F<mne des caractères^ Il faut encore, pour cette époque, renvoyer à la Paléographie. On doit cependgpt.jobserver que la perfeetion dans les arts produisit aussi des lettres de plus belles formes , mieux placées et plus e;aEactement gravées .-
Fabrique. De nouveaux progrès dans la fabrication des monnaies a:ntiques caractérisent cette époque. On y .trouve plus de régularité, d'exactitude et d'uniformité. Cette fabrication atteignit alors le plus haut dogré de perfection auquel elle soit parvenue.
Ce point où fut porté l'art du monnajyage cnez les anciens , quant^ à la ps^tie mécanique 9 était encore éloigné , sous certains rapports , du degré de perfec^ tion auquel 4?et art a été élevé par les modemefs, surtout.dans ces dernières années. La différence la plus notable est que les anciens n'ont pas conmi, l'usage de la virole. Aussi toutes les pièces frappées dans l'antiquité sont-elles pli^s/ou moins imparfaites sous le rapport de l'exacte rotondité et de la concordance désr deux coins ; ce qui leur donne une apparence d'imperfection aux yeux du commun des hommes , habitués qu'ils sont à la régularité de nos monnaies actuelles.
Les moyens mécaniques connus et employés dans l'antiquité étaient fort simples et bien éloignés de cevçL q«i ont été découverts dans les temps modernes. Il y a une grande différence entre le simple marteaUy.ayec lequel les anciens frappaient les monnaies, et les balanciers de nos jours. Cette considé^'
EPOQC^ÊS NWISMATIQUÈS. ^ 53
ration rend plus remarquables les résultats obtenus par les -anciens avec des procédés imparfkits. Quant à la gravure des typ«3, une grande différence se trouve entre les monnaies antiques et ceHes des temps modernes , c*est le haut relief des unes compsffé au travail entièrement plat de celles-ci. Ge travail de haut-relief était préféré par les artistes, comme leur donnant plus de ressources pour la perfection de leurs ouvrages ; d'un autre ooté , la rareté des métaux précieux et celle du numéraire circulant étaient telles , que Ton n'avait pas senti la nécessité d'une fabrication de monnaies plates qui pussent s'empiler et être plus fadilement comptées par quantités considérables. Ces circonstances ont servi à l'avancement de • l'art de la ^vure et à nous en conserver de si nombreux monumens ; car , avec nn travail de bas-relief, les artistes anciens n'auraient pas produit des ouvrages si parfaits. Dans le^ temps modernes, les moyens mécaniques , perfectionnés, ont rendu les monnaies entièrement exactes et uniformes, et la nécessité d'en compter de grandes quahtit^ en les empilant a porté à leur donner peu de relief.
Style de Vàrt. Pendant cette époque où l'on vit fleurir les beauxrarts , la gravure des monnaies . se maintint dans le.d^^é de perfection auquel elle était parvenue. Les mêmes genres d^ mérite que l'on trouve d&ns les monumens de la sculpture et du dessin de ce temps brillent sur les rocmnaies, dont le travail était , sans aucun dotite^ confié dans beaucoup de villes aux plus habiles artistes. Les monnaies de ce temps que l'on^peut fciter cortMcne des chefc-d'œuvre
54 SLéMSNS, GflAPITKE 111.
4e Tart soqI qii si grand nombre , que les indiquer serait sortir des bornes de eet covragj^. La quantité de pièces , qui , sans être de ce liant poiot de perfection, offrent cependant un travail remai^able, proiijre combien était grand le nombre d'artistes habîkp qui s'oocopai^t de la gravure de$ coin^^ On a regardé çpmîne extraordinaire , d'après ce$ con^ sidératîonç « que les écrivains anciens na notia aient pas conservé les noms de quelque^ graveurs de monnaies. H est probable que la gravure des coins était pratiquée par les artistes qui. gravaient les. pierres fines, et que ce dernier art était considéré comme 0Dmprenant l'autre. En efifet, pourqi»>i Pline-, qui rapporte les noms des plus habiles^graveurs en pierres Ènes, n'aurait -il pas cité aussi les graveurs en médailles« puisque un si grand nombre de ces pièces sont des chefs<l'qtfuvre de gravure ? On ne voit sur les monnaies antique le nom d'aucun gr^eur , sauf une seule exception authentique qui se trouve sur une monnaie de CydQnia de Grêle , portant : neyantos KnoKi ( pour Enom ) (fmt par IVevànms). Cette absence du ifom des graveuns sur les monnaies s'explique au reste fort bien par l'importance que l'on attribuaH au droit d'y inscrire les indications de la souveraineté. Peut-être, au reste , quelques-uns des monogrsMEniBes quise ti^uveni sur les monnaies Grecques aont^ls les initiales des noms des artistes qui les ont gravéos. Nous n'avoiis sur ce point aucun renseignement, même probable.
Il est nécessaire de remarquer ici que , dans cette époque , que Von pent nonuner l'âge d'or des beaux-
ÉPOQUE» NIMISHATIQUES. &5
arts, ce n'est f0s seulement en Grèce, et dams les autres contrées où la culture des arts avait marché d'un pas égal , comme la Grande-Grèce et la Sicile , qu'il ftit frappé des q[ionnai«s d'un beau travail. Des pays dont le peu d'aptitude aux science et aiH: arts était passé en proverhe, comme la Béotie et l'Arcadie ; des contrées nommées barbares par les Grecs, comme laThrace et là Bithynie ; des villi^ lointaines , comme Cyrène et Marseille , eurent des monnaies dont la perfection est égale à celle des peuples Grecs les plus renommés dans la pratique des arts libéraux.
53. Quatrième époque. — Monnaies frappées dlepuisletempf (fJuguste/usfu*à rJEmpereurHadnem. Auguste ayant été maître souverain de l'Empire Romain en l'an 724 de Rome , trente ans avant ].«>C. et Hadrien étant devenu Empereur en l'an 1 17 de J.-C., la durée de oette époque est d'environ cent cisquante ans.
La décadence des arts , la diminution des prérogatives et de iHmportance des peuples Gwcs commencèrent à %e faire. sentir pendant cette époque. Le nombre des monnaies Autonomes diminua à mesure que s'établh l'usage de frapper des monnaies aux effigies Iiii|)ériales. Un grand nombre de Villes perdirent ou abandonnèrent le droit de frapper monnaie , conune on Ta vu, Chapitre II (26). Il résulte de ces causes que le nombre des monn^Aes d'âge incertain est tresHrestiteint pour, ces temps.
Métal. Les monnaies de cuivre devinrent alors beaucoup plus nombreuses que les autres > l'argent ne filt plus guère employé que pour les monnaies
56 ËLÉMËNS , GHAMTRE Ili.
Impériales-Grecques. L'or ne fot plus frappé, sauf un très-petit nombre d'exceptions. ,
Légendes. Les monnaies 9e gortcfïit plus que ies noms des Villes et des magistrats s^s titres. Les Impériales-Greèques portent les litres et les louanges des Empereurs.
Forme des caractères. Il y eut peu de variations pendant cette période.
Fabrice. L'art du monnayage commença dès-lors à . dégénérer , et l'on en voit dQ3 preuves sur les monnaies de cette époque.
Stjrle^ de Vart. Le style commence dussi à dégénérer, quoique l'on retrouve encore daps les ouvrages de ces temps de beaux restes du grandiose des t<nnps antérieurs.
54. CiWQUiÈME iSpoque. — Monnaies frappées depuis Hadrien jusquà V Empereur GalUen. Hadrien étant devenu Empereur en l'an 1 17 de J.-C, et Gallieri en Tan 260, la durée de cette époque est d'enviFon cent cinquante ans.
^ Les beaux-arts éprouvèrent pendant cette période une grande et rapide décadence. Les troubles qui divisèrent l'empire , 1^ débordement des peuples barbares, l'affaiblissement et la soumission totale des peuples Grecs, leurs calamités et la misère amenèrent cette décadence. L'art monétaire suivit le tOBrent ; il dégénéra rapidement. Le nombre des monnaies frappée» par les peuples Grecs devint encore plus restreint que dans la période précédente. Il ne fut plus frappé que très-peu de monnaies Autonomes, et conséquemment très-peu de pièces de
ÉrOQ1]£S NtlHlSMATlQUn. Sy
datçs incertaines se trouvent à classer dans cette époque.
Métal. On employa le cuivre, peu d'argent et point d'or, sauf un- très-petit nombre d'exceptions. Ce fut pendant cette période que l'on commença à altérer le titre des monnaies Romaines d'argent; celui des Impériales«Grecques le fut au^i.
Légendes. £Ues devinrent plus simples encore que dans l'époque précédente.
Forme des caractères. Voir encore, pour les formes des lettres, ce qui a été dit précédemment (5o) relativement à la Paléographie.
Fabrique. La dégénération de l'art du monnayage devint enclore plus marquée qu'antérieurement p^a* dant cette période.
Style de l'art. On vient de voir quelles furent les causes qui amenèrent la décadence des beaux-arts pendant cette époque. La gravure des monnaies s'en ressentit et d^énéra entièrement On peut suivre cette décadence successive et rapide , eh examinant la série des monnaies Romaines des mêmes temps. Celles d'Hadrien offeent encore des restes du grand style des arttetes antérieurs, ceUes de Gallien sont barbapes.
55. Sixième époque. — Monnaies fiiappées ii^ui5 GaMien jusqu^à la chute de t Empiré d'Orient et la prise de Consjtantinople par Mahomet IL , Gallien étant devenu Empereur en l'an 360, et Constantinople ayant été prise en l'an i455, la durée de cette période est d'environ douze sîèdes.
Ce long intervalle est marqué par la iléçadence la
58 ELSIIENSf GHAPITAE III.
plus complète des beaux-arts. Il serait trop long de développer les causes de cette décadence et d'en suivre les progrès» L'art du monnayage d^fénéra comme les autres arts, et dans aucune de ses parties lï'ofirit plus méme^les traces de ce qu'il avait été* Il ne se trouve plus j pendant cette pénode, de monnaies Autonomes-Grecques ; les Impériales-Grecques qt les Coloniales disparaissent aui^i. Les peuples Grecs cessèrent presque entièrement de frapper monnaie , et on ne vit plus circuler ^jie les pièces Bx)maine^* Pendant que la fabrique des. monnaies devenait de plus en plus informe et barbare, la misère des- temps en rendait le nombre plus restreint.
Cette âxième époque ne se trouve donc fias présentée ici pour y indiquer les caractères- auxquels on peut reconnaître les pièces Autonomes de dates incertaiqes que l'on pourrait y classer, puisqu'il n'y eut plus alors de c^ sortes de monnaies. £lle n'est mentionnée à la suite des autres que pour compléter le tableau et la division par époques de la Ifumismatique ancienne tout entière et pour en faire connaître les limites«
56. Il nous reste à parler de l'époque de l'introduction du tnonnayage à Rome et de ses développepnens suçcesëfs. L'immensité du système monétaire des Romains a rendu convenable, ai^si que iious l'avpnsdéjà vu (i8), de former u«e classe séparée de leurs monnaies propres, ou ,. autrement dit, des monnaies de coin . Romain. La nature de ces pièces les rend, en effet, totalement distinctes de celles des autres peuples.
ÉPOQOeS NOlliSIlATlQiES. Sq
57. filii&teurs auteurs rapportent les tiaditions qui attribuaient à âatbrne et k Xanu$ rintroduetion du moonsryâge «n ltàli% nou^ avpns «l^jà &it mention de ces fables , Ch^ipitre I (^10). £n nous rappro* chant d'époques moins obscures , Pline et d'autres écri^ins affirment que les premières monnaies Ro maines furent frappées sous le roi Servius Tulltus , dont on fixe la mort à l'année 5% avant J^C. (218 dç Aome). Saiis entrer da^s les détails nombreux et dans les diversités d'opinions émises par les savans à cet égard , on petit, admetbre que le .monnayage fut introduit à Rome, sinon sous Servius TnlUus , du moins ^u api?ès, A cette époque , l'usage des monnaies existait dans d^autres parties de lltalie depuis wviron un siècle.
$8, On frappa à ftome de l» monnaie d'ai|^nt pour la première. fois en l'an 969 avant J.*C. (4^5 de Rome ) , cinq ans avant la première guerre punique. L'or fut admis en l'an ao6 avant J.-C. ( 548 de Rome y
59, On n'a que des notions fort insuiSQsahtes p(Hir classer chronologiquement les monnaies frappées à Rome sous la République, sauf les ^s ou parties d'^5 , qui fournissent dans leur poids quelques indications à cet égard*
6a Les monnaies Impériales sont d'époqftes oonnues, puisque nous avons les dates des règnes.
61. Le monnayage des pièœs da coin Romain dura jusqu'à la chute de l'Empire d'Orient, et^nous \enons de voir les motifs'qui \epoi^nt jusque-là. Ces fabrications cessèrent vers le milieu du JCV®.:Sicclfe.
6o ÉÊËMENS, CUÂPitRE III.
62. Qn v©it âouc que le monnayage Fut inventé dana le- Vir. siècle avant J.-C. , et que la Nutnisniatique àhcienDe se prolouge ' jusqu'au milieu du XV^. siècle de l'ère chrétienne ; ce qui donne en tout ime durée de vingt et un siècle^. *
Mai^ il faut observer que la Numismatique ancienne ne se trouve prolongée jusqu'à la prise de Constantinople que pQur ne pas séparer les dernières monnaies de l'Empire d'Orient de la série des monnaies Romaines des temps antérieurs. Les Empereurs d'Orient, en effets étaient leà successeurs d'Auguste, d'Antôjiin et de Constantin , et malgré la décadence de leur pouvoir , ils forment une succession non interrompue de souverains du même peuple, tout réduit et dégénéré qu'il devînt successivement. Ces monnaies furent conçues dans le même système que les précédentes et circulèrent constamment de préférence à toutes les autres. On a regardé d'ailleurs comme difficile de fixer , qilant à l'Empire Romain , une époque quelconque où finirait lalN^umismatique ancienne ,^plt)ur passer à celle des temps modernes. La série complète des monnaies de l'Empire Romain d'Occident et d'Orient a donc été. comprise dans la Numismatique ancienne. On trouvera dans le Chapitre XVII des idées plus développées sur ce sujet, et<|ueh]ues vues nouvelles qui peuvent mériter d'être méditées.
65. Pendant la durée de f Empire d'Orient , les dit^ps peuples de l'Europe furent conquis qu séparés de l'Empire Romain. Ils formèrent des états indépendansque l'on vit successivement changer de maîtres,
ÉPOQtTES NUMISMATI^UJBS, 6l
de gouvernement et de limites. Cej^ états commencèreiità diverses jépoques, suhrant leur position sociale et l'état des arts, k frapper des raoniifiies plus ou moins nombreuses, plus ou moins, impsirfaites. Avec le temps, le monnayage s'étendit, «e perfectionna. Lor^ de la chute 4e l^nipire d'Orient, presque tous les peuples connus frappaient monnaie. Ces divers systèmes monétaire^ font pat tie de la Nmnismatique du moyen âge et moderne.
64. Il pourrait pjaraitre plus convenable de ne pas diviser ainsi la Numismatique en ancienne et en moderne, et. de faire du tout un seul corps de doctrine et de classification. Mais les temps anciens sont si différens, sous tant de rapporjis, de ceux du moyen âge et des époques modernes , que la Numismatique ancienne forme réellement une science totalement distincte. Les personnes qui l'étudient s'occupent en général très^pen des temps postérieurs.
65. On vient de. voir quelles sont les limites chro*nologiques de la Numismatique ancienne en général. CeUes de la Numismatique des États ou Provinces en particulier se trouvent étoiles par l'exathen des monnaies de chaque État ou Province.
66. Quant aux lîsnitqs géographiques, on les connaîtra aussi parfaitement* par le tableau de tous les peuples qui qnt &appé monnaie; ce tableau se trouve ^1 t^ de la nomenclature des pièces des Peuples , Villes et Rois.
02 WiBMBNS , GHAPiras IV.