CHAPITRE rV
Personnes préposées à la fcArieafion des Monnaies . ' chez les^ Jlncien^,
67. On ne troure, dftniles écrivam$ anciens qui kous restent , âncune notion rektivement aux magistrats cftL officûBfs pnbliGS qui Gâtaient chargés de la febrication Am monnaies cbez les peuples Gre<». Les monnaies elles-mêmes et les autres monumens ne nous apprennent rien à cet égard. Il est hors de doute que les premiers magistrats des villes qui émettaient des monnaies donnaient à cet importait objet les •oins convenables. Les rapport!» de conformité que Ton reiK>nnait entre les ihonnaies de diverses con* tffées y^conformité nécessitée par les relations commeroiale^ , prouvent que le monfnayage était dirigé avec les coi^aissanees et l'exactitude nécessaiiies dans cette niati^e. Mais nou$ ne connaissons aucun fait positif relativement à ceux qui en étaient* chargés. Une belle inscHptic^L qui * rs^porte aux finances des Athéniens , et qui a été puMiéé^ pÉr l'abbé Barthékmgr > ne contient rien sur ce point.
68. On n'en sait pas.ilavantage relativement aux ouvriers qui s'occupaient, chez les Grecs, des Iravaux du monnayage.
69. Quant aux artistes qnî gravaient les coins des monnaies des peuples Grecs, nous^ne prouvons non
MAGISTRATS Wt OUVIVIER9 MONÉTAIRES. 6S
prias dans les écrivains anciens aucun renseignement qui leur soit relatif, ainsi qu'on l'a déjà vif fbns le Chapitre précédent. Le silence des écrivains sur ces artistes est d'autant plus étonnant que quelques auteurs , et Pline sur-tout^ nous ont conservé les noms de plusieurs graveurs en pierres fines. Un très-grand nombre de monnaies Grecques oHrent un travail'ad* mirahfe , quelques «unes ,sont de véritables chefe*. d'oeuvre ; il est hors de doute que , dans la plupart des Tilles, la gravure des coiifô était confiée aine plus habiles graveurs. Ces artistes auraient donc mérité d'être nommés et célébré» par les écrivains. U semble que Von 4oit conclure de ce sileilce des auteurs et de la beauté desiypes monétaires , que les graveurs en pierres fines étaient toujours chargés de la gravure des coins des monnaies, et que ce dernier art n'a pas été mentionné par les écrivains, parce qu'il était considéré comme faisant partie de celui de la gravure en pierres fines. Le style des types des monnaies , et le système employé généralement dans la gravure des monnaies Grecques , comparés avec le travail des pierres gravées des mêmes jpeuples et des mêmes temps, viennent à l'appui de oette opinion.
Une objection peut être fetite à cette idée , c'est que les artistes habiles qui plaçaient leurs noms sur un msm grand nèmbre de pîerres gravées auraient pu les inscrire aussi sur les monnaies, tandis qu'en n'en trouve qu'un exemple sur celles de Cydonîa de Crète; il a été cité au Chapitre précédent (5a). La réponse à cette objectkm est facile , quan<ik on pense au principe généralement admis dans rafntiqmté re-
64 ËLÉilflN&^ CHAPITRE IV.
latwement au droit de monnayage , qui fut toujours considéré comme attribut de la souveraineté , et au soin de n'admettre aucun type ni aucune légende e» contradiction avec ce droit soisverain. Au reste , on peut penser au$si que quelques-uns des non^reux monogrammes qui se trouvent sur. les monnaies Grecques indiquaient le& noms des artistes qtd les avaient gravées. Nous n'avons aHCune lumière à cet égard , el^ de simples conjectures seraient pe^-étve même hasardées.
Les monnaies Grecques n'offrent donc aucun éclaircissement sur les artistes dont elles étaient l'ouvrage , et les inscriptions et autres monumens de ll^ntiquité ne nous en apprennent pas da'wmtage sur ce suj^.
70. Nous /sommes plus instruits sur ce qui concerne les magistrats chs^gés du monnayage chez les Romains. Dès le temps de la République, la fabrication des monnaies fut confiée à trois personnes qui prenaient le titre de HI VIR. A. A. M. F. F. , ce qui signifie : III,VIR« Auro, Ar^ento, Aeri, Ftamio, Teriundo. On .p^nse qu'ils fi^ir^t in^tués vers l'an 4^5 de Rcgne (289 ayant J.-C. ). * '
Un passage dç. Tite-Live ( i ) indique de plus que les Questeui^j» avaient, jusqu'à un certain point ou dai^s quelques cas du moins, le (droit d'inspecter les titres et les valeurs des monnaies et des métaux. Il s'agit, dans ce passage^ de sommes envoyées à Rome par l|^s Carthaginois pour paiement de tributs imposés, et on pourrait conclure, des te^es de l'ius-.
0)LiB. XXXII, 2.
MAGISTRATS ET OirvmEHS MONÉTAIRES. ^5
torien , que déjà Fart de Taffînage des métaux était fort connu à Rome.
J. César augmenta les Triumvirs d'un quatrième ; ils devinrent IIII VIRI ; mais Auguste réduisit de nouveau leur nombre à trois. Dans les derniers temps de l'Empire, les magistrats chargés du monnayage prirent le nom de Presses ou Prœpositus manetœ.
Les Triumvirs monétaires avaient, du temps de la République, une autorité puissante relativement à la fabrication des monnaies, puisqu'ils pouvaient faire constater, par les types et les légendes, des faits relatifs à l'histoire de leurs ancêtres ou d'autres personnages de leurs familles.
Les noms des Triumvirs monétaires , avec l'indication de leur charge , furent également placés sur les monnaies du temps de la République et même depuis. On trouve aussi ce titre donné à (ttver s persoikiagés sur plusieurs pierres tumulaires ou autres ihsciriptions Romaines.
7 1 . Les marbres anciens nous ont également conservé les noms des ouvriers qui étaient chargés des di< verses paîrties du monnayage. On y trouve les dénominations suivantes : Monetaru , Officinatotes mùnetœ aurariee^, argentariœ Cœsarisy NumularU officinarum argenteartcm , Familke monetariœ , Numuîarii offi" cinatores monetœ, Exactores auri^ argentij aeris y Signatores , Suppostores j Malleatores , Flatores*
7a. Quant aux artistes qui gravaient les coinâ de!$
monnaies chez les Romains, ni les écrivains, ni les
monnaies elles-mêmes, ni les autres monumens de
l'antiquité ne fournissent aucun détail à leur égard.
gg ÉLEMËNS, CHAPITRE V.
iH'aut cependant citer ici une inscription antique qui porte : NOVELLIVS A.VG. LIB. ATIVTaR VKJEVOSiius^ SCALPTOÏIVM SACR^ MOWET^.
Elle a été rapportée par Marini^i). On doit appliquer à ces artistes les observations qui viennent d'être &ites pour la gravure des monnaies Grecques, et penser que les coins des monnaies Romaines furent aussi faits par les graveurs en pierres fines.
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