‹ Manuel de numismatique ancienneChapitre 18 sur 98 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

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Différence entre les Monnaies et les Médailles,

73. On confond continuellement les mots monnaie et médaille, particulièrement pour les temps anciens. Il est donc nécessaire de définir ces deux e)&pref9ion§, et de ne les employer que convenablement.

74* Les monnaies sont. les pièces de métal qui^ multipliées uniformément en grand nombre ^ et portant, des empreintes semblables constatant, soit réellement, soit fictivement, leur .valeur, servent de moyen universel d'éehange contre toutes les autres valeurs. Les monnaies doivent nécessairement réunir ces trois caractères détQrminés, uniformes et cpnnus : titre , poids et types.

(i) Iscriz. Alban., p. 109.

DIFFÉRENCE UES MO^iNArtfi AUX MÉDAILLES. ^

75. \jc& -médailles sont les pièces de métal qui, multipliées uniforpiément, sans avoir de ^eur ptécisQ, et sans féunir tes caractères connus et déterminés pour i6s litre, ppids et t^rpes^ sont destinées à servir de commémoration d'événèmens ou de per^ sonnages.

76. L'usage s'est introdtiit de nommer médaUies toutes les pièces qui nous, reaient des tdnps anciens ; ces pièces, n'ayant plus cours aujourd'hui comme monnaies , ne se trouvent maintenant que commémoratives, et par conséquent ne sent plus réellement pour nous que des ^daillea. Sou^ ce point ^le vue , cette appellation {>arait être raisonnée. Maià en don* nant le nom de médailles aux monnaies des anciens , on toaabe da«s trois inconvaniens : le pciemier de nommer ces pièces par un autre n«m que leur nom réel ; le second, de donner une idée fausse de ce qu'elles étaient dans l'antiquité; le troisième, de confondre par là les monnaies et les médailles antiques , Car les anciens ont connu la différence t^ntre les unes et les autres.

77. Il m'a donc paru conrwable de restituer à chacune de ces deux sqrtes de monumens numismatiques son véritable upmr, et d'employeur le mot monnaie dans le cours de cet ouvrage pour toutes les pièces qui ont été réellement des monnaies, bien que sous un certain point de vue elles soient pour nous maintenant des médailles , et que ce dernier mot ait été assez généralement emrployé jusqu'à présent poHr les désigner.

Ainsi le mot médaille ne se trouvera employé iei

gg ÈLÉMENS, GH.\P|TR1S V,.

que pour les pièces qui soQtou qui seront jugées être dans la catégorie des médailles.

Quelles sont maintenaat les piècesi^que l'on doit considérer comme ayi^nt été ^es monnaie^ daps l'an*tiquité ? Quelles ^ont' celles dans lesquelles on peut reconnaître le caractère de médailles ?. C'est ce que nous allons indiquer le .pl^is. brièvement possible.

78. On reye^onnaît, an premier aporçu, que presque toutes les pièces qui noua restent des temps anciens étaient des monnaies. Tous les motifs tirés du raisotmement et des probabilités f>ortent à le ccûire ; l'examen ^es pièces antiques elles-mêmes le prouve. Elles ont les caractères qui ont été reconnus comme devant se trouver d^ns les monnaies. Les indications des valeurs et même les appellations monétaires inscrites sur plusieurs de ces.pièces; leurs rapports de poids , de types et de fabrique pendant de longues périodes ; leur quantité; l'état de détérîoFi^tion et de frottement dans lequel le plus grand nombre se. trouve. et qui atteste la circulation; les noms donnés à de certaines espèces de monnaies et cités par les écrivains., tels que les Philippe, les j4lexandre, les Gstophoresy^te», enfin une foule d'autres circonstances ne laissentpas de dout^ à cet égard.

Il est donc inutile de s'arrêter à l'opinion de quelques auteurs, tels qu'Erîzzo et Haidouin, qui ont prétendu que lapresque^totalité des pièces anciennes avaient été de véritables médailles frappées en mémoire de personnages ou d'^vénemens, et non pas des monnaies. Une telle opinioivne mérite plu»^ d'être réfutée.

DirF£R£]^CE D£S MONNAIES AUX MEDAitLES. gg

L o{Sinioi> cùhimre' est là seule véritable ; près-' que toutes lés pièces qui furent faites dai^s Tantiquité*et qui sont venties jusqu'à nous étaient des monnaies.

79. Il faof ensuite adinettre que les anciens ont! eu de véritables médailles. Mais tout en établissant ce fait; il est nécessaire de dire que les caractères qui peuvent servir à faire reocrnnaitre les médailles des anciens ne sont pas tellement détermines quHl ne reste souvent des incertitudes. Ces incertitudes no portent pas seulement sur le caractère de médailles à reconpaitre ou à refuser à un assez grand ndmbre de ces pièees , on est encore dans le doute de savoir si des pièces frappées comme médiiilles n'avaient pas aussi une valeur fixe en rapp(^ de quantités d'unités monétaires avecles monnaies et leur donnant cours. Enfin , il est souvent difficile ou même impossible de pouvoir déterminer dans queb buts ou pour quek' usages ces pièces étaient frappées.

80. De la connaissance approfondie des pièces fmppées dans l'antiquité, on peut conclure en général que, Chez les anciens, les médailles étaient les pièces des plus grands tdiamètres. Des considérations <}iverSes et la rareté de presque toutes les pièces de eette nature établissent cette opinion. Le mot mé^ daillon , qui a été et qui est encore généralement

adopté pour désigner les grandes pièces , est donc convenable , puisqu'il dérive du mot médaille , et nous l'emploierons toutes les fois qu'il s'appliquera à de^ pièces ayant le caractère de médailles.

Ce principe général établi, il convient, quant aux

^^ ÉLÉUËJNS, GHANtRE V.

^Utre$ cirA>ns tances, d'exposer des considérations séparées pour la Niiinis]ilatiqne> Grecque et pour celle des Ronaains. ' * .

8 1 . Parmi les pièces Autonomes - Grecques y en broDjae, il ne parait pas qu'aucunes aient été des médaUl^. Il existe bien des pièces de cette espèce d'ujd grand et même d'un très-grand diamètre ; mais elles ont tous les caructeres des monnaies. On peut citer entre, autres , les grandes pfèces de cuivre des Ptolémée, dont la dimension était tout>4i-lait inusitée ohez les Grecs, et qui pourtant doivent avoir été des mounaÂe» , parce qu'elles en ont tous les signes et qu'on les trouve çin très-graùd notnbre. Pour les. pièces d'argent, il paraît que les monnaies les plusgrandes qui aient été émises étaient les Tétra^ drachmes (quatre Drachmes), et que les pièces de poids et de diamètres plus grands étaient des médailles. Le petit nombre d'espèces de ces dernières et la rareté actuelle de chacune sont des motifs pour le croire* Je citerai les grands médaillons d'argent de Syracuse représentant la tête dç Gérés., et au revefrs un quadrige. Ces pièces, d'un volume et d'une valeur insolites , étaient très-probablement des médailles^ Quelques*unes des variétés de ces pièces portent au revers le mot A0AA {Fictoriœ prœmia ). On peut coiiclure de cette inscription que ces pièces étaient des médailles, et qu*on les frappait pour être remises aux vainqueurs dajns les jeux. Quant au rapport qu'elles peuvent avoir avec les monnaies par leur poids , il est difficile d'établir si elles ont pu à*la-fois être des médailles et avoir un cours réglé comme

DIFFÉRENCE DES MONNAmS AUX MÉDAILLES. r, |

moB^aies. !Nous n'«vons pas xie renseignemops assez certains pour r^fliraier. Quelques pièces des Rois, en argent , peuvent être aussi Considérées camine médailles. Pour les pièces d'or , il y a lieu de croire que le plus grand nombre de celles de grand volcnne frappées aux eC%ies des Rois étaient de&.iQédailles, quoique elles ofirent, la plupatt du temps, les métnes types et légendes que les monnaies plus petites des mêmes princes: ces pièces sont en général 4;rès-rares. Les «grands médaillons d'or des rois de Macédoine et d'Egypte sont dans cette classe. Ces idé^s sontelles justes , et quelles étaient les destinations de ces pièces ? Nous sotti^qs à cet égard sans* lunnères po^ti¥es.

8d. Passons aux Imporiales^Grecques et aux Coloniales. On y trouve^ à dater du temps d'Hadr^n , beaucoup de pièces de bronze de grandes dfanensioiis auxquelles on peut attribues le caractère de mé* dailles. Entre autres motifs déte&minans , nous citerons des médaillons d'Antinous portant les ne>^ de villes qui n'ont pas £dt frapper d'autres pièces de grandes dimenâions. Si de telles pièces eussent élé admises dans ces villes comme monnaies \ pourquiû en eûtron firappé seulement à4'effîgie de ce persotinage ? il est évident que c'étaient là de véritables médailles. BeaudHip de médaillons Imp^aux-Grecs de bronze , rares en général, portent des inscriptions relatives aux jeux, qui doivent faire penser qu'ils ont été frappés pour être donnés en prix aux vainqueurs ou pour servir à d'autres usages dans ces spectacles.

^^ ÉliéWElVS, CHAPITRE V..

CettQ dernière considération pourrait faire croire que des pièces de la dimension ordinaire des mon" naies, que Von peut considérer comme telles, et qui furent frappées dans le^ Tilles Grecques lors des derniers temps où eUes émirent des monnaies, étsûent aussi des médailles destinées au s^vice des jeux dont elles portent les noms. La monnaie Latine étant alors presque la seule qui eût cours dans l'Empire , on peut croire que ces. pièces furenjt faites à Timitation de celles de même nature &af^>ées préoédem* ment , mais en en réduisant les diamètres.

Les Impémles-Grecques d'argent paraissent avoir été toutes des monnaies. \] n*en existe pour ainsi dire point en or.

85. Un assez grand nombre de médaillons de bronze Impériaux-Grecs portent des^contr&marques. On a voulu établir qu<e ces pièces avaient été ainsi Gontre^marquées , pour leur donner par là valeur e| cours de monnaie. Cette opinion n^est pas asses bien prouvée , et les motifs qui ont fait ainsi contre- Hiarquer, dans l'antiquité, diverses pièces, ne sont pas assez connus pour que cette discussion puisse être suffisamment éclairçie.

34. Chez les Romains, le nombre des pitices auxquelles on peut attribuer le icaractène de médaille est également assez considérable. Mais il est néces^ saire d'fii>ord de faire observer ici. que legs premières monnaies Romaines de cuivre ne sont pas de cette catégorie , quoique d'iija volume très-considérable. I^s premiers Js et fractions d'u^s des Ro^iains sont de dimensions très-volumineuses, et étaient pour-

tllFFÉRENCK DES MI^NNAIES AVX MEDAILLES. m'j

tant mcoi^estableiilefdtdes monnaies: L^trodu«tiou des pièces <)ue I^on peut considérer -coiome médailles est de beaucoop péftérteure. Aucune pièce semblable ne fut faite pendant la dnréè de fo République. £Ues commentcèrent à être introduites à Eome àsa^s les premiers temps de l'Eriipire.

.^5. Toutes les .pièces d or plus grandes que le diamètre ordinairement eiiiployé pour les monnaiw Impériale» peuvent être considérées comme médailles ; il en est de même de» pièces^ d'argent: Ces pièces de ces deux métaux , que Ton npmme communément médcul/om Laims^^êont toutes^ uner^velé plus ou moins grande , et paraisse]:>t avoir été de vérî^ tables médailles, en leur appliquant toujours fesdoutes gui ont été établis pour cette najÈure de pièces* Qeiant au brons^, le même principe peut être adopté et il se trouve oonârmé pour ces pièces^d "par quelques ciixonstancesi remarquables pour le «ujet qui nous occupe. On peut donc considérer que toutes les pièces de bronze de fsAfrique Romaine Impé* riale, qui .sont d'une dimension plus volumineuse que les moimaies de ^ première forme ou monnaies de Graqd-bronze , étaient des médailles.

86> Dansées médaillons Latins de bronze, des diiFér^ices de fabrique et de dispositions qui se font qu^quefoîs apercevoir , viennent à l'appui de l'opinion qui les fait regarder comme n'ayant pas été des monnaies f on peut citer les médaillons portant- la tête seule d'Agrippine jeune(3i): à cette époque, les efûgies des femmes de la Famille Impériale n'étaient pas encore admises seules sur les monnaies. Mais

(Jg ÉLÉMËNS, CHAPITRE V.

il faut cependant citer ici une inscription antique qui porte : NOVELLIVS A.VG. LIB. ATIVTaR VKJEVOSiiu^ SCALPTORVM SACR^ MOWET^.

Elle a été rapportée par Marini^i). On doit appliquer à ces artistes les observations qui viennent d'être £aites pour la gravure des monnaies Grecques, et penser que les coins des monnaies Romaines furent aussi faits par les graveurs en pierres fines.

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