‹ Manuel de numismatique ancienneChapitre 19 sur 98 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Différence entre les Monnaies et les Médailles.

73. On confond continuellement les mots monnaie et médaille, particulièrement pour les temps anciens. Il est donc nécessaire de définir ces deux e&pre^sions, et de ne les employer que convenablement.

74* Les monnaies sont. les pièces de métal qui 9 multipliées uniformément en grand nombre, et portant des empreintes semblables constatant, soit réellement, soit fictivement, leur, valeur, servent de moyen universel d'éehange contre toutes les autres valeurs. Les monnaies doivent nécessairement réunir ces trois caractères déterminés, uniformes et connus : titre, poids et types.

(1) Iscriz. Alban., p. 109.

DIFFERENCE IJES WO^iNAlfiS AUX MEDAILLES. (^

^5. Ijes ^nédaélles soQt«les pièces <le métal qyi, multipliées uniforpiément, sans avoir de isaleur ptécise, et saii& téunir tes .caractères copnus ei: déterminés pour ies titre, pçids et tjpes, sont destinées à servir de commémoration d'jévén èmeiis ou de por^ sonnages. . • .

76. L'usage s'est introduit de oommei* médaUle% toutes les pièces qui nous restent des tetnps anciens ; ces pièces, n'ayant plus cours aujourd'hui Comme monnaies , ne se trouvent maintenant que commémoratives^ et par conséquent ne sent plus réellement pour nous que des ^dàillea. Sou^ ce point 4le vue , cette appellation {>arait être raisonnée. Maià en donnant le nom de médailles aux monnaies des anciens , on toaabe da«s trois inconvéniens: le premier de nommer ces pièces par un autre n#m que leur nom réel ; le second , de donner une idée fausse de ce qu'elles étaient dans- l'antiquité ; le troisième, de confondre par là les monnaies et les médailles antiques y car les anciens ont connu la difféivence t^ntre les unes et les autres.

77. Il m'a donc paru convmable de restituer à chacune de ces deux sortes de monumens numismatiques son véritable npnr, et d'employer le mot mon^ mue dans le cours de cet ouvrage pour toutes les pièces qui ont été réellement des monnaits, bien que sous un certain point de vue elles soient pour nous maintenant des médailles , et que ce dernier mot ait été assez généralement emrployé jusqu'à présent poHr^ les désigner.

Ainsi le mot médaille ne se trouvera employé iei

gg ÉLÊMENS, GH^PITRJS V,.

que pour les pièces qui soQt ou qui seront jugées être dans la catégorie des médailles. . .

Quelles soqt msdntenaat les pièces» que l'on doit considérer comme ayjint été d^ monnaie^ daps l'an*tiquité? Quelles ^ont* celles dans lesquelles on peut reconnaître le caractère de médailles ? C'est ce que nous allons indiquer le.phfs brièvement possible.

78. On reconnaît, an premier aporçu, que presque toutes les pièces qui nous restent des temps anciens étaient des monnaies. Tous les motifs tirés du raisonnement el; des probabilités f>ortent à le csûire ; l'examen ^e& pièces antiques elles-mêmes le prouve. Elles ont les caractères qui ont été reconnus comme devant se trouver dans les monnaies. Lies indications des valeurs et même les appellations monétaires inscrites sur plusieurs de ces .pièces; leurs rapports de poids , de types et de fabrique pendant de longues périodes ; leur quantité; l'état d^ détérîoFâ^ tion et de frottement dans lequel le plus grand nombre se trouve. et qui atteste la circulation; les noms donnés à de certaines espèces de monnaies et cités par les écrivains., tels que les Philippe, les Mexandre, les CistophoreSy^^^B.^ enfin une foule d'autres circonstances ne laissent pas de dout^ à cet égards

Il est donc inutile de s'airêter à l'opinion de quelques auteurs, tels qu'Erîzzo et Haidouin, qui ont prétendu que la presque totalité des pièces anciennes avaient été de véritables médailles frappées en mémoire de personnages ou d'événemens, et non pas des monnaies. Une telle opinion ne mérite plu» d'être réfutée.

DlFFÉREl^GË DES AONNAiES AUX MÉDAILLES. gq

L ofSinioi> contraire- est là seule véritable ; près-' que toutes lés pièces qui furent faites dai^s Tantiquité 'et qui sont venties jusqu'à nous étaient des monnaies.

79. Il faut ensuite adinettre que les anciens ont' eu de véritables médailles. Mais tout en établissant ce fait^ il est nécessaire de dire que les caractères qui peuvent servir à faire rec<ftinaître les médailles des anciens ne sont pas tellement déterminés quHl ne reste souvent des incertitudes. Ces incertitudes no portent pas seulement sur le caractère de médailles à reconnaître ou à refuser à un assee grand nombre de ces piè?ees , on est encore dans le doute de savoir si des pièces frappées comme médailles n'avaient pas aussi ulae valeur fixe en rappc»^ de quantités d'unités monétaires avec les monnaies et leur donnant cours. Enfin , il est souvent difficile ou même impossible de pouvoir déterminer dans quels buts ou pour quek' usages ces pièces étaient frappées.

60. De la connaissance approfondie des pièces frappées dans l'antiquité, on peut conclure en général que, chez les anciens, les médailles étaient les pièces des plus grands diamètres. Des considérations 4ivordes. ^t la rareté de presque toutes les pièces dé eette nature établissent cette opinion. Le mot mé^ dailloH y qui a été et qui est encore généralem^ii adopté pour désigner les grandes pièces , est donc convenable , puisqu'il dérive du mot médaille , et nous l'emploierons toutes les fois qu'il s'appliquera à des pièces ayant le caractère de médailles.

Ce principe général établi, il convient, quant aux

«KLEMENS , CHAPITRE \I.

Chapitré vi'.

Fabrication des Monnaies et Médailles antiques*

92. X«es ancien^ ont connu «et: pratiqué deux procédés pour la fabrication deâ monnaies : elles ont été pu moulées ou frappées. «Un gd^nd Qambve de pièces de quelques contrées , qui ont. été sans aucun doute frappées, co/iiserrent sur leur$i>ords des traces td^ mon! âge. Ces traces indiquent que les flans ; de ces pièces ont été moulés avant d'être saumis à l'opération de la frappe. Il convient- d'examiner quels sont les renseigneip^ns que nous fournissent les auteurs et les monumens sur chacun de ces deux modes de fabrication^, et d'indiquer ftons quels pays et à quelles époques ils furent particulièrement employés.

9^. Le titre donné chez les Romains aux Triumvirs monétaires ^ Jtn^y Jfgenio, Aeri, Fiando^ Feriundo^ ainsi que diverses inscriptions antiques, attestent que le procédé de la fusion était employé, daiisle monnayage, non-seulement pour fondre les métaux, mais efacore pour les former en monnaies. Cçs raaâeignen^ns sont confirmés par l'existence de mpules de^terfe cuite, qui servaient à- couler des Monnaies, et qui ont été trouvés en assez g^rand nombre. Ces moules, dont il va être bientôt ques-

FABRICATION DBS MONï^AlES. nq

tiou de nouveaH (98), ne sont <ité$ic» que comme preflves de ce procédé da(Us Tantiquké.

Si roi> passe ensuite à Texamen- des monnaies elles-mêmes , on trouve que les pièces de certaines époques ont été évidemment moulée /et qu'elles en conservent des témoignages ivrécusables^ Les indicés auxquels on reconnaît les pièces moulées sont piin • cipalement une certaine mollesse et de rincertitudo dans les contours, les *inégaU tés globuleuses de toutes le» parties, et sur-ft>ut du champ, qui n'offre jamais le poli de celui des piètres frappes ^ les traces restées au bord d^s pièces et.d'aatres marques auxquelles on ne se méprend guère lorsqu'il a acquis un peu d'expérience dans la pratique matérielle de la Numismatique. L'examen attentif des monnaies antiques, l'habitude que l'on acquiert en en faisant passer un gnand ftombre sous les yeux, achèvent de donner sur ce point des connaissances dont les résultats sont certains. Avertissons ici que l'on ne doit pas perdre de vue qu'il existe beaucoup de pièces moulées* dans les tanaps modei*nes sur des monnaies antiques, pièces fausses, fabriquées à l'iniitation des pièces antiques , et pour être vendues comme antiques. Ces pièces fausses ne doivent pas être confondues avec les pièces moulées dans l'antiquité , et ne doivent pas sur-tout faire soupçonner celles-ci de fansseté. L'art de reconnaître l'authenticité des pièces antiques moulées ne peut s'acquérir que par une grande habitude réunie à des connaissances positives et au sentiment des arts et du goût. Cesont lé même tact, la même aptitude, qui font distinguer les mônu-

^2 ÉIÂKENS, CHAPITRE V..

Cette^ dernière considération pourrait faire croire que des pièces de la dimensioQ ordinaire des mon^ naies, que Ton peut considiécer comme telles, et qui furent frappées dans le^ rilles Grecques lors des derniers temps où elles émirent des monnaies, étsâ^nt aussi de» médailles destinées au s<^vice des jeux dont elles portent les noms. La monnaie Latine étani alors presque la seule qui eût cours dans l'Empire , on peut croire que ces pièces furent faites à l'imi' tation de celles de même nature fca{^>ées précédemment , mais en en réduisait les diamètres.

Le» Impériales-Grecques d'argent paraissent avoir été toutes des moniisues. )1 n'en existe pour ainsi dire point en or.

85. Un assez grand nombre de médaillons de bronze Impériaux-Grecs portent; de»contr&«iarques. Ob a voulu établir que ces pièces avaient été ainsi contre-marquées , pour leur donner par là valeur e( cours de monnaie. Cette opinion n^est pasassea bieii prouvée , et les motifs qui ont fait ainsi contre^ 9fiarquer, dans l'antiquité, diverses pièces, ne sont pas assez connus pour que cette discusision puisse être suffisamment .éclair çie .

84- Chez les Homuins, le nombre des pitres aux* quelles on peut attribuer le ^paractèie de médaille est également assez considérable. Mais il est néces^ saire d'abord de faire observer ici que less premières ihQnuties Romaines de cuivre ne spnt pas de cette catégorie , quoique d'i^i volun^ très-considérable. Ijes premiers Js et fractions d'^às des Ropains sont de dimensions très-volumineuses, et étaient pour-

B0'FÉRBNGir DES M(^RAI£S AUl MÉDAILLES. .^3

tant nicoiUest^lenlait des monnaies: - LHntrodu^tiou des pièces que l!on peut côusidérer comme médaUles est de beauccmp postérieure. Aucune pièce semblable ne fut faite pendant la durée de ht République. Elles commencèrent à être introduites à B.ome dans les premiers temps de l'Empire;

.85. Toutes les .piçees d'or plus grandes que le diamètre ordinaîretnenl employé pour les monnmB Impériale» peuvent être considérées comme médailles ; il en est de même des pièces^ d'argent: Ces pièces de ces deux métaux , que Ton npmme cornmiunémeiit médaillons Latins ^moM tout esd'unerareté plus ou moins grande , et paraissei>l avoir été de vévi*tables médailles, en leur appliquant toujours tesdoutes qui ont été établis pour cette mrture de pièces. Quant au brons^^le même principe peut être adopté et il se trouve oonôrmé pour ces pièces«d*par quelques ciix^onstances remarquables pour le «ujet qui nous occupe. On peut donc considérer que toutes les pièces de brousse de fabrique Romaine Impé* riale, qui .sont d'une dimension plus volumîn^ise que les monnaies de la premièrefonne ou monnaies de Grand-bronze , étaient des médailles.

86. Dans c^es médaillons Latins de bronze, des différences de fabrique et de dispositions qui se font quelquefois apercevoir , viennent à l'appui de l'opinion qui les fait regarder comme n'ayant pas été des monnaies ; ao peut citer les médaillons portant- ^a tête seule d'Agrippine jeune(3i) : à cette époque, les effigies des femmes de la Famille Impériale n'étaient pas encore admises seules sur les monnaies. Mais

8â É|i£Mi;NS, GHAPfTRt: Yl.

venons de voir lés causes qui, chez 'les GrecSB, ont établi Tusage du coin dès * Torigine des monnaies. Si l'on cherche de même oe qui produisit la méthode du moulage chez lesr Romains et chez leurs voisins, lorsqu'ils reçurent le monnayage, on, rè*connaîtra que ce procédé fut, chez eux., le réAiltat de diverses circonstances réunies, telles que la pauvreté des temps , la rareté des métaux précieux , l'emploi du cuivre pour le& monnaies, l'existence de lois qui donnaient* aux pièces des dimensions volumineuses , mais sur«tout l'état des arts chez ces peuples. On remarque sans doute dans les plus anciennes de leurs monnaies le grand caractère qiii se trouve en général dans les productions des beauxarts des premières époques chez les anciens ; mais il est certain aussi que ces pièces présentent peu de finesse dans le travail et tiennent plus du genre de la sculpture, que de celui de ia gravure en pierres fines. Bientôt après ces premiers' essais, les Romains et leurs voisins, éclairés par'TeXemple déH autres villes de l'Italie, admirent l'argent et l'or, et se servirent , pour la iàbricitiQn des monnaies , du coin , dont l'usage fut constamment conservé par eux depuis cette époque.

• 97. Plus tard, sous FEmpnre, il est probable que quelques médaillons furent moulés. Lorsque l'argent commença à être altéré, à l'époque du règne de Sêptime Sévère, le moulage fut introduit et fort employé pour les monnaies d'argent dont le titre fut baissé, et qui devint successivement du-billon et même du cuivre argenté ( Saucé) ; on se servit aussi

du moulage pour quelques m^nn^ies de Ciiivf «. Getle niédiode ktt pratiquée^ mais uon pas gén^lement , jusqu'au tewjpê de» Philippe et rqéme plus lardi

98. €'est à cette époque que ^se rapporteiu les moules de terre cuite déjà eités au commeuceroent de ce Cbapitro^ comme preuTe du moulage des mon^ naies dans rantiqqité. Ces moules ont été découiwrls en divers lieux et en assea^ grand nombre. lia con* sistent en plaques de terre cuite s'ajustant les unes dans les autres et laissant entre elles l-espace de l'épaisseur des pièces. On coulait le métal dans œa plaques, de manière k faire plusieurs pièces du même jet. Les monnaies produites par ces moules étaient toutes de Vargent altéré ou du blUon qui circulait k cette époque. Cas moules ont été le »ijet de recherches fa^es par divers savans et principalement parle oomte de Caylus^ pour expliquer la manière de s'edi servir et les motife qui les faissûent em^doyer. On remarque dans quelques-uns de ces moules diverses singul»rités dont Texplicaticm est difficile^ Il en ^t ^ • par exemple^ qui portent «vec la tête d'un«prince un revers, qui évidemment n'a pas pu servir pour les monnaies de ce même pa^'sonnage. Ces circonstances et d'autres observations , telles que des légendes imparfaites o« inexactes , ont fait penser À ^elque3 écrivains que ces moules étaient destinés à faire de fausses mennaiea. On peut en effet admettre qu'ils ont servi à des fabrications secrètes de monnaies, qui , tout en ayant la même valeur que les monnaies authentiques , étaient fabriquées mystérieusement par des gens que les gouvememens autorisaient tacite-

84 ÉLEMENS, CHAPITRE VI.

ment à le faire, ou par des hommes non avoines, entraînés à ces fraudes secrètes par les bénéfices qu'offrait l'émission des monnaies de billon , dans un temps où la valeur du métal était successivement altérée au gré des princes, et probablement sans règle fixe ni publicité. En effet, il se trouve- un grand nombre de pièces de billon de cette époque qui offrent de grandes irrégularités de &brication dans leurs types, leurs légendes et leurs formes.

99. Après avoir exposé ce qui a trait au procédé du moulage, je passerai à ce qui- regarde celui de la frappe au moyen des coins. Les témoignages des auteurs sur ce sujet sont nombreux , et les monumens nous en oEËrent quelques-uns. Les monnaies ellesmêmes attestent l'emploi du coin, par les nombreuses observations que l'on peut faire sur leur febriqne. Voici les principales preuves qui le constatent , et que l'on pourrait citer , s'il était nécessaire de dé-montrer l'existence de ce mode de fabrication , qui est de toute évidence : la grande pureté de contours et la finesse des détails que le coin seul peut exprimer ; les pièces surfirappées ou qui ont coulé sous le coin et sur lesquelles on remarque les traces des premiers coups, de façon que chaque contour est double ; (es fentes des flans, causées par la qualité ou la préparation du métal ; les pièces dans lesquelles les flans n'ont pas été mis en rapport exact, de sorte qu'une partie des types et légendes ne parait pas d'un côté et quelquefois des deux; le point creux au milieu de la pièce, point que l'on remarque dans lesmonnaiesde diverses contrées de l'Egypte et de la Syrie, et qui servait

à fixer le flan entre les coins; les monnaies fourrées, c'est-à-dire de cuivre recouvert d'une feuHle mince d'argent ou d'or, pièces que l'on coniidère comme ayant été de fausses monnaies ; les monnaies faites avec des pièces antérieures et sur lesquelles on aperçoit des ^restes des types et l^endes précédons ; les médaillons formés de deux métaux, etc., etc*

loo. Les procédés au moyen desquels la frappe des monnaies était pratiquée ne nous sont connus par aucun renseignement positif; les auteurs anciens et les matbres ne nous apprennent rien à cet égard ; il faut donc recourir aux indications fournies par les monnaies elles-mêmes» Quelques coins antiques ont été découverts ^ ils sont en cuivre plus ou moins allié sans doute avec des parties d'autre métal. On n'a pas pu faire les expériences nécessaires pour connaître les moyens que les anciens employaient pour rendre ces coins suffisamment durs , ni les procédés dont ils se servaient pour la frappe avec ces coins. Il est hors de doute que les anciens ont employé aussi les coins en fer et en acier pour la fabrication des monnaies ; mais ces coins n'ont pu parvenir jusqu'à nous et ont été dé-v fruits par la rouille.

Les détsdls relatifs aux métaux en eux-mêmes sont exposés dans le Chapitre Vil.

loi. Le métal était disposé en flans soit par la taille, soit par le moulage; mais il est difiâcile d'indiquer les procédés par lesquels, ces flans étaient préparés pour les pièces qui n'offrent en elles-mêmes aucun indice a cet égard, et c'est le plus grand nombre

86 BLÉJIBNS, GHAP1TR£ \I.

dei monnaies antiques. On reconnaît qiie dans qtielqucs contrées 6i^(]iies et principalement dans les premiers tmapa ^ beauccmp de flans» étaient prépaie de forma gk>buleiùe;ce qni iadiqfuerait le procédé du moulage. D'antres monnaies, en «ssez grand nombre , mais seulement de bronze , et principale-^ ment de l'Egypte et de-la Syrie , ont été frappées sur des âans dont un coté est plus large que Tautre; ce qui doit indiquer l'usage de tailloirs imparfaits. Mais une assez grande quantité de pièces de diverses contrées offrent des traces évidentes de moulage antérieur à la frappe* Il e^t certain que les Qam» destinés à oes pièces étaient moulés. CHi peut citer, entre autres, beaucoup de monnaies de la Sicile, de la Grande-Grèce et d'autres contrées^ Quelques pièces offrent des excéâsin& de matière très-considérable» sur les bords ; on dn connaît ainsi de la colonie de lîlmes. Oes flans étaient - ils moulés seulement en forme de simples plaques ou globules sans aucune empreinte , ou bien étaient-ils moulés avec les types et légendes, et achevés seulement par le moyen du coin ? Cette question a été traitée par des savans ; mais elle doit être décidée par l'expérience des résultats de oes sortes de procédés* Or , il est à-^peu-près certain qu'une pièce moulée avec ses types et légendes et achevée seulement au moyen du coin ne peut jamais offrir ^exactitude, la finesse, le poli et la perfection du travail, comme on les obtient du coin, sur- tout pour les parties délicates. Les globules laissés sur le ehâmp par l'effet du moulage ne dispai^-aissent pas sous le coki. Ms finesses de travail des coins antiques

FABRieAVION MIS MONTfAlES. 87

D'aoraient jamais pu être ^ées sur leis onoAnaies par ce procédé* Il est donc évident que les flans moulés qui ont été employés pour le$ monnaie» antiques étaient formel lisses , sans Fempreinte d^s pièces auxquelles ils ét^eirt destinés , et frappés ensuite en entier saus les coins. On pourrait cependant admettre quelques exceptions à cette règle , et dles s'appliqueraient à des médaiHons Romains de grand module, qui pourraient avoir été d'abord moulée avec leurs ^pes et légendes et seulemeiidt achevés par la frappe.

I03. Pour le procédé de la frappe en lui-même, las andens n'ont connu que des méthodes fort impariaites. Les fhns étaient placéa entre les deux coins sans j être fixés par des moyens surs ni réguliers, et l'opération avait lieu au moyen de coups de marteau redouUés. On n'a connu dans l'antiquité ni la virole, ni le balancier, ni les autres moyens mécaniques découverts depuis la renaissance des arts, et qui, perfec^onnés aujourd'hui, donnent des mon* naâes parfaitement identiques. De là naissent chez les anciens l'imperfection des monnaies sous lé rapport matériel, leur peu d'uniCormilé, l'inexactitude et les variations dans la rondeur des pièces , et le peu de régulaoté de la frappe. Les anciens n'en sont que plus à admirer pour avoir obtenu les résultats auxquels ils sont arrivés avec les moyens d'exécution qu'ils pratiquaient.

I o3. Rien ne peut nous faire connaître les .procédés que les graveurs et ouvriers anciens employaient pour la préparation, la gravure et la trempe

88 ÉLEMENS, GHAnTflE VI.

des coiitt. Il y a tput lieu de - croire qu'ils n'avaieot pas découvert la méthode de multiplier le même coi» par l'emploi successif de l'ader trempé et non trempé agissant' $ur liû-méme. L'extrême diffic«dté que Ton trouve à rencontrer deux monnaies antiques sorties du même coin'( 1 35), prouve que les coins étaient fort multipliés > et que chacun ne fournissait qu'un petit nombre de pièces; ce qui devait rendre en général les monnaies frappées d'une iEabrication coûteuse.

1 04. Les Qutils employés pour la fabrication des monnaies ne nous sont guère plus connus» Il ndus reste seulement un monument de l'antiquité sur ce sujet, et il est d'autant plus remarquable qu'il est le seul. C'est un type qui se trouve sur quelques Denieis Consulaires d'argent de la famille Carisia. Ces pièces représentent à l'Avers une tête de femme* que l'on peut regarder comme Juno IHoneta, avec la légende r MONETA, et au Revers les tenailles, l'enclume, la marteau et le bonnet de Ynlcain, et pour légende : T, CARISIVS (i); sur d'autres deniers semblables, on lit au Revers : SALVTARIS. Une de ces deux pièces a été restituée par Trajan.

I o5. Quant aux contrées et aux époques dans lesquelles le coin fut employé , ce qui a été exposé pour les pièces fabriquées par le procédé du mou* lage a déjà fourni à cet égard les éclaircissemens convenables :

La frappe fut dans l'antiquité d'un usage général, et le moulage ne fut que partiel et momentané ;

(i) Cfette pièce ^ soigneusement gravée, est placée au titre de ce volume.

FAMIKATION BCS MONNAIES. 89

Le» Grecs frappèrent les monnaies jusqu'à r.époque où , dans le second siècle y • ils émirent des pièces Impériales ou Coloniales moulées ( g^et 9$ ) ;

Les Romains commencèrent par employer le pro* cédé du moulage, qn'ils remplacèrent bientôt par le coin , qui fiit toujours en usage depuis , sauf jes exceptions qui eurent lieu depuis le règne de Septiipe Sévère , et qui ont été indiquées ci-avant (97)»

1 06. Nous avons peu de renseignemens sur les ateliers i monétaires eux-mêmes et sur tout ce qui se Kipporte aux réglemens et aux usages qui les régis* saient.

107. La détermination desli^ux où les ateliers monétaires étaient établis est .d'un grand intérêt ^ puisqu'elle fait connaître où les monnaies étaient frappées^ but important de la Numismatique!

Les monnaies Grecques offrent à cet égard pea de points de discussion : il est à*peu-prè& certain que les monnaies de chaque Yille étaient frappées dans la ville même qui les émettait. Les monnaies portant les noms des Prince»^ sans noms de Villes , étaient sans doute frappées dans la Ville la plus importante de la domination de chaque Prince. Il en est de même des monnaies des Peuples, qui étaient frappées probablement dans leur Ville principale. Quelques monnaies effrent des points curieux de discussion à cet égard. Les considérations qui peuvent* résulter de ces recherches donnent des résultats géographiques ou historiques d^un intérêt local ^ partiel; mais jamais le lieu où les morinaies ont été frappées n est éloigné du point pour lequel elles ont été- émises.

^O «ÉLËMENS, CHâMTRË.VI.

Lqs seules difficultés qui peuvent parfois se rencontret scmt relatives à la déteifmination de ces lieux. Le «sjfT^ème ippsétaire de chaque Ville ou de chaque Prinœ n^stysûàt pa» été en général fort nooabreux , il n^estpas ordinairetnent di£Bicile d'établir des pointsde doctcine positife .pour chaque localité. Les monnfiîes d^Alexandre-'le-Grand, seules^ présentent une aia$8e nombreuse de pièces frappées dans divers lieax.

io8. Les monnaies de coin Eomain doivent être considérées sous ce rapportfortimportant, d'après un ordre d'observations et de conjectures entièrement différent. La puissance Romaine envahit ^aceestive* menir la presque totalité du monde connu des anciens :* ce peuple, eut donc un système monétains imm^jse* II n'estpaa question ici des monnaies fmp* pées par les Peuples aC Villes ou par les Colonies aux typ6S Romains, mais seulement des pièe^ de coin Hon^ain proprement dit. Le nombre de ces monnaies propres du peuple Romaiaest teUement considérable, qu'il égale le nombre des monnaies ânises par tous les autres peuples, soit à leurs propres types, soit aux types Romains. Où furent fabriquées ces quantités immenses de monnaies de coin -Romain? C'est une ^piestiion qui u'a pokit encore été suffisammenl éclairçie, et qm mériterait d'être spécialement traitée avec une éttadue conforme à son importance. Ressentes daos les limites étroites que> nous impose la nature de notre ^av^il , indiquons en peu de mots les bases principales de cette discus^on , en divi^nt cet exaip^n d'après les trois «latures de monnaies qui se sUcôédèreUt à Rome.

FABlTlCAjrfOR PES M#NIf4IES. 9I

109. Les JlsHe coin Romain furent tnè6-proba|>lement tous fabriquas à Rome. Le peu d'étendi^e du territoire de la llépid)lique pepdant le temps où ils furent émis peraiet de le ctoire. L'influence Romaùte commença «ans doute à se faire sentir- dons <Mte période: des contrées voisines furent conquise^; ùiais il y a Ueu de penser qu'on ne sentit pas la né» cessité de frapper hors de Rome de9 monnaiee*cle cHÎvre, dont la quantité était d'aiUanrs for* bornée* L'adoption du système monétaire de Y^s Romaki par divors peuples de l'Italie corrobore même cette opinion. >

110. Lorsque la monteie d'argent fut introduite à Rome, ce qui arriva en l'an ^69 avant J.*C. (485 de Rome), la puissance Romaine avait déjà pris uii grand accroissement; elle s'étendit davaiitage encore, les richesses et la masse du numéraire circulant augmentèrent : la monnaie d'or fut admise en l'an !^o6 avant J.-G. (548 de Rome). Des conjectures portent à penser que, parmi les monnaies émises depuis cette • époque jusqu'aux prefldiers Triumvirs, quelques-unes furent fabriquées hors â% Rome. Nous n'avons pas sur ce sujet de notions assez positives pour pouvoir en tirer des conséquences satisfaisantes.

1 1 1 . Sous les Empereurs, la puissance Româiiie s*é-' tendit de plus en plus ; elle envahit le monde conûù presque entier. Les monnaies de coin Romain se ré» pandirent pafr-tôut et. remplacèrent sticcesstvei^nent celles des pays soumis. Il parait que, soùs Auguste et sous ses pruniers successeurs^les monnaies de coin Romain étaient encoi^ frappées, sinon toutes y du

93 KLÉMSMS, GHAPhllE VI.

moins pcesc|iie en totalité, à Rome même. Plus tard , rétendue toujours croissante de FEmpire et sa stabilité durent conduire naturellement à établir dans qifte]q«ies provinces éloignées de la capitale des ateliers pour la fabrication de monnaies de coin Romain^ semblables à celles émises à- Rome. D'autres causes amenèrent bientôt aussi des émissions de monnaies Romaines hors de Rome : ce furent les soulèvemens deg divers personnages qui s'emparèrent du pquvoir dans les lieux où ils avaient l'autorité et qui se firent proclamer Empereurs. Ces hommes s'empressèrent de constater leurs prétentions à l'Empire par l'émission de monnaies portant leui*s effigies, ainsi que nous l'avons vu déjà^ Chapitre II (ao).. Plusieurs de ces chefs , qui s^emparèrent ainsi de l'autorité souveraine dans les provinces , ne possédèrent jamais la ville de Rome , occupée par d'autres, et n'y furent conséquemment pas reconnus; nous avons cependant leurs monnaies de eoin Romain , conformes en tout à celles* frappées à Rome, et sans indication de Ueu. On a vu d'ailleurs {Ibid. 34) pourquoi ces personnages ne firent fabriquer que des pièces d'or et d'argent. Plus tard , lorsque l'Empire se trouva divisé volontairement entre plusieurs maîtres, il y a lieu de croire que les monnaies de ces divers Augustes et Césars furent faluriquées dans les provinces qu'ils avaient reçues en partage, ou, du moins, simultanément dans ces contrées et à Rome.

112.' Lorsque Coustdntin eut transféré le siège de r«Empire à Constantinople , les monnaies des Em-

pereurs d'Orient furent fabriquées dans cette viUe et dans quelques autres cités de TOrient.

1 1 3. Le système général de la déterniination des lieux où fîirent Êibriquées l^ monnaies Impériales de coin Romain demanderait donc d'être traité atec des détails étendus. Nous devons nous borner à indiquer ici les principaux £a(its qui offirent quelque certitude. On peut établir :.

i«. Que les monnaies dos premiers Empereurs et de leurs successeurs furent £Ed)riquées à Rome, sauf un petit nombre d'exceptions. On sait, entre autres, par Stvabon, que l'on fabriquait à Lyoû, dans cette p^iode , des monnaies Romaines d'or et d'argent : elles ne pouvaient être que de coin Romain;

2". Que, plu9 tard, quelques monnaies de coin Romain d'Empereurs reconnus à Rome furent probablemeat £sibriquées hors de Rome. Nous avons , à c^t égard, peu de renseignemens ; mais des monnaies du bas-temps portent les indications de quelques villes où ces pièces ont été fabriquées, telles que Aquilée^ Arles, Lyon, Milan, Ravenne, Serdica;

S""- Que les premières monnaies de quelques Empereiu^ qui se firent proclamer dans les provinces et furent ensuite maîtres de Rome et reconnus dans cette capitale , furent fabriquées dans les provinces où ils prirent la pourpre. Nous savons par uii passage de Tacite (i) que Vespasien fit fi*apper des monnaies d'or et d'argent à son effigie à Antioche de Syrie, lorsqu'il se fut fait proclamer Empereur dans

(i) Hist., lib. II, cap. 8a.

9^ èlém|;k^ CHAPiriiE vi.

celle >coi\trétf, et, avant d'avoir été reconnu par le Séiiat. Or , U n'existe point de jnonnaies d'dr ni d'argent de Yefpasien., indiquant qu'elles ont été frappées dans'cette Wllel Les pièces an question étaieitt donc de coin Romaia :• on peut en dire autant des itaonoaies Yi^. Oiaduménien , frappées égalem^it k Antiocbe ( f) ;

40. Que ies monnaies de Quelques personnages qui s'cnipat*èrent du pouvoir dans les. provinces et furent ensuite recoflmis et confirmés dans leur autorite par les Empereurs maîtres de Rome, satis pourtant venir à Borne y comlnander , que ces monnaies , dîs-je, furent fabriquées, partie dans les confiées où ces personnages étaient maîtres , et partie à Rome. Les monnaies de Cl.« Albin (34) sont dans cette catégdfie;* ' "

^. Que les monnaies des personnages qui prirent la pourpre dans les provimîes sans être reconnus par les* Empereurs qui étaient maîtres de Rome , et sans occuper l'Italie ni la capitale de* l'Empire, furent fabriquées dans les contrées -où ces personnages établirent leur autorité : ce fait est aident ;

e*». Que lôs monnaies des Empereurs et des Césars qui régnèrent en même temps , de commun accord , sur les diverses parties de l'Empire qu'ils s'étaient attribuées en partage, comme lors de la division de TEmpire sousDioclétien, furent probablement frappées simultanément dans la capitale et dans les pro-

(i) Lampridius in Diadumenianum.

FABilCATIOI^DCS MOMfiklES. 95

vinees où Fégnait chaqtre Eno^éreur .ou Gésai^ : ee fait est encore /rfe toute probabilité ; ■ • • • • • *

9». Que, l^s de la translation du siège de*4^£mpÈre Romain k Constantmople, les monnaies desEnv pereurs furent falyriquées dans cetteTillë : ce Êiit est évident par Im-fnéme et prouvé, de plusf par les nombreuses monnaies portant pftnni leurs légetfdes< OOK COUS. CONST. CONOB. COMOB. KON«- TAN.,'etCM

8». Que,Hlans la division de ia pifissance Romaine en empire dKïrîent et en Empire d'OeddenI, éhaque Empereur fit fabriquer ses monnaies dans les con^ trées où il régnait , à Constantinople ou ,à Rome ; .

90. Que, dans le Bas^Empire d'Orient, les monnaies forent fabriquées nctai-seulçment à Çonstantinople , mais dans d'autres villes d'Orient , dont l^n^ication se trouve sur quelques pièce?, telles que Cjzique, Héractée du PoMt , Nicon»âdie , Sirmium ;•

ii>«. Que, lors de la translation de FBmpire Gnec mk Asie, après «la prise de Constantinople par les Croisés , les monnaies des Empereurs Grecs furent fabriquées à Nicée , en Bithynie. « • .

ii4* La détermination des lieux de fabrication des monnaies. Impériales anx types Romains pourrait donc conduire à une classification âç ces monnaies dans l'ordre géographique. Cettedassification serait la même que celle adoptée pour les moniïaies Grecques, et en joignant & c«41es-ci les mojQnaies Romaines, on aurait pour toija les peuples- de IVmtiquité une seule série, rangée d'après les mêmes bases. On verra avec plus de détails dans le Chantre KVIF quels sont

96 ÈLèMEnS , CHAPITRE- VI . .

les motifs qujL po^rr^ient fsftre adeptef ce classem^t et (juak seraient ses avantages*.

Mafe revenons à la suite des consîiiérations rela* ^ives à lafabriq^tifou^es monn^es en elle-même.

.11 5- Les opinions théogoniques des anciens les portaient à personnifier les idées abstraites , les arts , les métiers, à les représenter sous les formes humaines, et même à les placer au nonibre des dîvinfté$ subalternes. La monnaie reçut ces honneurs , et les Romains la figurèrent souvent sur leurs pièces : elle est «eprésentée par une femme ^d^out, tenant de la main gauche une corne d^^abondance , qui indique la source des métaux, et, de la main droite, de& balances , symbole de la fidélité dans le titre et le poids des espèces frappées. On voit quelquefois sur des pièces de grand module trois figures de femmes; semblables, représentant les trois monnaies d'or, d'argent et de cuivre. Près de chacune des trois est un morceau du métal destiné à £ette espèce de monnaie. Là figure^ du milieu tient s^» balaxJces plus élevées et représente certainement la monnaie d'or. Ces pièces portent pour légende : MONETA AVG. ou AEQVITAS PVBLICA, ou AEQVITAS AVGVSTL

C'est ici le lieu où doivent être indiquées diverses particularités de fabrication qui se remarquent dans quelques monnaies et médailles antiques, soit isolées, soit formant des séries, lesquelles méritent d'être observées, ou qui ont fait donner aux pièces dan^ lesquelles on les trouve des dénominations spéciales.

Il 6. La forme des Jnonnaies et médailles antiques eist généralement reQide. Dans les pièces Grecques ,

le rond est rarement exact , et Ton en a vu les motifs dans ce Chapitre; beaucoup de pièces ^ sur-tout des premiers teftçps, sont globuleuses. Quelques monnaies, principalement de l'Egypte et de la Syrie, sont frappées sur des flans taillés en biseau j c'est-à-dire dont im des côtés est plus large que l'autre (loi). Les monnaies Romaines sont en général d'une rondeur plus régulière que les Grecques.

117. Quelques pièces carrées se remarquent dans les premières monnaies Romaines. D'autres, du même temjps et paiement de très -grandes dimensions, sont globuleuses et fort épaisses.

118* Dans le Bas-Empire, on trouve, sous quelques règnes , des monnaies de bronze peu Caisses et de fonpe concave : on les nommait nummi scyphati^ de scjrphufi, tasse^ gobelet.

119. Un grand nombre de monnaies Grecques des premiers temps offrent sur l'un de leurs cotés un darré creux , divisé régulièrement ou irrégulièrement en divers compartimens : il en a été question dans le Chap. III (5o). L'origine de ce carré creux, vient du défaut d'habileté, des ouvriers et de l'imperfection des procédés dans les commencemens du monnayage. On employait un coin informe et divisé en parties saillantes pour fixer le flan et obtenir plus aisément l'empreinte du coin formant l'autre coté de la pièce. Plus tard, à mesure que les procédés se perfectionnèrent, ces carrés creux devinrent plus réguliers, furent ensuite ornés de types et de légendes , et disparurent enfin entièrement,les deux cotés des monnaiesse trouvant empreints de types également entiers et parfaits.

98 ÈLÉIIBMS , CHAPITRE VI.

1 %o. Des moimaîes de quelqQesYilles de laGrande* Grèce représeBtent le même type des deux côtés, de l'un en relief et de l'autre en creux. L'usage de ce procédé tient à Tenfance de l'art , comme le précédent; en fusant un des deux coins en relief, on se servait de celur«<ci pour fixer plus facilement le flan dans l'opération de la frappe. La forme des caractères et le style des typés indiquent également que ces momiaies furent frappées dans les premiers temps du monnayage : elles sont toutes en argent et de peu d'épaisseur; on les nomme communément pièces incusesy mais il est plus exact de les désigner sous le npm àe pièces defahrique incusè (5S9), pour les distinguer de celles dont il va être question. Il n'y a nul doute qu'elles n'aient été le résultat de deux coins différens , l'un en creux , l'autre en relief, puisq:ue les deux ty|)es, l'un en relief et l'autre eu creux , quoique représentant les mânes objets et les mêmes légefndes, ont cependant entre eux de légères différences. Quelques monnaies de la même espèce et des Blêmes époques ont aussi des types différens de chaque côté.

121. Il ne faut pas confondre , comme on vient de le voir, ces pièces avec celles qui sont incuses par la £aute et le manque de soins des ouvriers monétaires, qui, en oubliant de retirer une pièce déjà frappée , ont produit des pièces qui portent véritablement les mêmes types des deux côtés en relief et eii creux : le premier, produit par le coin^ et le second, produit par la pièce déjà frappée et laissée sous le flan nouveau , par négligence ou toute autre cause.

FABRICATION 1NB6 MOIÎNAies. 99

Il sera que&tîop de ces pièces au Chapitre XW, qui est relatif aux moimaîes fautiTes (358).

La série des monnaies Romaines ConaulaiiM d'argent offire le plus d'^iemples de moxmaies fautives ineuses de cette espèce.

G^est pour distinguer de cette nature de pièces les monnaies dont le genre de £Ed>rioati(m est ttjhjet de9 détails qnx viennent d'être donnés , et qui se rapportent au présent Chapitre, qu'il est nécessaire de désigner celles- ci sous te nom de pièces âe fabrique inetfse^ qui vient de leur être attribué.

17,^. Beaucoup de mepnaies antiques offrent dans le centre du c^iamp un point rond, creux, soit d'un seul c6tè, soit de tous les deux : ce point se trouve seu)enientdansde»pièces de bronze. Il parâttprobabîe que ce jnrocédé fut employé , comme les deux précé-r dens, pour fixer plufs sûrement le flan entre les coins : on laissait, k cet effeU, dan» le centre d'un coin où de tous les deux une petite pornte ronde , qui saisissait le métal dès le premier coup de marteau et empêchait lO'flftn de vaciller ou de couler entre les coins. Quant à la circonstance que ces points creux né se trouvent point sur des pièces d*or ou d'argent', il est probable que cela tient à la plus grande màlléalnlité de ces deux métaux. Les artistes monétaires qui ont en^loyé ce procédé pour le cuivre, à Cause de la difficulté qu'ils éprouvaientà frapper de^ monnaies de ee métal , ne l'auront pas employé pour les pièces d'or et d'argent dont la frappe réussissait sans remploi de ce moyen accesaoire. Cet points ereux se trouvent sur xm grand nombre de monnaies de bronze

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