‹ Manuel de numismatique ancienneChapitre 20 sur 98 · OXFORD · texte numérisé non relu

OXFORD

^fusEO^

lOO ÈLÉMENS, CHAPITRE VI.

de l'Egypte SOUS les Ptolémée et de I4 Çyrie. Quelques autres contrées en o£&ent des exemple^ rares ; des pièces ImpérialeSi^Iïrecqu^ les ont aussi : on ne les voit sur aucune monnaie de coin Romain.

1 aS. On trouve parmi les monnaies antiques des pièces dont les bords sont divisés comme s'ils avaient été -sciés : on les nomme pièces dentelées, à dents. Nous ignorons le but de Temploi de ce procédé , qui devait être- d^une exécution difficile pour' les monétaires anciens, et coûteuse conséquemment. On pourrait penser que cette méthode était employée pour prévenir là fraude des pièces formées d'un fkn de cuivre recouvert d'une simple lame d'argent, pièces que l'on noxame /burrées , et que l'on regarde comme monnaies fausses (35o). Cette raison s'appliquersût aux monnaies d'argent de cette espèce; mais quelle explication donner aux pièces dentelées en broQze ? Un assez grand nombre de Deniers Consulaires l^oinains d'argent et quelques monnaies de cuivre dé la Syrie sont de l'espèce de ces pièces dentelées.

1 a4* -L^ pièces comiues sous le nom de médaillons- Contomiates offrent un • genre de fabricalion particulier et qui' ne tient en rien à toutes les autres séries de mounaies et médailles antiques. Il a été question plus longuement, dans laChap. Y (89) , de ces pièces^ qui n'étaient certainement pas des mon-r naies, et qui ont été probablement fabriquées depuis le règne de Constantin I^''. jusqu'à celui de Pla«cide Yalentinien III.

ia5. Plusieurs pièces, que l'on doit considérer comme des médailles , et qui sont classées ordinai-

FAARIGitTION X«ft MONNAIES. lOf

Tememt parmi lesmédaillODS, oiit*été £pappé«s'sur des flàns plus grands que les coins lie Paiiraieiit exigé. Les larges bords qui en résultent sont sotfvent remplis par« des traits ronds concentriitjues. Ces sortes de pièces se troruvent parmi les mé^iHons de bronze de .coiti Roipain , frappés pomr lesISùipereurs du premier et du deuxième siècle : il y a a\is$i quelques pièces Impériales^recques de- cette éispèce' ; mais dles sont fort peu nombf euses,

126. Un petit nombre de. pièces de bronze sont formées de deux métaux (87), c'est-à-dire de deux qualités dé cuivre différentes, le centré se' trouvant endiàssé dans un cercle d'une autre qualité, hés flans ainsi préparés étaient frappés ensuite; et' l'on ne peut en douter, puisque les lettres dés légendes ne trolivent quelquefois empreintes sur ces deux métaux à-la-fois.' Ces pièces sont toutes Impériales de t^orti

Romain , et Ton en trouve de diver» Empereurs jusqu'à la fin du troisième siècle : éHes doivent être sans auouQ doute considérées comme de véritables médailles , et «ont rangées parmi les médaillons. 'Elles âont^n gèlerai de beau travail et remarquables par les. soins apportée à leur fabricatiop : pp leur dohne ie jiùSB àé pièces enchâssées.

137. Les monnaies tmpëriales d^rgent de coin Bmnai^ ayant été raccessivement altérées depuis le règne de Sq>time Sévère , on en vint au point de £dlriqaer, comme moni^aies de ce métal, des pièces àe cuivre . couvert d'ime coUche d'argent si mince qu'elle n'avait: presque atfcilne vdeur. Cette siniple apparence dé l'argent a* •même -disparu par lé frot-

I02 ELÉHSilS, GHâPiTilE VI.

tement et le tenorp». On d^^îgne habitueUement ces inoQnâie& far le nom de pièces saucées.' Leur fa)>Hcation dtira depuis Glaiide II le Gothique , jusqu'à Dioclétiefi » qui rétablit la QM>Qhaie d'argent fin. Ce gsare de monnaie étant plutôt à remarquer soils le rappprt du métal que sous celui de la £d>rication en elle-même, il en. aéra &it meiitioa plus -partiGU* liérenient encore dans le €hapitre VU (i5a).

128. Il y a qiielques exemples» dans Tantiquilé, de monnaies ^ue l'on reconnaît avoir été frappées avec d'j^utreB pièces antérieurement éikiis^ , et em^ j^oyées de nouveau ftu lieu de flans. L'opération de la frappe n'ayant pu faire dlsparakre entièrement les types eiiég^idesdes pièces empioj^s ccHnme flads, on les reconnaît encore et l'on distingue aisém^it , loroque œs sortes de monnaies sont bien conservées , les restes des types et li^ndes de la pièce employée au lieu de ilan^ et les lampreintes de la pièce nouvelle. On * nomme eei monnaies pièàès refrappées (SS^). Il y a lieu de croire qu'uià aseez grand nombre de pièces lurent ainsi Êtbrîquées dans l'antiquité avec des pièces aatérieumment en <;irc!ilatiab, et qœ celles sur lesquelk^ on ap^oit les traoes de cette opération ne sont que le résultat des &utBS ou de la nogli^ence ûm ouvHers et des ehe&iles ateliers monétaires 1 qui aaroart &brîqué et mis en circulattbn ces Monnaies non suffisamment «mprantes. Quant aux causes qui ont feît employer ce mode de febrîcation ^ elles sont sans «doute de diverses natures. On iloit p^ier qu'il aum ':élé adopjté pour ikire disparakre,. en les chatageaint de hature , ties monnaies

FABUIGATION JDCS MOIflIAIES. I o3

dont las types pu légendes rappelsrâiil: des temps dçnt on voulait ^bcer la mémoire^ ou pour c^mvertir d^ moQAaîes étrangères en monnaies aux typas du Prince ou de la Ville qui faisait faire cette opération, ou enfin par le manque des moyens nécessaires pour &briquer de» flans dans tel ou tel mofnent, dans tel lou tel lieu. On doit peiiser aussi que quelques-uns des personnages qui s'emparèrent du pouvoir dans les provincjss de l'Empiré Romain , et dont un des premiers soins était de répandre des moDî^aies à leur effigie, se seront servis de ce moyen pour Cabriqùer des pièces plus promptement; ils y étaient forcés soit par manque de temps , soit par le défaut des moyens monétaîres nécessaires à une fa^- Inricatiou complète et à: la confection des flans. Ces diverses opinit»s sont appuyées par les monnaies de cette nature qui nous restent et qui se trouvent dans les cabinets. Il en existe de frappées sur des pièces antérieures du inéme pays , et de frappée^ sur des pièces d'autres contrées. Les monnaies de cette nature soKXt en bronze ou en argent; on n'en connaît pas en or. Bttvni Ips . monnaies Grecques , les exemples de ce gente de £aibrication ne sont pas communs.; on peut citer des monnaies de Marseille , des Béotieonts et de Simon de Judée. Chez les Romains, ces pièces sont |4qs nombneuses.; on en trouve sur-tout, comme on vk^t.de'le YoiTj de quelques-uns de ces personnages qui s'emparènent du . pouvoir dans les Proviocest sa firem proolamer Empereurs et se hàtèren t d'<^nettre 4e$ iiiotanaies à Içur «ffîgiè.

la^. ^ud^fues pièces antiques portent de petites

I04 ÉLÉin^RS, CHAPITRE \t.

contre-marques. ajoutées postérieurement à leur ià* brication,',et prcAiablémeiit ^près qu'elles avaient circulé. Ces contre-marques servaient sans doute à l'admission dans une viHe ou une contrée de monnaies étraiigères, .ou bien à quelque changemehs dans le3 valeurs numéraires. Nous avons â*op peu de rensçignemens à cet égard pour pouvoir entrer dans des détails plps étendus sur les pièces œntremarquées l^gfk et 3 18). Il est d'ailleurs probable que plusieurs de ces pièces servaient de téssères<ou de marques pour reçonnaitre les personnes qui.potHvalent être admises en certains* lieux, ou bien pour acquitter certains services dont' le prix était ensttite payé sur la r^emise de ces marques.

i3o. iLeiûste un assez; grand nombre, de pièces offrant des jsingularités qui ne tiennent pasàdesprocédés particuliers de &brication , mais qui-viennent de faute» des ouvriers monétaires. De ce nombre sont les pièces à coins mal placés, les pièces à typfis doublés^ les pièces incuseSy etc. Tous œs âccidens de monnayage ne constituent pas des genres de £1brication , mais sont des erreurs des monétaires :' les détails qui y sont relatifs ont été réunis dans le Chapitre XIIL .

Nous ne parlerons pas ici des erreurs monétaires dans la gravure des coins, parce que ce ne sont réel* liment pas des fautes de fabrication : ^ ea sera question aussi au Chapitré XIIL

i3i. Pour dore les observations précédentes rela* tives aux diverses particularités^ de fiabrication que Ton rem$irque dai^ les médailles et monnaies anti->

FABRICATION DES MàNMAlES. lo5

ques, il est à psopos -de dire ici quejques mots, des omemens* étrangers aux pièce^-'en elles-mêmes , ornem^Qs.qui' y dM* été quelquefois ajoutés dans les temps- ano^s,. et qui sont borsd'œuTre; . '

'CeB^orn^nens-sont ajoutés au corps même des pièces ou -disposés autour de leurs* bqrds. Duns i$ premier genre, se trouvent les pièpes de bronze, qui ont été, dans Tantîquité^ dorées ou argentées, soit en tout , soit partiellemenh Lés. patties qui ont été ainsi cpuvcârtes de couches d*or ^u 'd'argent sont principaleBient les vélemens, les- couronnes , les lettres des légendes ou d'autres paiçties* c(es sujets. Ce genre d'ornement, qui est fort rare^ise trouve presque uniquement dans les pièces de grand module de coin Romain, ncanmées*mé4aiUons. On pmi% oiter, entre autres, un médailloii de Numénen, re-^ présentant au revers une allocution^ ce niédalilloâ avait été entièrenCient argenté ,' sauf "te vêtement de l'Empereur, qui était couvert d'une peUicuté d'qr. ; i3a. Le second genre d'omemens étrangers aux pièces consiste en bords tyavaillés>, d^ins lesquels on a enchâssé les pièces pour les orner et leâr ddnnér un cGamètre plus oonsidérable. Ordmairenlent ce& sortes de pièces ont âe$ bélières ou' des annéausl. Ces (Mmemens sont, la plupart du tem^s,^d'un métal plus précieni: que celui de la piqce èlle*mèiiie« Lorsque efeUe^ est en- bronze on en aident, les entour9ges se trouvent le plus ordihairëm^t en or. Les pièces ainsi ornéeâ sont, fort rares et se trouvent jA:est}«ié uniquement. parmi lesRoinâines-duBasr-Bmpirg.4Di peut cit^ entre autres , quelques grands médaillons

I o6 . iiBMfiNS / GHAPITAE VI.

d'or de ceJAe époQue^ qui ont été trouvés ainsi en-* richis'4''^utoilrages^t)F. ./

. i33. Il convient enfin de mentionner ici les pièces antiques qui ont reçu, dans les^ temps ^oàêrhes, *des dmi^metïs ou-embeUissem^is de ki-ménie nature que oeux;doi^.il Ylenl; d'être. parlée et cju^on* a parlicu*lièremient; dorées ou argentées^ em tout, où en partie, ou bien altérées de quelque £aiçon que* ce soit, dans l'idée de les embellir ou dé les rendre plus précteuse^ On a'été:ju$qu'à iniaginer de contre-marquer les pièces ^ntîques ayec des^pbinçons indiquant les collections aixxqt^eUes eUes appartmuiient. La plupart dés .pièces qui formaieiit l'aneim Cabinet d^ Mud^he avaient été ainsi surfirappées dHirie petile oontve-fuarque repi:^eniant l'aigle à deux têtes, en (H^ sur l'argent çl en argent sur l'or et le cuivre. Tous ces' préteqdus enJQliTemens altèrent les monumeqs, les.'dLénatia:enC et ne doivent jamais être em* ployéé ^pai:* de$ personnes de goût Outre qœ ces adjon<^ons nuisent aux pièces sur lesquelles on les fait e^cécttter , puisqu'eQes* sont par là dénatarées, il ^ résulta àe plus que des pièces dHine antîqmté in^ dubitalile se troulfentavoir, par ces altérations mo»deriii^ , des ' apparences de fatisseté i aiiissî (wons^^ iHHi^ mention de eel» pièces au Cliapitre XY,rektif anx piènes Êilsiflée^ ^ns' les temps, modernes (S74). i34* Apcèà ^WMT expcaé tout ce qui oonce'rne ia fabiiçalsfcan des raon^aiés et n!^ailles des anciens , ^ «At ]^o^o6' de terminer ce Cbapitre'pàr des consi" der^ionsiftur ii quantité de ces molmmens qÀi^s4Mit parveifus jusqu'à nJDus. et qufl l'on découvre tous les

J€HMrs; c'est d'i^és' cette ba&e que nous pourrons jur ger^ par ^pptQxiniaCiôn , da lioipbre des im$nnaie« qui étaient en'cireukition che^lés ancien^. Ge ^ui se Reporte aux tironvailjfis ^t aux causes t|ui réqnisseat le» monnaies et médailles, ilans ' les collections swa exposé a» Chapïtife XVtlI : îl fie s'agît ici 'que du nombre de ces monùmens.-

Le ootnt^ des Hx>nnaîes antiques /à en juger par celles qui oiit été découvertes et le sont joùrnelle^ ment ^ doit avoir été très-considérable. Cela- n'offre • rien d'étonnant lorsque l'on songe à la ptii^sance et aux richesses dé tiût de Princes et de tant de. Peuples céièbres qui figurèrent dans les teâips* anciens, et panmi lesquels îl suffira de cifer les Atbéniens, les Synaottsains, Philippe II, AleK^Ddre^Ie^rand , les Ptolémée^ et enfin le Peupfe Rcnnain. Cette quantité de oMXiaaîes circulantes dans les temps'aiiciens^ que nous avons lieu de croire avoir été très-netnbreruse , dûit être considérée sous deux aspects r Sabord la q4ia]itiilé des monn^s eti elles-mêmes , comiiie signes db plus ou moins à& rix^hesses , eit ensuite le nombre de types divers qse ces tnonnaies pôrtaieitt. On se iéraîi ides idées favâsets tà Ton jugeait 4es tnonnàîe^ «des peaples anciens^ sous ce derme)'' rapport, pat* CMtipaiiaMpn avec les veoÉp^ nK)derni^. «Le nombre 4es types e^.géiiémlebieiit borné maintenant pour* les HMitinaies itmt seul pour diaqué-^pè'ce de pièces dins ckaque pays ^ il n'en était nullement ainsi ciaea les ati^veds. On tncarve une quantité conéidé^ :iahie'«de types diflërens .dans les monnai^eâ des peuples Ide i!gintkpîrtlé.'f;^tte grande variété de types

1o8 • ÊLÉMÈNS, CHAPITRE yi.

existe parmi lés mctehates Gre^ec^ues BÔ'a-sealement pour des^Peuples ^et' des ^i^pes do|it les richesses et la puissance /^taiecit conâidéj^ableâ, mais aussi pour dçs Villes qUi ne nous sont^pas. connues comme ayant

*éte importantes. D'un autre coté, aussi', quelques Yilfes ti;ès-puissaRtes ii'oht fait frapper que peu de types dififérenç. Chez les B^iHains, le nombre des types dîfféreps dans les jnonnaies dii même person-

. p^gé' est quelqiiefois très-considérablè.

f35'.! Mais ces différences de types ne sont rien auprès de -la grapde quantité des "i^aiîétés. du même * . type qui se .trouvent, tant dftnf tes monnaies des Peuplés, Vaies^'et Rois que d^ns celles de coin Romain. On peut réunir fies quantités nombreuses <le pièces portant les mêmes types et légendes , aveë de légères variéfés dans les petits types accessoires, dans les sj^nboles', les liettr^es isolées et tes mQnograïQmes. Quant ay^ variantes dans la disppsition de la gravure des pièces, «lies sont inoombraj^les. La quantité* dès monnaies absôhunpnt idetitiques quant aus types et légendes, sans être du même coin^ et qu'il fatlt nomfxiep répétitiom de la mçme pièce , est telle , qu'elle surpfuss^^ qe qq« l'on pourrait se figurer, et que r<m ne peut * cffie di£&cfl«meB t se rendre laison d'up:systèxp.e..9ionétau*e si véritablement.prqdigûeux

. et extraordinaire. C'e^t ce-qui apporté plusieurs écrivains à ajB^rm^r qu'il n'e^ pas pps^ible , de trouver deux riiennaies;antiques d^ mêmes coins. G&Gâ^ opi^liiûn aéjté giénérâlement répandbe parmi les colfebteùrs ; n|ais elle est :e»agérée , Car l'on a trouvé .et 1 on peut «réunir sbuVent' des pièces ides mêmes coiiîs.

FABRIGAtlON DES MQNNAItS. log

en se donnant la peine de les chercher pahni les pièces portant les mêmes types. Il est de plus à (Croire que l'imperfection des procédés de$ anciehs poui* la fabrication des monnaies contribuée quelquefois à faire trouver des difféi'ences apparentes dans des pièces sorties originairement deai mêatei coins ; mais il n'en est pas moins très-difficile et très-rare de pouvoir réunir deux pièces p9r£ûtement identiques et des mêmes coins (*). Cette singularité ntukiismatique, qui n'est pas une des choses les moins remarquables de ce que nous connaissons de l'antiquité., ne peut s'expliquer que par la combinaison de ces deux idées : !<»• le nombre borné des monnaies antiques parvenues jusqu'à nous ou conservées ^ ùomparatiyement à la qiiantité qui eiî a été émise ; 2^ cette circonçtance, déjà mentionnée dans ce Chapitre, du peu d'usage que l'on obtenait des coins , soit à cause de leur peude dureté, spit en raison de Fimperfection des procédés. Les graveurs anciens, n'ayant pas découvert la méthode de multiplier des coins unîfor-! mes par la frappe de l'acier trempé dans l'acier non trempé , étaient obligés de graver chaque coin séparément. Mais dans l'hypothèse même de l'exactitude de ces conjectures, cette difficulté de réunir deux pièces des mêmes coins, car elle existe et est très-

Ceci est tellement exact, que lorsqu'on trouve dans les plus grandes collections deux pièces des mêmes coins , on cite le fait comme extraordinaire. Voy,, entre autres eaiemples, M. Mionnct, Descr^tion, etc.^ Supplément j t. I, p. 3o3. Il cite deux pièces. de Mëtaponte ^ du Cabinet du Roi, qui sont dans ce cas*.

1 lO I^LiBHENI^, CHAPITRE VI.

grande; sera loujdurs fart extraordinaire et (fane «solution non entièrement satisfaisante^ d|i a trouvé des ainas de monnaie» du mâmç temfls ^ de la miéme Ville otv du méine personnage, d'une conservation tellement belle , qu il y avait lieu de croire qu'elles avaient ^té enfouies peu de temps après avoir été mises en cours. £h bien ! dans ces trouvailles , la dif* ficulté de réunir des pièces du même coin était la même ^e pour de» piècos usées et rasseinblées de divers cojtés.^ Gomment expliquer de pareils feiîts d'une façoii satisfaisante? Il ne faut pas perdre de vue qu'une fabrication de monnaies , au moyen de coins tels qufils n'auraient pat>duit , chacun , que ' très-peu de pièces, est impossible à supposer, parce qu'une, telle fabrication serait trop coûteuse. Qae sont donc devenues ces pièces sorties en assez grand nombre du même coin, et qui ne se renconti^nt jamais réunies, malgré les quantités conskiérabies de monnaies auic mêmes types-, qui se trouvent assez fréquemment soiunises à Vexamen du même cotiecteur ?

1 36, Quoi qu'il en soit de ces tonsid^ations, dont plusieurs sont et seront toujours enveloppées de bien des voiles , il est nécessaire d'en tirer des conclusions sut* le nombre des monnaies des anciens, sous le rapport de la quantité d'espèces monnayées ou de la masse de métaux précieux en circulation , et sous k rapport de la quantité des variétés de pièces. Quant à la quantité d'espèces monnayées circulant che^ les anciens , tout nqus porte à penser qu'elle a été fort considérable, ainsi qu'on vient de le vc»r ; mais il fau-

FABRlCAT^ll- DES HONHAIES. ' 1 1 I

tirait une masse de repseigneniens bien précis .pour pouvoir établir, même par approicimftticm , quels iVprent les capitaux employés en espèces monnayées chez les anciens dans les divers pays et les diverses époques. Comiâent avois, pour des temps si reculés , de pareilles-uotions, qui $e forment de tant d'élâiiens divers , puisque l'on né peut souvent pas les obtenir p(bur des époques récentes? On ne peut que penser que ces capitaux circulans dans Pantiquité étaient en raison de la marche générale des richesses du temp$. Les anciens ont connu et exploité des mines assez abondantes, mais qui ne pourraient cependant pas être comparées à celles * de l'Amérique , dotit tas produits ont multiplié, depuis trcMs siècles, les métaux précieux bien au-delà des bornes connues dans tous le» temps antérieurs. Il ne faudrait donc pa^ établir de points de rapport ^ à cet égard , entre l'<antiquité et les temps actuek, et sur cela on ne peut que' s'en tenir à des conjectures.

1 37. Quant à la quantité des différentes monnaies chez les anciens, nous venons de voir à quel point elle était portée, non-seulement par le nombre des types , mais aussi par celui des variétés que présentent les types qui sont reproduits avec des changemens infinis : nous pouvons , sous ce. point de vue , arriver à des résultats assez précis et qui ne doivent pas être éloignés de la vérité. Les nombreuses dé^ couvertes de monnaies antiques, faites depuis le temps qu'on les recherche pour les réunir dans les cabinets, peuvent nous faire penser que, sinon la presque totalité, du moins la très-grande majorité

lia ÉLÉMENS, CHAP/9'RE VI.

des types -des monnaies antiques est 'iconnue , et que. nous évons au^si le plus grand nombre de Ifjurs variétés. On peut se convaincre de lar réalité de dette assertion quand on pense que des trouvailles nombreuses , faites maintenant , ne présentent souvent aucun type 'nj3uveau et bien peu de variétés nouvelles-; mais pour arriver au résultat* è[ue nous cherchons, il faut J3ien préciser, ava^t tout, quel doit être le but de ces recherches. II s'agit de fixer, par, approximation , le nombre de types différens et de leurs variétés , qui pnt été én^is par les peuples aïiciens , mais sans prét^dre conjtuutre le nombre des inotinaies qui, parfaitement idenliquies dans toutes les parties dé leurs types et légendes , ne sont cependapt pisis des mêmes coins, des monnaies que nous venons de désigner sous le.nom de repétiiùfns de la meiQe pièce (i S5) , et dont nous avons fait con- B^tre la nature et sur-tôut l'innombrable quantité. Ici doivent nécessairement s'arrêter les recherches sur ce $ujet: comjn^t, en effet, connaître, même par approximation, le Qombre des pièces parfaitement iden^ tiques sans être des ixiémes cpins , puisque aucun cabinet ne les conserve et ne peut même- les conserver? En suivant ce mode, les ^collections n'auraient point de limites, elles absorberaient des capitaux immenses et occuperaient des. médaillers: sans bornes pour ne point offrir de résultats utiles. Les essais qu on a tentés en ce genre sont tout-à-fait propres à décourager de telles entreprises. L'abbé: de Rothelin avait eu la patience de réunir plus de : deux mille pièces de l'Empereur Probus en petit bronze. Ce

nombre extraordinaire pour iin seul règne fait Con-^ naître la réalité de tout ce qui vient d'être exposé sous ce rapport» et fait juger de ce que seraient les collections si on les formait dans ce système. Il est fâcheux qu'on né nous ait pas conservé un relevé de toutes ces moniiaies de Probus, classées ^r types, variétés et répétitions : ce relevé serait d'un grand intérêt pour l'objet qui nous occupe lùain* tenaht.

1 38. Si nous cherchons donc à établir quel peut avoir été le nombre des types et Variétés des ancien^' nés montiaies et niédâilles, nous lie devons pas sans doute prétendre à des résultats d une certitude incontestable; mais nous pouvons espérer cependant qu'en pi*enant pout base la plus grande collection connue 9 et en y ajoutant par induction les pièces qu'on présume y manquer, nous arriverons, sinon à la vérité, du moins à une approximation aussi sa« tisfaisante qu'il est possible de l'obtenir dans des calculs dont les élémens ne peuvent être que des suppositions.

Choisissons le Cabinet des médailles de la Biblio-* thèque du Roi, à Paris : c'est sans contredit celui qui possède les suites les plus riches et les plus nom-* breuses. On va voir, par le relevé qui suit de ces diverses séries, qu'elles s'élèvent approximativement à 65,ooo pièces. En y ajoutant pour les pièces qui y maLnqneùt probablement, 55,oôo, nombre totalement hypothétique, à la vérité, mais qui ne présente d'ailleurs aucune invraisemblance, on arrive, à la quantité ronde de 100,000, qui donnerait le total des

Il 4 iLÉmifS, CHAPITRE YI.

(Uverses monnaies qu'on peut présumer ayoir été émises par les anciens»

TABLEAU APt*ROXIMATIF

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